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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

Le corps est-il le véritable personnage principal de Thérèse Raquin ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Un personnage principal est celui dont le devenir organise l’intrigue et retient l’attention du lecteur ; le corps, lui, est d’ordinaire un attribut du personnage. Le sujet propose donc un renversement : et si, dans ce roman, les corps agissaient à la place des êtres ?

Problématique

Le corps est-il l’objet du roman, ou en est-il le sujet agissant ?

Le plan en trois parties

I

Des corps qui désirent

  1. La rencontre est d’abord une rencontre de chairs : ce que Thérèse examine chez Laurent, ce sont des poings, une nuque, une masse.l’examen du corps de Laurent, chap. V
  2. L’étreinte se passe entièrement de langage : deux organismes se répondent sans qu’un mot soit prononcé.la fin du chapitre VI
  3. Les appétits de Laurent sont donnés comme des faits de constitution : ils précèdent toute décision et les commandent toutes.le portrait de Laurent, chap. V
TransitionLe corps qui a joui devient le corps qui se souvient ; il ne change pas de nature, il change de fonction.
II

Des corps qui accusent

  1. Le cadavre exposé devient une preuve que Laurent ne peut cesser de contempler : le corps mort poursuit mieux que la police.Laurent devant le corps de Camille, chap. XIII
  2. La plaie laissée par la victime est une signature inscrite dans la chair : le corps porte l’aveu que la bouche ne fera jamais.la morsure reçue dans le canot, chap. XI
  3. Le corps de Thérèse finit par se retourner contre elle-même : elle refuse l’enfant qu’elle porte et le chasse par la violence.la grossesse interrompue, chap. XXX
TransitionReste une figure où le corps, entièrement immobilisé, atteint paradoxalement la plus haute puissance de signification.
III

Un corps qui devient parole : Mme Raquin

  1. Le désir lui-même devient impossible : le corps qui avait tué pour jouir se refuse à la jouissance.le mouvement de dégoût de Thérèse, chap. XXI
  2. Privée de mouvement et de voix, la paralytique n’est plus qu’un corps ; c’est pourtant par ce corps qu’advient la seule tentative de justice.la main qui trace l’accusation sur la table, chap. XXVII
  3. Son cerveau réduit à une idée unique montre le dernier état du corps zolien : une machine qui ne produit plus qu’une phrase.l’idée fixe de Mme Raquin, chap. XXVI
Ouverture

Si le corps peut ainsi porter tout le sens d’un roman, que reste-t-il, dans le récit naturaliste, du personnage au sens classique ?

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