Le huis clos désigne une situation où des personnages sont enfermés ensemble, sans échappatoire, et où la pression monte du seul fait de leur voisinage. Le sujet demande si cette forme, empruntée au théâtre, définit la construction du roman.
L’enfermement est-il le cadre du roman ou son principe de composition ?
Le plan en trois parties
Un espace romanesque réduit à quelques pièces
- Tout le roman tient dans un corridor étroit et sombre et dans les trois pièces qui s’y ouvrent.la description liminaire, chap. I
- Les personnages sont peu nombreux et toujours les mêmes : le cercle ne s’élargit jamais d’un seul visage.les invités du jeudi, chap. IV
- Même le mariage ne change rien : il enferme les amants dans la chambre même où ils ont conçu leur crime.la nuit de noces, chap. XXI
Les échappées ne sont que d’autres prisons
- La seule sortie à la campagne, unique bouffée d’air du livre, est le lieu du meurtre.la promenade au bord de la Seine, chap. XI
- La Morgue est une salle vitrée où l’on enferme les morts, et Laurent y retourne chaque matin comme on rentre chez soi.les visites quotidiennes, chap. XIII
- L’atelier, dernier refuge du peintre, devient la pièce la plus hantée de toutes.les toiles qui reproduisent le noyé, chap. XXV
Le vrai huis clos est celui du couple avec son mort
- Le troisième occupant de la chambre nuptiale est un cadavre : l’enfermement est d’abord mental.la place laissée entre les époux, chap. XXII
- La paralytique, muette et fixe, transforme la salle à manger en cellule où tout est vu et rien n’est dit.la scène de la table, chap. XXVII
- Enfermés ensemble, les deux époux n’ont plus d’autre occupation que de se détruire mutuellement.la haine conjugale, chap. XXVIII
Zola tirera de son roman une pièce de théâtre en 1873 : le huis clos n’était-il pas déjà, dans le livre, une forme dramatique en attente de scène ?