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Histoire · Classe de 4ᵉ

La France et les régimes politiques au XIXe siècle

Monarchies, républiques et la IIIe République

À propos de cette page
Ce cours de histoire en quatrième sur « La France et les régimes politiques au XIXe siècle » suit le programme officiel de histoire de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'instabilité politique de la France (1799-1870), Le Premier Empire napoléonien (1804-1815), La Restauration et la monarchie de Juillet (1815-1848), La IIe République et le coup d'État de 1851. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en histoire.
Au programme
1 · L'instabilité politique de la France (1799-1870)
2 · Le Premier Empire napoléonien (1804-1815)
3 · La Restauration et la monarchie de Juillet (1815-1848)
4 · La IIe République et le coup d'État de 1851
5 · Le Second Empire de Napoléon III (1852-1870)
6 · La Commune de Paris (1871) et la naissance de la IIIe République
7 · La consolidation de la IIIe République : démocratie et laïcité
8 · La IIIe République face aux crises : l'affaire Dreyfus
1L'instabilité politique de la France (1799-1870)

Au XIXe siècle, la France connaît une instabilité politique exceptionnelle. En moins de 80 ans, elle traverse pas moins de sept régimes politiques différents, oscillant entre République, Empire et Monarchie.

Régime politique. Ensemble des règles qui organisent le pouvoir dans un État (qui gouverne, comment, avec quels droits pour les citoyens).

Cette instabilité s'explique par les divisions profondes de la société française héritées de la Révolution de 1789 :

  • Les républicains défendent la souveraineté du peuple et les libertés.
  • Les monarchistes souhaitent le retour d'un roi.
  • Les bonapartistes soutiennent la famille Napoléon.
PériodeRégime
1799-1804Consulat
1804-1814/1815Premier Empire
1815-1830Restauration (monarchie)
1830-1848Monarchie de Juillet
1848-1851IIe République
1852-1870Second Empire
1870-1940IIIe République
2Le Premier Empire napoléonien (1804-1815)

Après le coup d'État du 18 Brumaire (novembre 1799), Napoléon Bonaparte prend le pouvoir. D'abord Premier consul, il se fait sacrer Empereur des Français le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII.

Empire. Régime politique dirigé par un empereur qui concentre les pouvoirs exécutif, législatif et militaire. À la différence d'un roi, l'empereur n'hérite pas du trône : il le conquiert.

Napoléon Ier réorganise profondément la France :

  • Le Code civil (1804) unifie le droit français et affirme l'égalité des hommes devant la loi.
  • Le Concordat de 1801 règle les relations entre l'Église et l'État.
  • La création des lycées et des préfets renforce l'administration centrale.

Napoléon remporte de grandes victoires militaires (Austerlitz 1805, Iéna 1806), mais la campagne de Russie (1812) tourne au désastre. Après sa défaite à Waterloo (18 juin 1815), il est exilé à Sainte-Hélène où il meurt en 1821.

Astuce. Retiens que le Code civil de 1804 est encore en vigueur aujourd'hui (légèrement modifié) : c'est l'héritage durable de Napoléon.
3La Restauration et la monarchie de Juillet (1815-1848)

Après la chute de Napoléon, les grandes puissances européennes réunies au Congrès de Vienne (1814-1815) restaurent les monarchies renversées. En France, les Bourbons reviennent au pouvoir.

  • Louis XVIII (1815-1824) puis Charles X (1824-1830) régnent sous la Restauration. Une Charte constitutionnelle limite les pouvoirs du roi, mais la censure et les inégalités persistent.

En juillet 1830, les Trois Glorieuses (27, 28, 29 juillet) chassent Charles X, trop autoritaire. Louis-Philippe d'Orléans devient roi des Français — c'est la Monarchie de Juillet (1830-1848), régime libéral où seuls les hommes les plus riches votent (suffrage censitaire).

