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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

Dans Thérèse Raquin, le désir conduit-il nécessairement au crime ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

La nécessité désigne ce qui ne peut pas ne pas arriver ; poser la question, c’est demander si le roman démontre un enchaînement ou raconte une suite de circonstances. Le parcours « anatomie des passions » suggère la première réponse, mais le récit ménage des seuils.

Problématique

Le crime est-il l’aboutissement mécanique du désir, ou le produit d’une rencontre entre un désir et des circonstances ?

Le plan en trois parties

I

Le roman construit un enchaînement qui paraît inévitable

  1. Des années d’étouffement ont accumulé en Thérèse une énergie qui ne peut se libérer que par une violence.la vie engourdie de Thérèse avant Laurent, chap. III
  2. L’idée du meurtre apparaît comme une conséquence naturelle du désir contrarié, glissée dans une phrase anodine.la remarque de Laurent sur les accidents, chap. IX
  3. Le tempérament de Laurent le prédispose à préférer la solution la plus courte : il veut des jouissances faciles et durables.le portrait de Laurent, chap. V
TransitionLe roman affirme une nécessité mais raconte des délibérations ; il faut prendre au sérieux cette contradiction.
II

Le récit ménage pourtant des délais, des hésitations et des occasions

  1. Le crime exige un lieu, un jour, une barque et un soir : la contingence est nécessaire à son accomplissement.la promenade du dimanche et le crépuscule, chap. XI
  2. Après le meurtre, il faut encore une longue construction sociale pour parvenir au mariage : le crime ne suffit pas, il faut le faire accepter.le récit mensonger de Laurent, chap. XIX
  3. Les amants calculent l’aveuglement de leur entourage et s’en servent : ils agissent en stratèges, non en automates.Thérèse jugeant les habitués incapables de voir, chap. VII
TransitionSi la nécessité n’est pas dans les corps seuls, c’est qu’elle est dans le monde qui les enferme.
III

La nécessité est moins physiologique que sociale

  1. C’est l’enfermement derrière une vitrine, l’absence d’avenir et le mariage subi qui rendent le crime pensable.la silhouette de Thérèse dans la boutique, chap. I
  2. Le lieu lui-même a déjà la forme du crime : le roman s’ouvre sur un décor de guet-apens.le passage devenu coupe-gorge, chap. I
  3. La société du jeudi, avec sa mécanique sans vie, fabrique l’asphyxie dont le meurtre sera l’issue.les soirées vécues comme un caveau, chap. IV
Ouverture

Faire du milieu la cause du crime, n’est-ce pas déjà, chez Zola, poser la question politique que Germinal rendra explicite ?

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