Le passé est ce qui ne peut être défait, mais dont le sens peut changer. Le sujet demande si l'histoire psychique est une fatalité ou une matière réinterprétable.
Le passé détermine-t-il irrévocablement ce que nous sommes, ou pouvons-nous en modifier l'emprise en changeant le rapport que nous entretenons avec lui ?
Le plan en trois parties
Le passé demeure et nous tient
- Le passé se conserve intégralement et agit dans le présent.Bergson, Matière et mémoire
- Les conflits infantiles se répètent dans la vie adulte.Freud, Métapsychologie
- Les dispositions acquises tôt orientent durablement nos conduites.Bourdieu, Le Sens pratique
Mais se dire prisonnier de son passé est déjà une conduite
- Faire de son histoire une essence est une manière de ne pas choisir.Sartre, L'Être et le Néant
- Un oubli actif est nécessaire pour pouvoir commencer quelque chose.Nietzsche, Généalogie de la morale
- Le vivant se définit par sa capacité à instituer de nouvelles normes.Canguilhem, Le Normal et le Pathologique
Non pas effacer le passé, mais le reprendre
- La cure transforme la répétition en récit et desserre son emprise.Freud, la cure par la parole
- L'identité narrative permet de donner au même passé un autre sens.Ricœur, De l'interprétation
- Le sujet reprend une situation qu'il n'a pas choisie : c'est là sa liberté réelle.Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception
Si l'on se libère du passé en le racontant autrement, cette liberté relève-t-elle de la vérité ou de la fiction ?