Suffrage censitaire. Droit de vote réservé aux hommes payant un certain niveau d'impôt (le « cens »). En 1840, seuls 240 000 Français sur 35 millions pouvaient voter.
Attention ! Ne confonds pas la Restauration (retour des Bourbons) et la Monarchie de Juillet (règne de Louis-Philippe d'Orléans, une branche différente). Ce sont deux monarchies distinctes.

La Monarchie de Juillet voit naître la presse, les associations ouvrières et le mouvement romantique, mais la misère des ouvriers grandit avec la révolution industrielle.

4La IIe République et le coup d'État de 1851

En février 1848, une nouvelle révolution renverse Louis-Philippe. La IIe République est proclamée. C'est la première fois en France que le suffrage universel masculin est instauré : tous les hommes de plus de 21 ans peuvent voter.

Suffrage universel masculin. Droit de vote accordé à tous les hommes adultes, quelle que soit leur fortune ou leur condition sociale. En 1848, ce sont 9 millions de nouveaux électeurs.

La IIe République abolit également l'esclavage dans les colonies (27 avril 1848), grâce notamment à Victor Schoelcher.

Aux élections présidentielles de décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est élu par 74 % des voix. Mais la Constitution lui interdit de se représenter. Le 2 décembre 1851, il réalise un coup d'État et dissout l'Assemblée nationale. Un an plus tard, le 2 décembre 1852, il se proclame Napoléon III, Empereur des Français. La IIe République disparaît.

Exemple. Victor Hugo, républicain convaincu, refuse le coup d'État et part en exil à Guernesey. Il y écrit Les Châtiments (1853), un recueil de poèmes contre Napoléon III.
5Le Second Empire de Napoléon III (1852-1870)

Le Second Empire (1852-1870) est d'abord autoritaire : la censure est rétablie, les opposants poursuivis. Mais à partir de 1860, Napoléon III libéralise progressivement le régime.

Cette période est marquée par une modernisation économique et urbaine considérable :

  • Le baron Haussmann transforme Paris : grands boulevards, égouts, parcs (bois de Boulogne, bois de Vincennes).
  • Le réseau ferroviaire passe de 3 600 km à 17 500 km entre 1852 et 1870.
  • Les grandes expositions universelles (1855, 1867) montrent la puissance industrielle française.
Astuce. Les travaux d'Haussmann à Paris visaient aussi à éviter les barricades révolutionnaires : les larges boulevards rendaient ce type d'insurrection plus difficile.

En politique extérieure, Napoléon III participe à la guerre de Crimée (1854-1856), soutient l'unification italienne, mais lance des aventures ruineuses (Mexique 1863-1867). La guerre franco-prussienne (1870) est le coup de grâce : battu à Sedan le 2 septembre 1870, Napoléon III est fait prisonnier. Le Second Empire s'effondre.

6La Commune de Paris (1871) et la naissance de la IIIe République

Le 4 septembre 1870, après la capture de Napoléon III, la République est proclamée à Paris. La IIIe République commence dans la douleur : Paris est assiégée par les Prussiens pendant 4 mois. L'armistice signé en janvier 1871 impose à la France des conditions humiliantes : la perte de l'Alsace-Lorraine et le paiement de 5 milliards de francs-or.

La situation explose à Paris. Du 18 mars au 28 mai 1871, les Parisiens, refusant de rendre les canons de la Garde nationale au gouvernement réfugié à Versailles, instaurent la Commune de Paris, gouvernement révolutionnaire et populaire.

La Commune de Paris. Gouvernement insurrectionnel qui dirige Paris de mars à mai 1871. Elle prend des mesures sociales avancées (séparation de l'Église et de l'école, logements sociaux) avant d'être écrasée militairement.

La Semaine sanglante (21-28 mai 1871) voit l'armée versaillaise reprendre Paris quartier par quartier. Le bilan est effroyable : entre 10 000 et 30 000 Communards sont tués, 38 000 arrêtés, des milliers déportés en Nouvelle-Calédonie.

