Ressources · 6ᵉ · SVT
Actions humaines : exploiter les ressources et protéger la biodiversité
Ressources naturelles et exploitation raisonnée ; milieux détruits, fragmentés ou pollués ; espèces introduites et envahissantes ; protéger et restaurer les milieux ; accueillir la biodiversité (nichoir, mangeoire, hôtel à insectes) et sciences participatives ; un projet de développement durable au collège.
À propos de cette page
Exploiter les ressources sans les épuiser
Boire, se nourrir, se chauffer, construire : pour tout cela, les êtres humains prélèvent dans leur environnement de l’eau, du bois, des poissons, de la terre cultivable, des roches. La question est de savoir si l’on prélève sans épuiser.
Elle est renouvelable si elle se reconstitue à l’échelle d’une vie humaine (le bois d’une forêt, les poissons, l’eau douce) ; elle est non renouvelable si elle ne se reforme pas à notre échelle de temps (le pétrole, le charbon, les métaux).
Il y a surexploitation quand on prélève une ressource plus vite qu’elle ne se renouvelle : elle diminue et peut s’épuiser. Une exploitation raisonnée ne prélève pas plus que ce qui se renouvelle.
Quand on prélève trop
Les poissons se renouvellent en se reproduisant. Si l’on pêche trop d’adultes, ou des jeunes qui n’ont pas encore pondu, la population ne se reconstitue plus. Selon le rapport mondial de l’IPBES (2019), en 2015, 33 % des stocks de poissons marins étaient exploités de façon non durable. En France, selon un rapport de l’Ifremer de 2018 cité par l’OFB (Office français de la biodiversité), 20 % des populations de poissons sont surpêchées.
La surexploitation menace aussi des espèces qui ne nous nourrissent pas : animaux chassés pour leur peau ou leurs cornes, plantes arrachées par les collectionneurs, coquillages ramassés en trop grand nombre.
Exploiter de façon raisonnée
- Les quotas fixent la quantité maximale que l’on a le droit de pêcher ou de chasser.
- Les tailles minimales de capture obligent à relâcher les poissons trop petits, pour qu’ils grandissent et se reproduisent.
- La gestion des forêts : on ne coupe pas plus de bois que la forêt n’en produit, et l’on replante.
- Les économies : consommer moins d’eau, d’énergie et de matières premières, réutiliser, recycler.
C’est le principe du développement durable, défini en 1987 par le rapport Brundtland de l’ONU : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
Le thon rouge de l’Atlantique a été pêché de manière excessive à partir des années 1970 et sa population s’est effondrée. En 2007, la commission internationale chargée de ces thons (CICTA) a imposé des quotas stricts. La population a remonté : en 2021, l’UICN l’a fait passer de la catégorie « en danger » à « préoccupation mineure ».
Une forêt produit chaque année 600 m³ de bois nouveau. Si l’on y coupe 450 m³ par an, on prélève moins que ce qui pousse : l’exploitation est raisonnée. Si l’on coupe 900 m³ par an, on prélève 900 − 600 = 300 m³ de trop chaque année : la forêt recule.
Le pétrole s’est formé en plusieurs millions d’années : chaque litre brûlé ne sera pas remplacé à notre échelle de temps. C’est une ressource non renouvelable.
Réflexe — pour juger une exploitation, je compare ce que l’on prélève à ce qui se renouvelle pendant le même temps. Prélèvement plus grand : surexploitation. Prélèvement plus petit ou égal : exploitation raisonnée.
Attention — « renouvelable » ne veut pas dire « inépuisable » : une ressource renouvelable s’épuise aussi si on la surexploite.
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Des milieux détruits, fragmentés ou pollués
Une autoroute, un lotissement, un champ drainé, un rejet d’eaux usées : chaque aménagement change la vie des êtres vivants du lieu. Certaines actions humaines sont favorables à l’environnement, beaucoup lui nuisent.
Selon le rapport mondial de l’IPBES (2019), environ 1 million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction. Cinq grandes causes, toutes liées aux activités humaines, expliquent ce recul de la biodiversité (la diversité du vivant) : la destruction des milieux, la surexploitation, le changement climatique, la pollution et les espèces exotiques envahissantes.
