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La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire

1848, suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage, coup d'État de 1851, Second Empire autoritaire puis libéral (programme d'histoire de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Février 1848 : une révolution qui fonde la République, Le printemps 1848 : suffrage universel masculin et abolition de l'esclavage, La question sociale : des ateliers nationaux aux journées de Juin, La Constitution de 1848 et l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .
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Les repères à connaître

16 repères. Chacun porte ce qu'il permet de dater ou d'expliquer : c'est ce qui fait la différence entre réciter et argumenter.

  1. 22-24 février 1848Révolution de Février à Paris, abdication de Louis-Philippe, gouvernement provisoireFin de la monarchie de Juillet et naissance de la Deuxième République : point de départ du chapitre.
  2. 25 février 1848Lamartine fait garder le drapeau tricolore ; décret sur le droit au travailLe même jour montre les deux visages de 1848 : République de concorde et promesse sociale.
  3. 5 mars 1848Décret instaurant le suffrage universel masculinLe corps électoral passe de moins de 250 000 à environ 9 millions d'hommes : entrée durable dans l'âge démocratique.
  4. 23 avril 1848Élection de l'Assemblée constituantePremière élection au suffrage universel masculin (participation d'environ 84 %) ; victoire des modérés et des notables.
  5. 27 avril 1848Décret d'abolition de l'esclavage (Victor Schœlcher)Abolition définitive dans les colonies : environ 250 000 personnes deviennent libres et citoyennes.
  6. 23-26 juin 1848Journées de Juin, insurrection ouvrière écrasée par CavaignacRupture entre la République et les ouvriers parisiens ; début de la République de l'ordre.
  7. 4 novembre 1848Constitution de la Deuxième RépubliqueAssemblée unique et président élus au suffrage universel masculin, sans moyen de régler leurs conflits.
  8. 10 décembre 1848Élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence (74 % des voix)Premier président de la République élu au suffrage universel masculin : triomphe du nom de Bonaparte.
  9. 13 mai 1849Victoire du parti de l'Ordre aux élections législativesDébut de la « République sans républicains », dominée par les conservateurs.
  10. 31 mai 1850Loi électorale imposant trois ans de domicilePrès de 3 millions d'électeurs, surtout populaires, perdent le droit de vote.
  11. 2 décembre 1851Coup d'État de Louis-Napoléon BonaparteDissolution illégale de l'Assemblée, rétablissement du suffrage universel, résistance républicaine réprimée.
  12. 2 décembre 1852Proclamation du Second Empire : Napoléon IIIRétablissement de l'Empire héréditaire après le plébiscite des 21-22 novembre 1852.
  13. 24 novembre 1860Décret accordant le droit d'adresse aux ChambresPremier pas de la libéralisation : fin de l'Empire autoritaire.
  14. Mai 1869Élections législatives : l'opposition dépasse 3 millions de voixRéveil de l'opposition, élection de Gambetta à Belleville.
  15. 8 mai 1870Plébiscite approuvant l'Empire libéral7,36 millions de oui : l'Empire semble consolidé quatre mois avant sa chute.
  16. 4 septembre 1870Proclamation de la République à l'Hôtel de Ville de ParisFin du Second Empire, deux jours après la capture de Napoléon III à Sedan.
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Février 1848 : une révolution qui fonde la République

En 1847, la monarchie de Juillet (1830-1848) de Louis-Philippe repose sur un suffrage censitaire : moins de 250 000 hommes votent, pour environ 35 millions d'habitants. Le chef du gouvernement, François Guizot, refuse tout abaissement du cens. L'opposition contourne l'interdiction des réunions politiques par la campagne des banquets, lancée en juillet 1847, où l'on porte des toasts à la réforme électorale.

Le 22 février 1848, l'interdiction d'un banquet parisien provoque des manifestations. Le 23, Louis-Philippe renvoie Guizot, mais le soir même la troupe tire sur la foule boulevard des Capucines : plusieurs dizaines de victimes. Dans la nuit, Paris se couvre de barricades. Le 24 février, le roi abdique et part pour l'Angleterre. À l'Hôtel de Ville, un gouvernement provisoire se forme et proclame la République. Il réunit des républicains modérés (Lamartine, Arago, Dupont de l'Eure), un radical (Ledru-Rollin) et deux figures socialistes, Louis Blanc et l'ouvrier Albert.

Le 25 février, des manifestants armés réclament le drapeau rouge, symbole de la révolution sociale. Alphonse de Lamartine, ministre des Affaires étrangères, les convainc de garder le drapeau tricolore, qui a selon lui « fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie ». Ce débat résume l'hésitation du nouveau régime : République de la concorde nationale ou République sociale ?

Au printemps, des « arbres de la liberté » sont plantés dans les communes, souvent bénis par le curé : c'est l'« esprit de 1848 », fraternel et consensuel, qui ne durera que quelques mois.

