Collège · 4ᵉ · Histoire
La France et les régimes politiques au XIXe siècle
Monarchies, républiques et la IIIe République
À propos de cette page
L'instabilité politique de la France (1799-1870)
Au XIXe siècle, la France connaît une instabilité politique exceptionnelle. En moins de 80 ans, elle traverse pas moins de sept régimes politiques différents, oscillant entre République, Empire et Monarchie.
Cette instabilité s'explique par les divisions profondes de la société française héritées de la Révolution de 1789 :
- Les républicains défendent la souveraineté du peuple et les libertés.
- Les monarchistes souhaitent le retour d'un roi.
- Les bonapartistes soutiennent la famille Napoléon.
| Période | Régime |
|---|---|
| 1799-1804 | Consulat |
| 1804-1814/1815 | Premier Empire |
| 1815-1830 | Restauration (monarchie) |
| 1830-1848 | Monarchie de Juillet |
| 1848-1851 | IIe République |
| 1852-1870 | Second Empire |
| 1870-1940 | IIIe République |
Le Premier Empire napoléonien (1804-1815)
Après le coup d'État du 18 Brumaire (novembre 1799), Napoléon Bonaparte prend le pouvoir. D'abord Premier consul, il se fait sacrer Empereur des Français le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII.
Napoléon Ier réorganise profondément la France :
- Le Code civil (1804) unifie le droit français et affirme l'égalité des hommes devant la loi.
- Le Concordat de 1801 règle les relations entre l'Église et l'État.
- La création des lycées et des préfets renforce l'administration centrale.
Napoléon remporte de grandes victoires militaires (Austerlitz 1805, Iéna 1806), mais la campagne de Russie (1812) tourne au désastre. Après sa défaite à Waterloo (18 juin 1815), il est exilé à Sainte-Hélène où il meurt en 1821.
La Restauration et la monarchie de Juillet (1815-1848)
Après la chute de Napoléon, les grandes puissances européennes réunies au Congrès de Vienne (1814-1815) restaurent les monarchies renversées. En France, les Bourbons reviennent au pouvoir.
- Louis XVIII (1815-1824) puis Charles X (1824-1830) régnent sous la Restauration. Une Charte constitutionnelle limite les pouvoirs du roi, mais la censure et les inégalités persistent.
En juillet 1830, les Trois Glorieuses (27, 28, 29 juillet) chassent Charles X, trop autoritaire. Louis-Philippe d'Orléans devient roi des Français — c'est la Monarchie de Juillet (1830-1848), régime libéral où seuls les hommes les plus riches votent (suffrage censitaire).
La Monarchie de Juillet voit naître la presse, les associations ouvrières et le mouvement romantique, mais la misère des ouvriers grandit avec la révolution industrielle.
La IIe République et le coup d'État de 1851
En février 1848, une nouvelle révolution renverse Louis-Philippe. La IIe République est proclamée. C'est la première fois en France que le suffrage universel masculin est instauré : tous les hommes de plus de 21 ans peuvent voter.
La IIe République abolit également l'esclavage dans les colonies (27 avril 1848), grâce notamment à Victor Schoelcher.
Aux élections présidentielles de décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est élu par 74 % des voix. Mais la Constitution lui interdit de se représenter. Le 2 décembre 1851, il réalise un coup d'État et dissout l'Assemblée nationale. Un an plus tard, le 2 décembre 1852, il se proclame Napoléon III, Empereur des Français. La IIe République disparaît.
Le Second Empire de Napoléon III (1852-1870)
Le Second Empire (1852-1870) est d'abord autoritaire : la censure est rétablie, les opposants poursuivis. Mais à partir de 1860, Napoléon III libéralise progressivement le régime.
Cette période est marquée par une modernisation économique et urbaine considérable :
- Le baron Haussmann transforme Paris : grands boulevards, égouts, parcs (bois de Boulogne, bois de Vincennes).
- Le réseau ferroviaire passe de 3 600 km à 17 500 km entre 1852 et 1870.