Détruire, fragmenter (couper en morceaux) ou polluer un milieu prive les êtres vivants de nourriture, d’abri, de lieu de reproduction ou de passage.
Les cinq grandes causes de la perte de biodiversité, de la plus forte (1) à la moins forte (5), selon l’IPBES (2019) :
Détruire et fragmenter les milieux
Quand on construit des routes, des maisons, des zones commerciales, on recouvre le sol : c’est l’artificialisation. Selon l’OFB, entre 20 000 et 30 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers disparaissent ainsi chaque année en France. Arracher des haies, assécher une zone humide, remplacer une forêt ancienne par une seule espèce d’arbre détruit aussi des milieux de vie. L’OFB relie ces changements des campagnes à une chute d’environ 30 % des oiseaux des campagnes entre 1989 et 2019 (suivi Vigie-Nature).
Une route qui coupe une forêt en deux ne détruit qu’une bande de terrain, mais elle fragmente le milieu : les animaux qui la traversent risquent la collision, les autres restent isolés de leurs partenaires et de leur nourriture. Selon l’OFB, 60 % des lynx boréaux trouvés morts l’ont été à cause d’une collision routière. Beaucoup de crapauds, qui vivent sur terre mais pondent dans les mares, sont écrasés sur les routes quand ils rejoignent leur mare au printemps.
Polluer
- Les pesticides tuent des insectes, dont les pollinisateurs, et privent de nourriture les oiseaux qui les mangent.
- Les engrais en excès, entraînés par la pluie, font proliférer les algues dans les rivières.
- Les eaux usées mal traitées et les déchets chimiques rendent l’eau toxique. Selon l’OFB, en 2019, seulement 43,8 % des cours d’eau français étaient en bon état écologique.
- Les plastiques : la plupart des espèces de tortues marines en avalent ou s’y emmêlent.
- La lumière la nuit perturbe les chauves-souris, les papillons de nuit et les oiseaux migrateurs.
Le changement climatique, causé par les gaz à effet de serre que rejettent nos activités, déplace ou fait reculer de nombreuses espèces : il est étudié dans le chapitre « Climat : le réchauffement climatique récent ».
Le bilan. La liste rouge mondiale de l’UICN (version 2026) compte plus de 49 500 espèces menacées d’extinction, soit 28 % des espèces évaluées ; 41 % des amphibiens sont menacés. En France métropolitaine, selon la liste rouge établie par le comité français de l’UICN et le MNHN (Muséum national d’histoire naturelle) en 2016, 32 % des oiseaux nicheurs sont menacés. Des espèces disparaissent aujourd’hui beaucoup plus vite qu’au cours des temps géologiques : certains scientifiques parlent d’une « sixième extinction ».
Une autoroute traverse une forêt : le chevreuil ne peut plus rejoindre la clairière où il broutait, et le risque de collision augmente. C’est une fragmentation du milieu.
On assèche un marais pour y cultiver du maïs : grenouilles, libellules et hérons perdent leur milieu de vie. C’est une destruction du milieu.
Un rejet d’eaux usées arrive dans un ruisseau : en aval, les larves d’insectes sensibles à la pollution disparaissent, et les truites qui les mangent aussi.
Réflexe — pour analyser une action humaine, je cherche ce qu’elle change pour les êtres vivants du lieu : leur nourriture, leur abri, leur lieu de reproduction, leurs déplacements. Puis je nomme la cause : destruction, fragmentation, pollution, surexploitation, espèce introduite, climat.
Attention — une route ne « détruit » pas toute la forêt, mais elle la coupe en morceaux : la fragmentation est une menace à part entière, même quand la surface perdue est petite.
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Les espèces introduites et envahissantes
Le frelon asiatique, le ragondin, l’écrevisse de Louisiane : ces animaux vivent aujourd’hui en France, mais ils n’y sont pas arrivés seuls. C’est l’être humain qui les a apportés, volontairement ou par accident.
Elle devient une espèce exotique envahissante quand elle se multiplie au point de nuire aux espèces locales : elle leur prend leur nourriture, leur lumière ou leur place (compétition), elle les mange (prédation) ou leur transmet des maladies.
Toutes les espèces introduites ne sont pas envahissantes : beaucoup de plantes cultivées et d’animaux d’élevage venus d’ailleurs ne se répandent pas dans la nature.
