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Histoire-Géographie · Classe de 1ʳᵉ

La France dans l'Europe des nationalités (1848–1871)

Des révolutions de 1848 à la Commune de Paris : nationalismes, empire libéral et unifications européennes (Histoire — Thème 1, Terminale 1ère générale)

À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en première sur « La France dans l'Europe des nationalités (1848–1871) » suit le programme officiel de histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'Europe des révolutions de 1848 : le Printemps des peuples, La IIe République et le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (1848–1852), Le Second Empire : autoritarisme puis libéralisation (1852–1870), Les unifications italienne et allemande. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · L'Europe des révolutions de 1848 : le Printemps des peuples
2 · La IIe République et le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (1848–1852)
3 · Le Second Empire : autoritarisme puis libéralisation (1852–1870)
4 · Les unifications italienne et allemande
5 · La guerre franco-prussienne et la chute du Second Empire (1870–1871)
6 · La Commune de Paris (1871)
7 · Bilan : la France et l'ordre européen après 1871
1L'Europe des révolutions de 1848 : le Printemps des peuples

En 1848, une vague révolutionnaire sans précédent secoue l'Europe de Paris à Vienne, de Berlin à Rome. On parle du « Printemps des peuples » : les peuples réclament à la fois la liberté politique (constitution, suffrage) et l'indépendance nationale.

Nationalisme. Idéologie selon laquelle chaque peuple partageant une langue, une culture et une histoire doit former un État souverain et indépendant. En 1848, il se mêle aux aspirations libérales et démocratiques.

Les causes communes sont la crise économique (mauvaises récoltes 1846–47, chômage industriel), la montée du libéralisme et l'influence des idées de 1789. Les monarques conservateurs (Metternich en Autriche, rois allemands) sont renversés ou contraints de concéder des constitutions.

Exemples.
  • En France : la révolution de Février 1848 renverse Louis-Philippe et proclame la IIe République.
  • En Autriche : Metternich est renversé ; les peuples hongrois, tchèque et italien se soulèvent.
  • En Allemagne : le Parlement de Francfort tente d'unifier les États allemands.
  • En Italie : des révolutions éclatent à Rome, Milan, Venise ; Charles-Albert de Piémont-Sardaigne déclare la guerre à l'Autriche.

Mais la plupart de ces révolutions sont réprimées à l'automne 1848 par les forces conservatrices. Les aspirations nationales restent insatisfaites, ce qui alimente les mouvements d'unification des décennies suivantes.

2La IIe République et le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (1848–1852)

La révolution de février 1848 proclame la IIe République en France. Elle accorde des libertés fondamentales : suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage (avril 1848, décret Schœlcher), liberté de la presse et de réunion.

Suffrage universel masculin. Droit de vote accordé à tous les hommes de plus de 21 ans, sans condition de fortune. C'est une rupture majeure avec la monarchie de Juillet (suffrage censitaire).

Le gouvernement provisoire (Lamartine, Ledru-Rollin) crée les Ateliers nationaux pour résorber le chômage, mais leur coût provoque une crise financière. Les journées de Juin 1848 — insurrection ouvrière brutalement réprimée par le général Cavaignac — marquent une rupture entre les républicains et les classes ouvrières.

En décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte (neveu de Napoléon Ier) est élu président de la République avec 74 % des suffrages, porté par le prestige du nom Bonaparte et le « vote paysan ».

Attention ! La Constitution de 1848 limite le président à un seul mandat de 4 ans. Louis-Napoléon, empêché de se représenter, organise le coup d'État du 2 décembre 1851 (anniversaire d'Austerlitz). Il dissout l'Assemblée, arrête ses opposants et convoque un plébiscite qui lui donne les pleins pouvoirs.

Un an plus tard, le 2 décembre 1852, il se proclame Napoléon III, Empereur des Français, rétablissant l'Empire par plébiscite (92 % de « oui »).

Méthode — Analyser un plébiscite. Un plébiscite est un vote par oui/non proposé par le chef de l'État pour légitimer son pouvoir. Il diffère d'une élection libre : les électeurs sont soumis à pression, l'opposition est muselée. Napoléon III y recourt à plusieurs reprises pour asseoir son autorité.
3Le Second Empire : autoritarisme puis libéralisation (1852–1870)

Le Second Empire connaît deux grandes phases :

PhaseDatesCaractéristiques
Empire autoritaire1852–1860Presse censurée, opposition surveillée, Corps législatif aux pouvoirs limités, police politique. Mais essor économique remarquable (chemins de fer, Haussmann à Paris, Crédit Lyonnais).
Empire libéral1860–1870Concessions progressives : liberté de la presse (1868), droit de grève (1864), Corps législatif renforcé. En 1870 : plébiscite approuvant une Constitution plus libérale.
Empire libéral. À partir de 1860, Napoléon III accorde des libertés politiques croissantes sous la pression de l'opposition républicaine et de la montée des critiques (défaites extérieures, affaire du Mexique). Thiers, Gambetta deviennent des figures de l'opposition parlementaire.

