Le milieu réunit le lieu, la condition sociale, l’éducation et les habitudes ; l’hérédité, elle, précède la naissance. Le sujet demande si l’un des deux facteurs suffit à rendre compte des conduites que le roman met en scène.
Le roman explique-t-il ses personnages par leur milieu, ou par la rencontre d’un milieu et d’un sang ?
Le plan en trois parties
Un roman qui démontre la puissance du milieu
- Des années d’ombre et de silence produisent une femme sans désir apparent : le milieu a fabriqué cette apathie.la vie de Thérèse avant Laurent, chap. III
- Le lieu lui-même porte une virtualité criminelle que le roman désigne dès sa première page.le passage comparé à un coupe-gorge, chap. I
- La sociabilité du jeudi achève l’étouffement : une semaine s’y mesure à une partie de dominos.les soirées, chap. IV
Mais l’hérédité et le tempérament sont donnés avant le milieu
- Le sang de Thérèse est posé comme une donnée antérieure à toute éducation, et c’est lui qui explose.l’éveil des instincts, chap. VII
- Laurent apporte au passage un tempérament tout formé : paresse, appétits, goût du confort.le portrait de Laurent, chap. V
- Le corps de Thérèse porte une force que le milieu a contenue sans jamais la produire.sa description physique, chap. II
Milieu et tempérament ne s’additionnent pas : ils se révèlent l’un l’autre
- Le milieu n’invente pas le désir de Thérèse : il l’a comprimé, et la compression explique la brutalité de la détente.la première étreinte, chap. VI
- C’est la rencontre de deux tempéraments dans un lieu clos qui fait le roman : l’expérience exige les deux termes.l’étude des tempéraments annoncée, préface de 1868
- Le contraste physique des deux hommes rend cette rencontre décisive : un corps robuste entre dans un lieu peuplé de malades.la force de Laurent découverte par Thérèse, chap. V
Les Rougon-Macquart porteront en sous-titre « histoire naturelle et sociale » : Thérèse Raquin n’en constitue-t-il pas déjà le laboratoire ?