La légitimité se distingue de la légalité, qui est la conformité aux règles en vigueur, et de l'efficacité, qui est le succès du commandement. Elle désigne le titre en vertu duquel un pouvoir peut exiger l'obéissance.
La légitimité d'un pouvoir tient-elle à son origine, à sa conformité au droit, ou à la reconnaissance qu'il obtient ?
Le plan en trois parties
Est légitime le pouvoir reconnu comme tel par ceux qui obéissent
- Trois fondements de la domination : la tradition, le charisme et la légalité rationnelle.Weber, Le Savant et le Politique
- La durée d'un pouvoir crée la croyance en sa légitimité : la coutume fait l'équité reçue.Pascal, Pensées
- Sans reconnaissance, le pouvoir n'a plus que la contrainte pour se maintenir.Arendt, Du mensonge à la violence
Mais la croyance ne suffit pas : un pouvoir reconnu peut être injuste
- L'habitude de servir explique l'obéissance, elle ne la justifie pas.La Boétie, Discours de la servitude volontaire
- Les régimes criminels ont été largement reconnus : la reconnaissance n'est pas un critère moral.Arendt, Les Origines du totalitarisme
- N'est légitime que le pouvoir conforme aux droits que les hommes possédaient avant lui.Locke, Second Traité du gouvernement civil
La légitimité se juge à la possibilité, pour les gouvernés, de s'y reconnaître comme auteurs
- La loi est légitime lorsqu'elle exprime la volonté générale et que chacun s'y obéit à lui-même.Rousseau, Du contrat social, II
- Un pouvoir légitime peut publier ses maximes sans compromettre son succès.Kant, Projet de paix perpétuelle
- La discussion publique produit la seule reconnaissance qui vaille : celle qui repose sur des raisons partagées.Habermas, L'Espace public
Un pouvoir légitime à son origine le reste-t-il lorsqu'il cesse d'être contrôlé ?