La violence se distingue de la force réglée : elle est l'usage de la contrainte physique hors des cadres institués. Le mot « toujours » ouvre la discussion sur les cas limites, résistance armée, révolution, légitime défense collective.
La violence est-elle par nature étrangère à la politique, ou celle-ci suppose-t-elle un rapport réglé à la violence ?
Le plan en trois parties
La politique commence précisément où la violence s'arrête
- Le pouvoir naît de l'action concertée : la violence apparaît quand le pouvoir se défait.Arendt, Du mensonge à la violence
- Le droit remplace la lutte par la procédure : y renoncer, c'est revenir à l'état de nature.Kant, Doctrine du droit
- Persuader par la parole, non contraindre par les armes, définit l'espace civique.Habermas, L'Espace public
Pourtant tout État repose sur une violence qu'il monopolise
- L'État est la communauté qui revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime.Weber, Le Savant et le Politique
- Le prince doit savoir user de la force quand les lois ne suffisent plus à conserver l'État.Machiavel, Le Prince
- Contre un gouvernement devenu tyrannique, le peuple peut légitimement recourir à la force.Locke, Second Traité du gouvernement civil
La légitimité ne tient pas à la violence mais à ce qui l'encadre
- L'homme politique responsable doit assumer les conséquences d'un recours à la force, sans s'abriter derrière ses intentions.Weber, Le Savant et le Politique
- La désobéissance civile non violente montre qu'il existe des moyens de contrainte politique sans violence.Rawls, Théorie de la justice
- Cesser d'obéir suffit souvent à défaire un pouvoir, sans coup férir.La Boétie, Discours de la servitude volontaire
Une violence qui se donne pour libératrice peut-elle échapper à la logique qu'elle prétend combattre ?