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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

Thérèse Raquin est-il un roman sans morale ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Un roman « sans morale » serait un roman qui ne juge pas ses personnages, ou qui laisse le mal impuni. Le sujet joue sur les deux sens du mot : l’absence de leçon explicite et l’absence de sanction, qui ne coïncident pas nécessairement.

Problématique

L’absence de jugement énoncé signifie-t-elle que le roman ne dit rien du bien et du mal ?

Le plan en trois parties

I

Un roman qui ne juge pas

  1. Le meurtre est raconté sans un mot d’indignation : le narrateur décrit un paysage et des gestes, il ne qualifie rien.la scène du canot au crépuscule, chap. XI
  2. Aucun personnage ne représente la vertu : les honnêtes gens du jeudi sont une mécanique sans vie.les habitués perçus comme des pantins, chap. IV
  3. La société elle-même valide le crime en croyant honorer un mort : elle marie les meurtriers au nom de la fidélité.la fausse volonté prêtée à Camille, chap. XIX
TransitionNe pas juger n’est pas épargner ; le roman se dispense du commentaire parce que les faits suffisent.
II

Un roman pourtant impitoyable

  1. La punition est immédiate et totale : la nuit de noces, but de tout le crime, se change en dégoût.le refus de Thérèse, chap. XXI
  2. Le dénouement place les coupables l’un sur l’autre, sous le regard de la mère de leur victime : la mise en scène est celle d’un jugement.la scène finale, chap. XXXII
  3. Mme Raquin, seule instance de vérité, formule intérieurement l’accusation et la répète sans fin : le roman lui donne raison.l’idée fixe de la paralytique, chap. XXVI
TransitionSi la sanction est si complète, c’est peut-être que la morale a simplement changé d’énonciateur.
III

La morale est déplacée du côté du lecteur

  1. En refusant la leçon, Zola oblige le lecteur à la formuler lui-même : le jugement n’est pas supprimé, il est délégué.la comparaison avec le travail des chirurgiens, préface de 1868
  2. L’immoralité reprochée au livre venait de là : un roman qui ne condamne pas semble approuver.la défense des personnages sans libre arbitre, préface de 1868
  3. La scène de la table met en abyme ce transfert : l’accusation existe, elle est lisible, et il revient à celui qui lit de la compléter.la phrase interrompue sur la table, chap. XXVII
Ouverture

Flaubert, poursuivi pour Madame Bovary, plaidait que montrer n’est pas approuver : la neutralité du romancier est-elle jamais reçue comme telle ?

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