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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

La passion est-elle, dans Thérèse Raquin, une maladie ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

La maladie suppose un organisme, un agent perturbateur, des symptômes, et parfois une guérison ou une mort ; la passion, dans la tradition littéraire, est plutôt un destin ou une faute. Le sujet demande si le modèle médical rend vraiment compte de ce que vivent Thérèse et Laurent.

Problématique

Le modèle de la maladie épuise-t-il ce que le roman appelle passion ?

Le plan en trois parties

I

Tout est dit en langue médicale

  1. Le corps de Thérèse est décrit comme une énergie contenue, une force en attente : la crise à venir est déjà inscrite dans sa constitution.la description physique de Thérèse, chap. II
  2. Les années de boutique sont un temps d’atonie, une léthargie dont le désir sera le réveil brutal.l’existence engourdie de Thérèse, chap. III
  3. Après le meurtre, le roman décrit un apaisement comparable à une rémission : les fièvres de la chair se taisent un temps.le calme des amants après le crime, chap. XVI
TransitionNommer la maladie ne dit pas encore d’où elle vient ; or le roman prend soin d’en désigner le foyer.
II

Mais la maladie a des causes sociales que le roman n’oublie jamais

  1. Les soirées du jeudi, avec leur médiocrité immuable, sont vécues par Thérèse comme un ensevelissement : le mal commence là.l’hallucination du caveau pendant les soirées, chap. IV
  2. Le crime a un mobile économique explicite : Laurent calcule le profit d’un mariage avant d’imaginer un meurtre.le raisonnement d’économie de Laurent, chap. VI
  3. Le remariage est rendu possible par le mensonge social que Laurent construit : la maladie prospère grâce aux convenances.la fausse dernière volonté attribuée à Camille, chap. XIX
TransitionMaladie physiologique et maladie sociale se rejoignent dans une même nécessité, qui donne au roman sa grandeur tragique.
III

La maladie est la forme moderne de la fatalité tragique

  1. Ce que la tragédie nommait destin, le roman le nomme tempérament : l’issue est également inévitable, mais elle n’a plus de dieux.le programme de la préface de 1868
  2. Le dénouement a la forme d’une crise terminale plutôt que d’un châtiment : les organismes cèdent ensemble.la mort simultanée des époux, chap. XXXII
  3. Entre les deux, la haine croît comme un mal chronique, par aggravations successives et sans rémission possible.la montée lente de la haine conjugale, chap. XXVIII
Ouverture

Si la passion est une maladie, le roman peut-il encore émouvoir, ou ne fait-il plus que constater ?

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