Comment arrivent-elles ?
Selon l’OFB, certaines espèces ont été introduites volontairement : plantes d’ornement, animaux élevés pour leur fourrure ou pour la pêche. Mais la majorité sont arrivées par accident, en « passagers clandestins », cachées dans des cargaisons, des emballages, de la terre importée ou accrochées à la coque des navires.
Selon l’IPBES (2023), plus de 37 000 espèces ont été introduites par l’être humain dans le monde, dont plus de 3 500 sont envahissantes. Les espèces envahissantes ont joué un rôle majeur dans 60 % des extinctions d’espèces connues.
Quatre exemples en France
| Espèce | Arrivée | Ce qu’elle cause |
|---|---|---|
| Frelon asiatique | vers 2004, en Lot-et-Garonne, probablement dans des poteries venues de Chine (accident) | il chasse les abeilles pour nourrir ses larves : elles forment environ 40 % de ses proies |
| Ragondin | venu d’Amérique du Sud, élevé pour sa fourrure au XIXᵉ siècle, échappé ou relâché (volontaire) | ses terriers creusés dans les berges les fragilisent ; adulte, il n’a pas de prédateur |
| Écrevisse de Louisiane | introduite pour être élevée et vendue, dans les années 1970 et 1980 (volontaire) | elle porte un champignon qui décime l’écrevisse à pattes blanches, l’écrevisse d’ici |
| Jussie | plante aquatique vendue pour décorer les bassins (volontaire) | elle couvre tout le plan d’eau, capte la lumière et élimine les autres plantes |
Que faire ?
Selon l’OFB, la priorité est la prévention : empêcher une introduction coûte bien moins cher que d’éliminer une espèce installée. Chacun peut agir : ne jamais relâcher un animal de compagnie (tortue, poisson rouge) ni vider un aquarium dans la nature, signaler une espèce envahissante. En France, une réglementation encadre les espèces exotiques envahissantes depuis 2016 : certaines ne peuvent être ni vendues, ni transportées, ni relâchées.
Dans un réseau alimentaire, le frelon asiatique s’ajoute comme nouveau prédateur : fleurs → abeille → frelon asiatique. Les abeilles, plus chassées, butinent moins et pollinisent moins de fleurs.
Une tortue de Floride achetée en animalerie, puis relâchée dans un étang, prend les places au soleil de la cistude d’Europe, la tortue d’eau d’ici : c’est une introduction volontaire, même si l’intention était bonne.
Des graines d’une plante exotique voyagent collées sous les semelles d’un randonneur : c’est une introduction accidentelle.
Réflexe — pour classer une espèce, je pose deux questions : vient-elle d’ailleurs, apportée par l’être humain ? (introduite) Se multiplie-t-elle au point de nuire aux espèces locales ? (envahissante)
Attention — « introduite » ne veut pas dire « envahissante » ; et une espèce venue seule d’une région voisine (en volant, en nageant) n’est pas une espèce introduite.
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Protéger, relier et restaurer les milieux
Les actions humaines ne sont pas toutes négatives : on peut aussi protéger des milieux, relier ceux qui ont été coupés et réparer ceux qui ont été abîmés.
• protéger des espaces : les aires protégées (parcs nationaux, réserves naturelles) encadrent les activités humaines ;
• réglementer : espèces protégées, quotas, interdiction de relâcher les espèces envahissantes ;
• relier les milieux séparés : haies, passages à faune, rivières sans obstacle ;
• restaurer un milieu dégradé : replanter, recréer une mare, rendre à une rivière son cours naturel.
Les aires protégées
Le premier parc national français, celui de la Vanoise, a été créé en 1963 ; la France en compte onze depuis 2019. Le parc national des Calanques, créé en 2012 entre Marseille et Cassis, est à la fois terrestre et marin : il protège la garrigue, les herbiers de posidonie et des poissons menacés comme le mérou brun. La réserve naturelle nationale de la plaine des Maures (Var), créée en 2009, protège surtout la tortue d’Hermann. Selon l’OFB, la France s’est fixé l’objectif de placer 30 % de son territoire en aire protégée, dont 10 % en protection forte.
Une aire protégée n’est pas fermée au public : on peut s’y promener, mais en respectant des règles (rester sur les sentiers, ne pas cueillir, ne pas faire de feu).
