La morale juge les intentions selon des principes inconditionnels, la politique vise des résultats dans un monde de rapports de forces. Le sujet demande si cette différence de logique interdit à la morale de commander l'action politique.
L'action politique doit-elle être jugée selon les principes de la morale, ou obéit-elle à une exigence propre que la morale ignore ?
Le plan en trois parties
La politique paraît obéir à ses propres lois
- Le prince doit apprendre à n'être pas bon quand la conservation de l'État l'exige.Machiavel, Le Prince
- L'homme politique assume les conséquences de ses actes : l'éthique de responsabilité n'est pas celle de la conviction.Weber, Le Savant et le Politique
- Le droit règle les actions extérieures, la morale les intentions : ce sont deux ordres distincts.Kant, Doctrine du droit
Mais une politique sans morale est un brigandage
- Sans justice, les États ne sont que de vastes bandes de brigands.Augustin, La Cité de Dieu, IV, 4
- La vraie politique ne peut faire un pas sans avoir rendu hommage à la morale.Kant, Projet de paix perpétuelle
- La cité vise le bien vivre : la politique est d'emblée une question éthique.Aristote, Les Politiques, I
La morale ne s'applique pas en politique, elle s'y traduit en institutions
- De bonnes institutions font concourir des mobiles intéressés à un résultat conforme au droit.Kant, Idée d'une histoire universelle
- C'est la structure de base de la société, et non la vertu des gouvernants, qui est le premier objet de la justice.Rawls, Théorie de la justice
- La séparation des pouvoirs produit de la modération sans exiger des hommes qu'ils soient vertueux.Montesquieu, De l'esprit des lois, XI
Un homme politique doit-il être jugé sur ses intentions, sur ses actes ou sur les institutions qu'il laisse derrière lui ?