Le moment 1848. La révolution parisienne ouvre le « printemps des peuples » (Vienne, Berlin, Milan en mars 1848), étudié au chapitre précédent. Ici, on suit ce que devient la démocratie en France jusqu'en 1870.
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Le printemps 1848 : suffrage universel masculin et abolition de l'esclavage

Le gouvernement provisoire gouverne par décrets. Celui du 5 mars 1848 établit le suffrage universel masculin : tout Français de 21 ans, domicilié depuis six mois dans la commune, devient électeur ; on est éligible à 25 ans. Le corps électoral passe de moins de 250 000 à environ 9 millions d'hommes. Le 23 avril 1848, jour de Pâques, la France élit son Assemblée constituante avec une participation d'environ 84 % ; on vote au chef-lieu de canton, où les ruraux se rendent souvent en cortège, derrière le maire ou le curé.

Les libertés s'élargissent : presse et réunions sont libres, des centaines de journaux et de clubs naissent à Paris. Le 26 février, la peine de mort est abolie en matière politique.

Le décret du 27 avril 1848, préparé par une commission présidée par Victor Schœlcher, sous-secrétaire d'État à la Marine, abolit l'esclavage dans les colonies : environ 250 000 personnes deviennent libres et citoyennes (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Sénégal). En Martinique, la révolte des esclaves du 22 mai 1848 pousse le gouverneur à proclamer l'abolition dès le lendemain, avant l'arrivée du décret. C'est la seconde abolition : la Convention avait aboli l'esclavage le 4 février 1794, Bonaparte l'avait rétabli en 1802. Les colons seront indemnisés (loi du 30 avril 1849), pas les anciens esclaves.

Âge démocratique : moment où la souveraineté du peuple s'exerce par le vote de tous les citoyens, garanti par des libertés. En 1848, il ne concerne que les hommes : Jeanne Deroin ou les rédactrices de La Voix des femmes, journal fondé par Eugénie Niboyet en mars 1848, réclament en vain le droit de vote des femmes.
« Universel » ne veut pas dire « pour tous » : écrivez toujours suffrage universel masculin. Les Françaises voteront pour la première fois en 1945.
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La question sociale : des ateliers nationaux aux journées de Juin

La révolution a été faite par le peuple de Paris, frappé par la crise de 1846-1847 et le chômage. Le 25 février, un décret proclame le droit au travail : l'État s'engage à « garantir du travail à tous les citoyens ». Les ateliers nationaux, créés dans la foulée, emploient les chômeurs parisiens à des terrassements pour environ 2 francs par jour travaillé ; ils comptent plus de 100 000 inscrits en juin. Au palais du Luxembourg, une commission présidée par Louis Blanc réunit patrons et ouvriers ; le décret du 2 mars limite la journée de travail à 10 heures à Paris.

Pour combler le déficit, le gouvernement crée le 16 mars 1848 l'impôt des 45 centimes, une hausse de 45 % des impôts directs qui pèse sur les paysans : la République devient impopulaire dans les campagnes. Le 23 avril, la province élit une Assemblée dominée par les républicains modérés et les notables. Le 15 mai, l'envahissement de l'Assemblée par des manifestants entraîne l'arrestation des chefs révolutionnaires (Barbès, Blanqui, Raspail).

Le 21 juin, le pouvoir décide la fermeture des ateliers nationaux : les ouvriers de 18 à 25 ans doivent s'engager dans l'armée, les autres partir en province. Du 23 au 26 juin 1848, l'est de Paris se soulève. L'Assemblée confie les pleins pouvoirs au général Cavaignac, qui écrase l'insurrection. Le bilan se compte en milliers de morts, surtout parmi les insurgés, dont une partie est exécutée après les combats ; on compte de l'ordre de 15 000 arrestations et des milliers de transportations vers l'Algérie.

Une fracture durable. Juin 1848 sépare la République des ouvriers parisiens et installe chez les possédants la peur des « partageux ». Le droit au travail disparaît : la République devient celle de l'ordre.
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La Constitution de 1848 et l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte

Adoptée le 4 novembre 1848, la Constitution proclame une République « démocratique, une et indivisible » et place la souveraineté dans « l'universalité des citoyens français ». Mais le droit au travail disparaît : le texte ne promet plus que la liberté du travail, des travaux publics et une assistance aux plus démunis.

PouvoirOrganisation
LégislatifUne Assemblée unique de 750 membres, élue pour 3 ans au suffrage universel masculin
ExécutifUn président élu pour 4 ans au suffrage universel masculin, rééligible seulement après un intervalle de 4 ans
RelationsLe président ne peut pas dissoudre l'Assemblée, qui ne peut pas le renverser : aucun arbitre en cas de conflit

Deux pouvoirs tirent ainsi leur légitimité du même peuple : le conflit est inscrit dans le texte.

Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, l'emporte avec environ 5,4 millions de voix (74 % des suffrages exprimés), loin devant Cavaignac (environ 1,4 million), Ledru-Rollin (370 000) et Lamartine (moins de 20 000). Longtemps conspirateur (tentatives de soulèvement à Strasbourg en 1836 et à Boulogne en 1840), emprisonné au fort de Ham puis évadé en 1846, il a été élu député en 1848. Son nom rassemble des électeurs opposés : paysans attachés à la légende napoléonienne et hostiles aux 45 centimes, ouvriers qui refusent de voter pour Cavaignac, le vainqueur de Juin, notables du parti de l'Ordre qui le croient manipulable. Il prête serment à la Constitution le 20 décembre.

Louis-Napoléon est le premier président de la République française, et le seul élu au suffrage universel direct avant 1965. Au 10 décembre 1848, le suffrage universel masculin, majoritairement rural, ne vote pas pour les républicains de Février.
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1849-1851 : la République conservatrice et le coup d'État

Aux législatives du 13 mai 1849, le parti de l'Ordre, qui rassemble légitimistes, orléanistes et catholiques, obtient environ les deux tiers des sièges. Les républicains modérés s'effondrent ; les démocrates-socialistes (la « Montagne ») résistent dans le Centre et le Midi. On parle de « République sans républicains ».

La majorité restreint les libertés. Après l'échec de la manifestation du 13 juin 1849, Ledru-Rollin s'exile ; clubs et journaux sont surveillés. La loi Falloux (15 mars 1850) renforce la place de l'Église dans l'enseignement. Surtout, la loi du 31 mai 1850 exige trois ans de domicile attestés par le rôle des impôts : près de 3 millions d'électeurs, surtout ouvriers et journaliers mobiles, perdent le droit de vote.

Louis-Napoléon s'éloigne de la majorité : il voyage en province, soigne l'armée et se pose en défenseur du suffrage universel. Non rééligible en 1852, il demande une révision de la Constitution ; en juillet 1851, elle obtient une majorité, mais pas les trois quarts exigés.

Le 2 décembre 1851, anniversaire du sacre de Napoléon Ier (1804) et d'Austerlitz (1805), il fait occuper Paris par l'armée, dissout l'Assemblée, rétablit le suffrage universel et annonce un plébiscite. Le coup est préparé avec son demi-frère Morny, nommé à l'Intérieur, et le général Saint-Arnaud, ministre de la Guerre. À Paris, le député Baudin est tué sur une barricade le 3 décembre ; le 4, la troupe tire sur les boulevards. En province, des dizaines de milliers de paysans et d'artisans se soulèvent (Var, Basses-Alpes, Nièvre, Hérault). La répression est massive : environ 27 000 personnes poursuivies, près de 10 000 transportées en Algérie. Victor Hugo s'exile. Le plébiscite des 20-21 décembre 1851 approuve le coup d'État par environ 7,4 millions de oui contre 0,6 million de non.

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Le Second Empire autoritaire (1852-1860)

La Constitution du 14 janvier 1852, inspirée de celle de l'an VIII, confie le pouvoir pour dix ans au « prince-président ». Il a seul l'initiative des lois, nomme des ministres qui ne dépendent que de lui et se déclare « responsable devant le peuple français ». Le Corps législatif, élu au suffrage universel masculin, vote les lois et l'impôt sans pouvoir les proposer ; le Sénat, nommé, garde la Constitution ; le Conseil d'État prépare les lois.

Après une tournée en province où il affirme à Bordeaux, le 9 octobre 1852, que « l'Empire, c'est la paix », un sénatus-consulte (7 novembre) rétablit l'Empire, approuvé par le plébiscite des 21-22 novembre (environ 7,8 millions de oui). Le 2 décembre 1852, Louis-Napoléon devient Napoléon III, empereur des Français.

Le régime garde le suffrage universel mais l'encadre. Les préfets soutiennent les candidats officiels, dont les affiches sont imprimées sur papier blanc comme celles de l'administration ; les maires sont nommés ; les circonscriptions noient les villes dans les campagnes. Le décret du 17 février 1852 soumet la presse à l'autorisation préalable et aux « avertissements » : au troisième, un journal peut être suspendu. Les élus prêtent serment à l'empereur. Après l'attentat d'Orsini (14 janvier 1858), la loi de sûreté générale (février 1858) permet d'interner ou de déporter sans jugement d'anciens condamnés politiques.

Les opposants sont en prison ou en exil. À Jersey puis à Guernesey, Victor Hugo publie Les Châtiments (1853) et refuse l'amnistie de 1859. En France, cinq républicains seulement, « les Cinq » (dont Émile Ollivier et Jules Favre), siègent au Corps législatif après les élections de 1857. Le régime s'appuie sur les paysans, l'armée, l'Église et les milieux d'affaires.

