La conscience suspend l'automatisme en insérant une distance entre l'excitation et la réponse ; la liberté est le pouvoir de déterminer son action. Le sujet demande si cette distance suffit à faire une liberté.
La conscience, qui me permet de me représenter mes actes, me donne-t-elle le pouvoir de les déterminer, ou seulement celui de les constater ?
Le plan en trois parties
La conscience interrompt le déterminisme des réactions
- La conscience est coextensive au choix : là où il y a hésitation, il y a conscience.Bergson, L'Énergie spirituelle
- Penser, c'est pouvoir dire non : la réflexion arrache l'homme à l'acquiescement immédiat.Alain, Propos sur les pouvoirs
- La conscience est ce par quoi le néant vient au monde : elle introduit un écart où la liberté se loge.Sartre, L'Être et le Néant
Mais avoir conscience de vouloir n'est pas déterminer sa volonté
- Les hommes se croient libres parce qu'ils ont conscience de leurs volitions et ignorent les causes qui les déterminent.Spinoza, Éthique
- Le moi obéit à des exigences venues du Ça et du surmoi dont il ne perçoit que les effets.Freud, Le Moi et le Ça
- La conscience qu'un individu a de ses choix reflète des conditions sociales qui la précèdent.Marx, L'Idéologie allemande
La conscience est la condition d'une liberté qui reste à conquérir
- Se donner à soi-même sa loi suppose une conscience capable d'universaliser sa maxime.Kant, Critique de la raison pratique
- La liberté croît avec la compréhension des causes : elle n'est pas un point de départ mais un résultat.Spinoza, Éthique
- L'homme est condamné à être libre : la conscience de sa situation l'oblige à choisir, même quand il refuse de choisir.Sartre, L'existentialisme est un humanisme
Une liberté qui se conquiert par la connaissance est-elle encore une liberté, ou une autre manière de nommer la nécessité comprise ?