La politique étrangère de Napoléon III est active mais ambiguë :

  • Il soutient les nationalités (Italie, Pologne) au nom du principe des nationalités, hérité de la Révolution.
  • Il remporte la guerre de Crimée (1854–56, alliance franco-britannique contre la Russie) et le Congrès de Paris (1856) fait de la France la première puissance continentale.
  • Il aide l'Italie à lutter contre l'Autriche en 1859, mais la France obtient en retour Nice et la Savoie (1860).
  • L'affaire du Mexique (1862–1867) tourne au désastre : l'expédition militaire pour imposer Maximilien d'Autriche échoue.
Exemple — L'essor économique du Second Empire. Entre 1850 et 1870, le réseau ferroviaire passe de 3 000 à 18 000 km. Paris est transformée par le baron Haussmann (grands boulevards, eau courante, égouts), devenant un modèle urbain mondial.
4Les unifications italienne et allemande

La période 1848–1871 est marquée par deux unifications nationales majeures qui remodèlent la carte de l'Europe.

L'unification italienne (Risorgimento)

Risorgimento. Mot italien signifiant « résurrection » ou « renaissance » : mouvement culturel, politique et militaire pour l'unification de l'Italie en un seul État national au XIXe siècle.

Les acteurs clés :

  • Cavour (premier ministre du Piémont-Sardaigne) : diplomate habile, il obtient l'alliance de la France (Napoléon III) contre l'Autriche. Victoires de Magenta et Solférino (1859) → l'Autriche cède la Lombardie.
  • Garibaldi : général républicain, il conquiert le royaume des Deux-Siciles avec ses Chemises rouges (1860). Malgré ses convictions républicaines, il accepte de remettre les territoires au roi Victor-Emmanuel II.
  • Victor-Emmanuel II : roi de Piémont-Sardaigne, proclamé roi d'Italie en 1861. Rome est annexée en 1870, devenant capitale.

L'unification allemande (Einigung)

Sous l'impulsion du chancelier prussien Bismarck, la Prusse domine les États allemands par la guerre et la diplomatie.

  • 1866 — Guerre austro-prussienne : victoire prussienne à Sadowa → dissolution de la Confédération germanique, création de la Confédération de l'Allemagne du Nord sous domination prussienne.
  • 1870–1871 — Guerre franco-prussienne : victoire prussienne décisive → proclamation de l'Empire allemand (Reich) dans la galerie des Glaces de Versailles, le 18 janvier 1871.
Attention ! Les deux unifications suivent des logiques différentes : l'Italie se fait « par le bas » (mouvements populaires + diplomatie) et « par le haut » (rôle de la monarchie piémontaise). L'Allemagne se fait essentiellement « par le fer et le sang » selon la formule de Bismarck (guerres successives).
À retenir. La France de Napoléon III favorise d'abord l'unification italienne (principe des nationalités), puis se retrouve menacée par l'émergence d'une Allemagne puissante à ses frontières.
5La guerre franco-prussienne et la chute du Second Empire (1870–1871)

La guerre franco-prussienne (19 juillet 1870 – 28 janvier 1871) est déclenchée par la candidature d'un prince prussien au trône d'Espagne. Bismarck manipule habilement l'opinion par la dépêche d'Ems pour pousser la France à déclarer la guerre.

Dépêche d'Ems (13 juillet 1870). Bismarck modifie et publie un télégramme de Guillaume Ier afin de donner l'impression que le roi de Prusse a insulté l'ambassadeur français. Cette manipulation provoque l'indignation française et pousse Napoléon III à déclarer la guerre.

Les opérations militaires tournent au désastre pour la France :

  • Batailles perdues à Wissembourg, Froeschwiller, Gravelotte.
  • 2 septembre 1870 : capitulation de Napoléon III à Sedan — l'Empereur est fait prisonnier avec 80 000 soldats.
  • 4 septembre 1870 : proclamation de la IIIe République à Paris par Gambetta et Jules Favre.
  • Siège de Paris (19 sept. 1870 – 28 jan. 1871) : la capitale souffre de la faim.
La sortie de Gambetta en ballon (7 octobre 1870). Pour organiser la résistance depuis la province, Gambetta quitte Paris assiégée en ballon montgolfière. Cette image devient un symbole du patriotisme républicain, mais les armées de la Loire ne parviennent pas à briser le siège.