- Les grandes expositions universelles (1855, 1867) montrent la puissance industrielle française.
En politique extérieure, Napoléon III participe à la guerre de Crimée (1854-1856), soutient l'unification italienne, mais lance des aventures ruineuses (Mexique 1863-1867). La guerre franco-prussienne (1870) est le coup de grâce : battu à Sedan le 2 septembre 1870, Napoléon III est fait prisonnier. Le Second Empire s'effondre.
La Commune de Paris (1871) et la naissance de la IIIe République
Le 4 septembre 1870, après la capture de Napoléon III, la République est proclamée à Paris. La IIIe République commence dans la douleur : Paris est assiégée par les Prussiens pendant 4 mois. L'armistice signé en janvier 1871 impose à la France des conditions humiliantes : la perte de l'Alsace-Lorraine et le paiement de 5 milliards de francs-or.
La situation explose à Paris. Du 18 mars au 28 mai 1871, les Parisiens, refusant de rendre les canons de la Garde nationale au gouvernement réfugié à Versailles, instaurent la Commune de Paris, gouvernement révolutionnaire et populaire.
La Semaine sanglante (21-28 mai 1871) voit l'armée versaillaise reprendre Paris quartier par quartier. Le bilan est effroyable : entre 10 000 et 30 000 Communards sont tués, 38 000 arrêtés, des milliers déportés en Nouvelle-Calédonie.
La consolidation de la IIIe République : démocratie et laïcité
Après la répression de la Commune, la IIIe République s'installe lentement. Les lois constitutionnelles de 1875 fixent l'organisation du régime :
- Un Parlement bicaméral (Chambre des députés + Sénat).
- Un Président de la République élu par le Parlement pour 7 ans, aux pouvoirs limités.
Les élections de 1877 et 1879 donnent la majorité aux républicains. Léon Gambetta et Jules Ferry imposent leurs idées. Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique puis président du Conseil, mène une politique scolaire décisive :
D'autres libertés fondamentales sont accordées :
- Liberté de la presse (1881) : la censure disparaît.
- Liberté de réunion (1881) et droit de créer des syndicats (1884, loi Waldeck-Rousseau).
- Loi de séparation de l'Église et de l'État (9 décembre 1905) : la France devient un État laïque. L'État ne reconnaît ni ne salarie aucun culte.
La IIIe République face aux crises : l'affaire Dreyfus
La IIIe République traverse plusieurs crises graves qui révèlent les tensions de la société française.
La plus célèbre est l'affaire Dreyfus (1894-1906) : le capitaine Alfred Dreyfus, officier juif de l'armée française, est accusé à tort d'espionnage au profit de l'Allemagne. Il est dégradé et condamné au bagne en Guyane.
L'affaire divise profondément la France en deux camps :
- Les dreyfusards : républicains, socialistes, intellectuels (dont Émile Zola) qui réclament la révision du procès.
- Les antidreyfusards : nationalistes, antisémites, militaires et catholiques conservateurs qui maintiennent la culpabilité de Dreyfus.
En 1906, Dreyfus est finalement réhabilité et réintégré dans l'armée. L'affaire accélère la laïcisation de la France et la séparation de l'Église et de l'État. Elle montre que la République peut résister aux tentatives de déstabilisation, mais aussi que la démocratie reste fragile face à l'antisémitisme et au nationalisme.
- La France connaît 7 régimes au XIXe siècle, oscillant entre monarchie, empire et république.
- Napoléon Ier crée le Code civil (1804) ; Napoléon III modernise Paris et l'économie, mais perd face à la Prusse en 1870.
- La Commune de Paris (1871) est écrasée lors de la Semaine sanglante (21-28 mai).
- La IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870 et consolidée par les lois de 1875.
- Les lois Ferry (1881-1882) instaurent l'école gratuite, obligatoire et laïque.
- La loi de 1905 sépare l'Église et l'État : la France devient un État laïque.
- L'affaire Dreyfus (1894-1906) divise la France et renforce la laïcité républicaine.
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