L'expression suggère que des représentations collectives opèrent en l'individu comme ses propres pensées. Le sujet oppose l'autonomie du jugement et l'emprise des structures sociales.
Nos pensées sont-elles les nôtres, ou la société pense-t-elle à travers nous sans que nous le sachions ?
Le plan en trois parties
Penser suppose un sujet autonome
- Le jugement engage un sujet qui peut toujours reprendre ses raisons.Kant, Critique de la raison pure
- La réflexion permet de se déprendre des opinions reçues.Descartes, Méditations métaphysiques
- Invoquer la société pour excuser ses idées est une facilité.Alain, Éléments de philosophie
Mais le social pense avant nous
- Les idées dominantes sont celles de la classe dominante, et passent pour évidentes.Marx, L'Idéologie allemande
- L'habitus fait que nous jugeons depuis une position sociale intériorisée.Bourdieu, Le Sens pratique
- Des structures inconscientes organisent les récits et les parentés.Lévi-Strauss, Anthropologie structurale
Penser par soi-même contre ce qui pense en nous
- La généalogie permet de dater des valeurs tenues pour éternelles.Nietzsche, Généalogie de la morale
- L'analyse rend audible la langue de l'autre qui parle en nous.Lacan, Écrits
- La critique des évidences est un travail d'interprétation, jamais un acquis définitif.Ricœur, De l'interprétation
Si penser par soi-même consiste à se déprendre de ce qui pense en nous, cette tâche est-elle d'abord intellectuelle ou politique ?