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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

Le dénouement de Thérèse Raquin est-il un châtiment ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Un châtiment est une peine infligée par une instance extérieure en réponse à une faute ; un suicide est en principe un acte libre. Le sujet demande comment qualifier une mort que les coupables se donnent, mais qu’ils ne semblent plus pouvoir éviter.

Problématique

La fin du roman relève-t-elle de la justice, de la fatalité, ou de la simple usure des corps ?

Le plan en trois parties

I

Le dénouement a toutes les formes du châtiment

  1. Le lieu et la posture sont ceux d’une exécution : les corps tombent ensemble sous les yeux de la mère de leur victime.la dernière page du roman, chap. XXXII
  2. La paralytique a réclamé cette mort pendant des chapitres : son idée fixe est exaucée à la lettre.la volonté muette de Mme Raquin, chap. XXVI
  3. Chacun avait préparé le poison pour l’autre : les meurtriers deviennent les bourreaux l’un de l’autre, ironie parfaite.la haine réciproque des derniers chapitres, chap. XXVIII
TransitionLa scène a le décor d’un tribunal, mais il faut chercher qui y siège.
II

Mais rien n’y vient d’une instance de justice

  1. Personne, dans le roman, n’a jamais rien vu : l’entourage est constitué d’aveugles volontaires.le jugement de Thérèse sur les habitués, chap. VII
  2. La destruction était déjà accomplie dans les corps : Thérèse avait détruit son enfant avant de se détruire.la grossesse supprimée, chap. XXX
  3. La seule accusation formulée dans le roman est restée inachevée, puis retournée en éloge par ceux qui l’ont lue.la phrase interrompue sur la table, chap. XXVII
TransitionFaute de juge, le roman invente une forme nouvelle : la nécessité tragique déduite des corps.
III

Une fin volontairement ambiguë : la tragédie sans dieux

  1. Le roman conserve la forme de la catastrophe tragique tout en lui retirant son fondement métaphysique.la comparaison du romancier et du chirurgien, préface de 1868
  2. Cette ambiguïté est le lieu même du parcours : l’anatomie décrit une fin nécessaire sans la nommer punition.l’étude des tempéraments annoncée, préface de 1868
  3. La fin répond exactement au moment où le crime avait procuré du plaisir : le roman referme un cycle physiologique, non un procès.la jouissance éprouvée après le meurtre, chap. XVI
Ouverture

Une fin qui ne punit pas mais qui détruit laisse-t-elle au lecteur autre chose que la terreur ?

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