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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

La lecture de Thérèse Raquin n’offre-t-elle au lecteur que le dégoût ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Le dégoût est une répulsion physique devant ce qui est perçu comme sale ou corrompu ; il s’oppose au plaisir que l’on attend d’une œuvre. Le sujet reprend l’accusation portée contre le roman en 1868, qu’un critique avait qualifié de « littérature putride ».

Problématique

Le roman ne produit-il que de la répulsion, ou le dégoût y est-il le moyen d’un autre effet ?

Le plan en trois parties

I

Le roman organise méthodiquement le dégoût

  1. Les lieux sont saisis par leur saleté et leur menace : le décor initial tient du cloaque autant que du coupe-gorge.le passage, chap. I
  2. Le cadavre est montré dans son état, et le meurtrier lui-même le désigne comme repoussant.Laurent devant le corps, chap. XIII
  3. Le corps de Thérèse subit à son tour une violence que le roman ne nous épargne pas.la grossesse interrompue, chap. XXX
TransitionLe dégoût est trop systématique pour être gratuit : il faut chercher ce qu’il sert.
II

Mais le dégoût est un instrument de connaissance

  1. Il faut avoir vu le corps mort pour comprendre le corps vivant : c’est le postulat même de l’anatomie.la comparaison avec le travail des chirurgiens, préface de 1868
  2. Le dégoût arrache le lecteur à l’illusion romanesque de la passion en lui montrant une étreinte sans un mot d’amour.la fin du chapitre VI
  3. Il produit une pensée du corps que le roman psychologique, par délicatesse, s’interdisait.la définition des personnages, préface de 1868
TransitionInstrument de connaissance, il n’exclut pas pour autant les émotions les plus classiques de la fiction.
III

D’autres plaisirs de lecture, plus anciens et plus puissants

  1. Le roman fonctionne comme un récit criminel : le lecteur suit une jouissance coupable et en attend la sanction.l’apaisement des amants après le crime, chap. XVI
  2. Il ménage un suspense social : tout le milieu du roman pourrait découvrir la vérité, et ne la découvre jamais.le mensonge accepté par l’entourage, chap. XIX
  3. Il offre enfin le plaisir du spectacle : un lieu public où l’on vient regarder ce qu’il est interdit de regarder.la Morgue ouverte à tous, chap. XIII
Ouverture

Baudelaire écrivait quelques années plus tôt des poèmes de la charogne : le laid est-il devenu, au XIXe siècle, la condition d’un art vrai ?

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