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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

Le remords existe-t-il dans Thérèse Raquin ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Le remords est le retour douloureux de la conscience sur une faute reconnue comme telle ; il suppose donc un jugement moral intérieur. Zola affirme pourtant avoir écrit un roman sans âme : le sujet oppose cette déclaration à la souffrance visible des deux coupables.

Problématique

Ce que le roman met en scène est-il un remords, ou un désordre nerveux qui en prend l’apparence ?

Le plan en trois parties

I

Le texte refuse explicitement le remords

  1. La préface écarte la notion : sans libre arbitre, il n’y a pas de faute reconnue, donc pas de repentir possible.le programme de la préface de 1868
  2. Le roman décrit au contraire, après le meurtre, une période de satisfaction : le crime a rendu aux amants une forme de paix.l’apaisement qui suit le meurtre, chap. XVI
  3. Leur plainte ne porte jamais sur la victime mais sur leur propre repos : c’est une gêne, non une conscience.le mort qui occupe la place dans le lit, chap. XXII
TransitionCe que la préface refuse, le récit le réintroduit par la porte du corps.
II

Mais tout se passe comme s’il existait

  1. La plaie qui refuse de guérir joue le rôle exact d’une conscience : elle rappelle la faute au moment où l’on veut l’oublier.la morsure au cou de Laurent, chap. XI
  2. La main du peintre produit malgré lui le visage de sa victime : l’involontaire accuse mieux que la parole.les toiles de Laurent, chap. XXV
  3. Le corps de Thérèse refuse à son tour ce qu’il a engendré : elle expulse l’enfant comme on expulse une faute.la grossesse interrompue, chap. XXX
TransitionIl ne s’agit pas d’une incohérence, mais d’une trouvaille : le remords sans conscience est la forme naturaliste du châtiment.
III

L’invention du roman : un remords sans conscience

  1. Zola transfère au système nerveux une fonction morale : c’est le corps qui juge, faute d’âme pour le faire.les personnages dominés par leurs nerfs, préface de 1868
  2. Ce déplacement rend la punition plus totale : on peut faire taire une conscience, on ne fait pas taire un déséquilibre du sang.le rapport de forces entre les nerfs et le sang, chap. XXII
  3. L’objet de ce remords sans nom est pourtant précis : Laurent désigne lui-même, devant le cadavre, ce qu’il a produit.Laurent devant le corps exposé, chap. XIII
Ouverture

Si la punition n’a plus besoin de conscience, le roman peut-il encore être dit moral ?

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