La souveraineté désigne le pouvoir de dernier mot, celui qui n'a rien au-dessus de lui. L'attribuer au peuple soulève une difficulté : le peuple n'agit qu'à travers des représentants, qui pourraient bien être les véritables souverains.
Le peuple souverain est-il une réalité politique, ou une fiction nécessaire au fonctionnement des institutions représentatives ?
Le plan en trois parties
La souveraineté populaire semble une fiction
- Le peuple représenté cesse d'être souverain : la volonté ne se représente pas.Rousseau, Du contrat social, III, 15
- Les rapports économiques réels décident bien plus que les urnes.Marx, Le Manifeste du Parti communiste
- L'État invoque le peuple pour légitimer un pouvoir qui lui est étranger.Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
Mais la souveraineté populaire a des effets bien réels
- Le contrat social fait passer d'une multitude à un peuple : cette institution produit des obligations effectives.Rousseau, Du contrat social, I
- Le peuple peut retirer sa confiance : le droit de résistance rend la souveraineté tangible.Locke, Second Traité du gouvernement civil
- Aucun pouvoir ne tient sans le soutien actif de ceux qui lui obéissent.Arendt, Du mensonge à la violence
Elle n'est réelle que médiatisée par des institutions et une opinion formée
- La représentation ne trahit la souveraineté que si elle échappe au contrôle : séparer les pouvoirs, c'est la garder vivante.Montesquieu, De l'esprit des lois, XI
- L'opinion publique constituée par la discussion est le mode moderne d'exercice de la souveraineté.Habermas, L'Espace public
- La vigilance des citoyens à l'égard des gouvernants est le seul exercice continu de la souveraineté.Alain, Propos sur les pouvoirs
Le référendum rend-il la souveraineté au peuple, ou la met-il à la disposition de ceux qui posent la question ?