Relier les milieux
Une haie d’arbustes variés abrite des oiseaux, des hérissons, des insectes ; elle les nourrit (baies, fleurs) et leur sert de lieu de nidification. Elle relie aussi les bois entre eux comme un couloir. Pour l’agriculteur, elle protège les cultures du vent et limite l’érosion du sol.
Un passage à faune (écopont) est un pont couvert de végétation, ou un tunnel, qui permet aux animaux de franchir une route sans danger. Les crapauducs sont de petits tunnels sous la route pour les amphibiens. En France, la politique de la trame verte et bleue vise à reconstituer ces continuités.
Restaurer
Sur la Sélune, fleuve côtier de la Manche, deux grands barrages bloquaient la remontée des saumons, des truites de mer et des anguilles. Ils ont été démolis : celui de Vezins en 2019-2020, celui de la Roche-qui-Boit de 2022 à 2023. C’est le plus grand chantier d’effacement de barrages en Europe ; les poissons migrateurs peuvent de nouveau remonter le cours d’eau.
Un agriculteur replante 500 m de haie entre deux bois : les chevreuils et les hérissons peuvent passer d’un bois à l’autre à couvert, et les oiseaux y trouvent baies et lieux de nidification.
Un crapauduc est posé sous une route départementale qui sépare une forêt d’un étang : les crapauds rejoignent l’étang pour pondre sans être écrasés.
Dans le parc national des Calanques, on encourage les plaisanciers à choisir où ils jettent l’ancre, pour ne pas arracher les herbiers de posidonie.
Réflexe — je pars du problème pour choisir la mesure : milieu menacé → aire protégée ; milieu coupé → haie, passage à faune ; milieu abîmé → restauration ; espèce trop prélevée → réglementation.
Attention — protéger une espèce, c’est d’abord protéger son milieu et les liens entre ses populations : un animal enfermé sur un petit morceau de milieu isolé reste menacé.
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Accueillir la biodiversité près de chez soi
Un jardin, une cour de collège, un balcon peuvent accueillir des oiseaux, des insectes, des hérissons… à condition d’y trouver ce dont ils ont besoin.
Des objets techniques peuvent apporter ce qui manque : le nichoir (un lieu pour nicher), la mangeoire (de la nourriture pendant la mauvaise saison), le point d’eau, l’hôtel à insectes (des abris).
Grâce aux sciences participatives, chacun peut observer les êtres vivants et transmettre ses observations aux scientifiques.
Ce qui manque souvent
Les mésanges nichent dans des cavités : trous d’arbres creux, fissures de vieux murs. Quand on abat les arbres creux et qu’on rénove les bâtiments, ces cavités disparaissent, même si la nourriture ne manque pas. Une pelouse tondue ras n’offre ni fleurs ni graines : l’OFB la décrit comme « un désert pour la biodiversité ». Un jardin sans tas de bois ni feuilles mortes n’offre pas d’abri au hérisson.
Bien utiliser les objets techniques
- Le nichoir. Chaque espèce a ses besoins. D’après les conseils de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et du MNHN, le trou d’entrée mesure 25 à 28 mm de diamètre pour la mésange bleue et 32 mm pour la mésange charbonnière ; le nichoir se fixe à 2 m de haut au moins, à l’abri des chats. On l’installe dès l’automne ou au début de l’hiver, et on le nettoie chaque année après la saison de nidification.
- La mangeoire. La LPO conseille de nourrir les oiseaux seulement pendant la mauvaise saison, de la mi-novembre à fin mars. Au printemps et en été, beaucoup d’oiseaux mangent des insectes, et les jeunes doivent apprendre à trouver seuls leur nourriture. On donne des graines (tournesol non salé), jamais de lait ; on ajoute un point d’eau, on nettoie souvent la mangeoire pour éviter les maladies, et on la place dans un endroit dégagé, loin des buissons où un chat peut se cacher.
- L’hôtel à insectes. Tiges creuses, bûches percées, briques garnies : il abrite des abeilles solitaires (comme les osmies, des pollinisatrices inoffensives), des coccinelles, des perce-oreilles. On le place au soleil, orienté au sud ou au sud-est. Des petits abris séparés et des abris naturels (tiges sèches, bois mort) sont souvent plus efficaces qu’un grand hôtel commun.