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Vers l'Empire libéral (1860-1870), puis la chute

À partir de 1860, Napoléon III libéralise le régime. Il veut élargir sa base : une partie des catholiques et des industriels s'éloigne de lui vers 1859-1860, pour des raisons de politique extérieure et économique étudiées dans d'autres chapitres.

DateRéforme
24 novembre 1860Droit d'adresse : les Chambres répondent au discours du trône ; les débats sont publiés
25 mai 1864Loi Ollivier : le délit de coalition est supprimé, la grève devient légale
Janvier 1867Droit d'interpellation des ministres par les députés
Mai-juin 1868Lois sur la presse (fin de l'autorisation préalable) et sur les réunions publiques
8 septembre 1869Le Corps législatif reçoit l'initiative des lois
2 janvier 1870Émile Ollivier, ancien républicain, forme le gouvernement

L'opposition profite de ces ouvertures. En 1863, elle rassemble près de 2 millions de voix et Paris élit des opposants ; Thiers réclame en janvier 1864 les « libertés nécessaires ». En 1868, La Lanterne d'Henri Rochefort raille l'empereur. Aux élections de mai 1869, l'opposition dépasse 3 millions de voix ; à Belleville, Léon Gambetta est élu sur un programme radical : libertés publiques, séparation des Églises et de l'État, instruction laïque, élection des fonctionnaires.

Le sénatus-consulte du 20 avril 1870 rend le régime semi-parlementaire ; le plébiscite du 8 mai 1870 l'approuve par 7,36 millions de oui contre 1,57 million de non, mais Paris et plusieurs grandes villes votent majoritairement non. L'Empire ne tombe pas sous les coups de l'opposition : après la capture de l'empereur à Sedan (2 septembre 1870), les députés républicains de Paris proclament la République à l'Hôtel de Ville le 4 septembre 1870.

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Lectures d'historiens et pièges à éviter

Dès 1852, deux lectures s'opposent. Victor Hugo, dans Napoléon le Petit (1852), dénonce un usurpateur parjure. Karl Marx, dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852), explique le régime par l'équilibre des forces sociales : Bonaparte s'appuie sur la masse des petits paysans et se place au-dessus des classes ; l'histoire se répète, écrit-il, « la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ».

Les historiens ont ensuite nuancé cette légende noire. Maurice Agulhon (La République au village, 1970 ; 1848 ou l'apprentissage de la République, 1973) montre que la Deuxième République est une école politique : les campagnes du Var se politisent, et la résistance de décembre 1851 prouve que la République s'y est enracinée. Pierre Rosanvallon (Le Sacre du citoyen, 1992) souligne qu'en 1848 le vote est d'abord célébré comme une communion de la nation, avant d'être compris comme un choix entre des programmes. Des biographes récents, comme Éric Anceau (Napoléon III, 2008), insistent sur le réformisme de l'empereur, sans effacer l'autoritarisme du régime.

Pièges. 1) Écrire « suffrage universel » sans « masculin ». 2) Faire finir la Deuxième République en 1851 : en droit, elle dure jusqu'au 2 décembre 1852 ; le coup d'État en fait une République autoritaire. 3) Confondre Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III à partir de 1852) avec son oncle Napoléon Ier. 4) Présenter l'abolition de 1848 comme la première, ou oublier que seuls les colons sont indemnisés. 5) Confondre plébiscite (approuver un homme) et élection (choisir entre des candidats). 6) Réciter la politique extérieure ou l'industrialisation : elles relèvent d'autres chapitres.
En bref
  • Février 1848 : une révolution parisienne renverse Louis-Philippe ; la République est proclamée le 24 février ; Lamartine fait garder le drapeau tricolore le 25.
  • 5 mars 1848 : suffrage universel masculin (environ 9 millions d'électeurs) ; 27 avril 1848 : abolition de l'esclavage (Schœlcher).
  • Juin 1848 : la fermeture des ateliers nationaux provoque les journées de Juin, écrasées par Cavaignac ; la République devient celle de l'ordre.
  • 10 décembre 1848 : Louis-Napoléon Bonaparte, premier président élu au suffrage universel masculin (74 %).
  • 1849-1851 : « République sans républicains » ; la loi du 31 mai 1850 retire le vote à près de 3 millions d'hommes.
  • 2 décembre 1851 : coup d'État, résistance républicaine réprimée, plébiscite ; 2 décembre 1852 : Second Empire.
  • 1852-1860 : Empire autoritaire (candidatures officielles, presse contrôlée, proscrits) ; 1860-1870 : Empire libéral.
  • 8 mai 1870 : plébiscite favorable ; 4 septembre 1870 : proclamation de la République après Sedan.
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