Attention ! La Commune de Paris n'est pas un régime national : elle ne contrôle que Paris. Le gouvernement légal de la République reste à Versailles sous Adolphe Thiers.
7La consolidation de la IIIe République : démocratie et laïcité

Après la répression de la Commune, la IIIe République s'installe lentement. Les lois constitutionnelles de 1875 fixent l'organisation du régime :

  • Un Parlement bicaméral (Chambre des députés + Sénat).
  • Un Président de la République élu par le Parlement pour 7 ans, aux pouvoirs limités.

Les élections de 1877 et 1879 donnent la majorité aux républicains. Léon Gambetta et Jules Ferry imposent leurs idées. Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique puis président du Conseil, mène une politique scolaire décisive :

Les lois Ferry (1881-1882). Ensemble de lois qui rendent l'école gratuite (1881) et obligatoire et laïque (1882) pour les enfants de 6 à 13 ans. Les crucifix sont retirés des salles de classe, les instituteurs remplacent les religieux.

D'autres libertés fondamentales sont accordées :

  • Liberté de la presse (1881) : la censure disparaît.
  • Liberté de réunion (1881) et droit de créer des syndicats (1884, loi Waldeck-Rousseau).
  • Loi de séparation de l'Église et de l'État (9 décembre 1905) : la France devient un État laïque. L'État ne reconnaît ni ne salarie aucun culte.
Laïcité. Principe qui sépare les institutions publiques de toute religion. L'État est neutre vis-à-vis des croyances ; chacun est libre de pratiquer ou non une religion dans la sphère privée.
8La IIIe République face aux crises : l'affaire Dreyfus

La IIIe République traverse plusieurs crises graves qui révèlent les tensions de la société française.

La plus célèbre est l'affaire Dreyfus (1894-1906) : le capitaine Alfred Dreyfus, officier juif de l'armée française, est accusé à tort d'espionnage au profit de l'Allemagne. Il est dégradé et condamné au bagne en Guyane.

L'affaire divise profondément la France en deux camps :

  • Les dreyfusards : républicains, socialistes, intellectuels (dont Émile Zola) qui réclament la révision du procès.
  • Les antidreyfusards : nationalistes, antisémites, militaires et catholiques conservateurs qui maintiennent la culpabilité de Dreyfus.
Exemple. Le 13 janvier 1898, l'écrivain Émile Zola publie dans le journal L'Aurore une lettre ouverte adressée au Président de la République, intitulée « J'Accuse… ! ». Il y dénonce l'erreur judiciaire et l'antisémitisme de l'armée.

En 1906, Dreyfus est finalement réhabilité et réintégré dans l'armée. L'affaire accélère la laïcisation de la France et la séparation de l'Église et de l'État. Elle montre que la République peut résister aux tentatives de déstabilisation, mais aussi que la démocratie reste fragile face à l'antisémitisme et au nationalisme.

Astuce. L'affaire Dreyfus est à l'origine du terme « intellectuel » dans son sens politique : des écrivains et artistes (Zola, Anatole France) s'engagent pour la première fois collectivement dans un débat de société.
À retenir
À retenir :
• La France connaît 7 régimes au XIXe siècle, oscillant entre monarchie, empire et république.
Napoléon Ier crée le Code civil (1804) ; Napoléon III modernise Paris et l'économie, mais perd face à la Prusse en 1870.
• La Commune de Paris (1871) est écrasée lors de la Semaine sanglante (21-28 mai).
• La IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870 et consolidée par les lois de 1875.
• Les lois Ferry (1881-1882) instaurent l'école gratuite, obligatoire et laïque.
• La loi de 1905 sépare l'Église et l'État : la France devient un État laïque.
• L'affaire Dreyfus (1894-1906) divise la France et renforce la laïcité républicaine.
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