- Les aménagements. L’OFB conseille de tondre moins souvent, de laisser des refuges (tas de bois, de pierres, de feuilles), de creuser une mare qui accueillera amphibiens et libellules, de planter une haie d’espèces locales (aubépine, noisetier, prunellier), de ne pas utiliser de pesticides et d’éteindre les lumières extérieures la nuit.
Les sciences participatives
Le programme Vigie-Nature a été créé par le MNHN, en partenariat avec l’OFB. Il a commencé en 1989 avec le suivi temporel des oiseaux communs. Selon l’OFB, plus de 10 000 participants y réalisent chaque année des suivis d’espèces en suivant un protocole simple : compter les oiseaux de son jardin (« Oiseaux des jardins », avec la LPO), les papillons (« Opération papillons »), photographier pendant 20 minutes les insectes qui viennent sur une fleur (« Spipoll », lancé en 2010). Une version pour les classes existe : Vigie-Nature École. Ces milliers d’observations permettent aux chercheurs de suivre l’évolution des espèces communes.
Dans la cour du collège, les élèves posent un nichoir dont le trou mesure 28 mm : il convient à la mésange bleue. Un trou étroit réserve le nichoir aux petites espèces.
En janvier, pendant une vague de froid, une classe remplit une mangeoire de graines de tournesol et pose une coupelle d’eau à côté ; elle arrête de nourrir à la fin mars.
Les élèves participent à Vigie-Nature École : chaque mois, ils comptent les oiseaux de la cour et envoient leurs données aux scientifiques.
Réflexe — pour aider une espèce, je cherche ce qui lui manque (nourriture, eau, abri, lieu de reproduction), puis l’objet ou l’aménagement qui le lui apporte.
Attention — mal utilisé, un objet peut nuire : mangeoire sale (maladies), nourriture au printemps, lait, nichoir à portée des chats ou en plein soleil.
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Agir au quotidien : un projet de développement durable
Protéger l’environnement ne se joue pas seulement dans les parcs nationaux : au collège aussi, on peut mener un projet d’éducation au développement durable (EDD) et en mesurer les effets.
Il peut porter sur l’alimentation responsable, l’eau, l’énergie, les déchets et le recyclage ou la biodiversité.
Pour les déchets, on cherche d’abord à réduire, puis à réutiliser, enfin à recycler : le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas.
Les cinq domaines
| Domaine | Un constat | Des actions |
|---|---|---|
| Alimentation | en 2021, la France a produit 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires, soit 129 kg par personne (ministère de la Transition écologique, cité par l’OFB) | peser les restes à la cantine, se servir selon sa faim, choisir des fruits et légumes de saison et produits près de chez soi |
| Eau | chaque habitant utilise en moyenne 148 litres d’eau par jour ; un robinet qui goutte perd environ 4 litres par heure (Centre d’information sur l’eau) | signaler les fuites, fermer le robinet pendant le savonnage, récupérer l’eau de pluie pour arroser |
| Énergie | lumières et ordinateurs restent souvent allumés dans des salles vides | éteindre en sortant, régler le chauffage, venir à pied ou à vélo |
| Déchets | emballages et papier finissent souvent mélangés aux ordures | gourde au lieu de bouteilles, trier, composter les épluchures |
| Biodiversité | la cour est goudronnée, sans fleurs ni abris | coin nature, nichoirs, sciences participatives |
Le compost relie ce chapitre aux réseaux alimentaires : les décomposeurs y transforment les épluchures en matière minérale qui nourrira les plantes.
Constat : en une semaine, la cantine jette 42 kg de pain. Objectif : réduire ce gaspillage. Actions : pain coupé en plus petits morceaux, affiche « je prends ce que je mange ». Nouvelle mesure, un mois plus tard : 27 kg en une semaine, soit 42 − 27 = 15 kg de pain sauvés chaque semaine.
Les éco-délégués relèvent 3 robinets qui gouttent dans les toilettes du collège et les signalent à l’agent d’entretien, qui change les joints.
Les classes de 6ᵉ remplacent une bande de pelouse tondue par une prairie fleurie et y suivent les papillons avec l’Opération papillons.
Réflexe — pour juger une action, je me demande ce qu’elle économise ou protège (eau, énergie, matière, êtres vivants), et je la mesure avant et après.