L'armistice du 28 janvier 1871 met fin aux combats. Le traité de Francfort (10 mai 1871) impose à la France :

  • La cession de l'Alsace et de la Lorraine (sauf Belfort) à l'Empire allemand.
  • Une indemnité de guerre de 5 milliards de francs-or.
  • L'occupation militaire prussienne jusqu'au paiement.
Attention ! La perte de l'Alsace-Lorraine est une humiliation nationale profonde qui marque la politique française jusqu'en 1918. Elle nourrit le sentiment de revanche et conditionne les alliances de la IIIe République.
6La Commune de Paris (18 mars – 28 mai 1871)

Dans le contexte de la défaite, de la misère et de l'humiliation nationale, Paris se soulève contre le gouvernement de Thiers (siégeant à Versailles).

Le 18 mars 1871, les Parisiens refusent de remettre leurs canons à l'armée régulière. C'est le début de la Commune de Paris, un gouvernement révolutionnaire qui tient la capitale pendant 72 jours.

La Commune de Paris. Gouvernement insurrectionnel élu par les Parisiens (26 mars 1871). Elle adopte des mesures sociales innovantes : séparation de l'Église et de l'État, enseignement laïc et gratuit, remise des loyers, gestion ouvrière des ateliers abandonnés, égalité de salaire homme/femme dans l'enseignement.

La Commune rassemble des républicains radicaux, des socialistes, des anarchistes et des patriotes. Sa signification est disputée :

  • Pour Marx, c'est la première expérience de « dictature du prolétariat ».
  • Pour les républicains modérés, c'est une insurrection anarchiste.
  • Pour les conservateurs, c'est l'ordre social menacé.

La Semaine sanglante (21–28 mai 1871) : l'armée versaillaise entre dans Paris et réprime la Commune dans une violence extrême. Bilan : environ 10 000 à 30 000 Communards tués, 40 000 prisonniers, des milliers déportés en Nouvelle-Calédonie.

Méthode — Interpréter un événement historiographiquement débattu. La Commune est perçue très différemment selon les sources : source versaillaise (répression légitime d'une insurrection), source communarde (révolution sociale), source marxiste (embryon du socialisme). Identifie toujours le point de vue de l'auteur d'un document sur cet épisode.
7Bilan : la France et l'ordre européen après 1871

La période 1848–1871 redessine profondément l'Europe et la place de la France dans le concert des nations.

Avant 1848Après 1871
Equilibre de Vienne (1815), domination de l'Autriche et de la RussieHégémonie prussienne / allemande sur le continent
Italie et Allemagne = mosaïques d'ÉtatsItalie unifiée (1861–70), Empire allemand (1871)
France = 1ère puissance militaireFrance affaiblie, perte d'Alsace-Lorraine, dette de guerre
Monarchies et empires dominantsRépublique en France, mais monarchies partout ailleurs

La France entre dans la IIIe République avec un double héritage :

  • Le traumatisme de 1870–71 (la défaite, la Commune) qui divise profondément la société française.
  • L'idéal républicain, démocratique et laïc à construire contre les monarchistes et l'Église.
Lien avec la suite du programme. La IIIe République hérite de toutes ces tensions : construire un régime durable, récupérer l'Alsace-Lorraine (« Revanche »), et s'imposer face aux puissances voisines. C'est le programme du thème suivant.
À retenir
En bref :
• 1848 : Printemps des peuples — vague révolutionnaire libérale et nationaliste en Europe.
• IIe République (fév. 1848) → coup d'État de Louis-Napoléon (2 déc. 1851) → Second Empire (1852–1870).
• Second Empire : phase autoritaire (1852–60) puis libérale (1860–70) ; essor économique ; soutien aux nationalités.
• Unification italienne (1861, Rome 1870) : Cavour + Garibaldi + Napoléon III.
• Unification allemande (1871) : Bismarck + victoires militaires (Sadowa 1866, Sedan 1870).
• Guerre franco-prussienne → capitulation à Sedan (2 sept. 1870) → perte de l'Alsace-Lorraine (traité de Francfort, 10 mai 1871).
• Commune de Paris (18 mars – 28 mai 1871) : insurrection sociale réprimée dans la Semaine sanglante.
• 1871 : naissance de la IIIe République et de l'Empire allemand → nouvel ordre européen.
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