Attention — sans mesure avant et après, on ne sait pas si un projet a marché : un constat chiffré vaut mieux qu’une impression.
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Pour aller plus loin
Ces notions touchent au chapitre, mais elles sont traitées ailleurs ou se verront plus tard.
- Qu’est-ce que la biodiversité (diversité des milieux, des espèces, des individus), combien d’espèces sur Terre, les crises biologiques du passé : voir le chapitre « Biodiversité actuelle et passée ».
- Le réchauffement climatique, ses causes et ses effets sur les êtres vivants : voir le chapitre « Climat : le réchauffement climatique récent ».
- Les réseaux alimentaires et l’interdépendance des espèces, le rôle des décomposeurs dans le compost : voir le chapitre « Réseaux alimentaires : chaînes, réseaux et décomposeurs ».
- Les pollinisateurs, leur déclin et l’effet des pesticides sur les cultures : voir le chapitre « Cycle de vie : la pollinisation, de la fleur au fruit ».
- Se verra au cycle 4 (5e-3e) : les services rendus par les écosystèmes, la gestion des ressources en eau et en sol, l’exploitation des ressources géologiques et les choix d’aménagement d’un territoire.
- Une ressource naturelle est renouvelable (bois, poissons, eau douce) ou non (pétrole, métaux). Prélever plus vite qu’elle ne se renouvelle, c’est la surexploiter ; quotas, tailles minimales et coupes limitées permettent une exploitation raisonnée, au cœur du développement durable.
- Cinq grandes causes de la perte de biodiversité (IPBES, 2019) : destruction des milieux, surexploitation, changement climatique, pollution, espèces exotiques envahissantes. Environ 1 million d’espèces sont menacées.
- Une espèce introduite a été apportée par l’être humain ; elle est envahissante si elle se multiplie au point de nuire aux espèces locales (frelon asiatique, ragondin, jussie). On ne relâche jamais un animal de compagnie dans la nature.
- On protège (parcs nationaux, réserves naturelles), on relie (haies, passages à faune), on restaure (mares, rivières sans barrage) et on réglemente.
- Un être vivant a besoin de nourriture, d’eau, d’abri et d’un lieu de reproduction : nichoir, mangeoire (de mi-novembre à fin mars), hôtel à insectes et sciences participatives aident la biodiversité proche.
- Un projet de développement durable : constat chiffré, objectif, actions, nouvelle mesure ; réduire, réutiliser, puis recycler.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la surexploitation d’une ressource ?
C’est prélever une ressource renouvelable (poissons, bois, eau douce) plus vite qu’elle ne se renouvelle. La ressource diminue d’année en année et peut s’épuiser. Une exploitation raisonnée, au contraire, ne prélève pas plus que ce qui se renouvelle : quotas de pêche, tailles minimales de capture, coupes de bois limitées.
Quelles sont les principales menaces sur la biodiversité ?
Le rapport mondial de l’IPBES (2019) en classe cinq, de la plus forte à la moins forte : les changements d’usage des terres et de la mer (destruction des milieux), l’exploitation directe des espèces (surexploitation), le changement climatique, la pollution et les espèces exotiques envahissantes. Toutes sont liées aux activités humaines.
Une espèce introduite est-elle toujours envahissante ?
Non. Une espèce introduite a été transportée par l’être humain hors de sa région d’origine. Elle ne devient envahissante que si elle se multiplie au point de nuire aux espèces locales, comme le frelon asiatique, arrivé en France vers 2004, qui chasse les abeilles.
Comment protéger la biodiversité ?
On protège des espaces (parcs nationaux, réserves naturelles), on réglemente la pêche, la chasse et la cueillette, on relie les milieux séparés (haies, passages à faune) et on restaure les milieux abîmés : replanter une haie, recréer une mare, rendre à une rivière son cours naturel.
À quoi servent un nichoir, une mangeoire ou un hôtel à insectes ?
Ils apportent ce qui manque aux êtres vivants d’un lieu pour vivre et se reproduire : une cavité pour nicher (nichoir), de la nourriture pendant la mauvaise saison (mangeoire, de la mi-novembre à fin mars selon la LPO), un abri pour les abeilles solitaires et d’autres insectes (hôtel à insectes).
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
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