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1ʳᵉ · Français · Thérèse Raquin, Zola

La description a-t-elle, dans Thérèse Raquin, une autre fonction que de faire voir ?

Sujet de dissertation — Thérèse Raquin, Zola, 1ère

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Analyse des termes

Décrire, c’est donner à voir un lieu, un objet, un visage ; mais la description romanesque peut aussi expliquer, symboliser ou faire sentir. Le sujet invite à mesurer ce que les longues pages descriptives de Zola font, au-delà du tableau réaliste.

Problématique

La description zolienne se contente-t-elle de représenter le réel, ou est-elle l’instrument même de la démonstration romanesque ?

Le plan en trois parties

I

Une description d’abord documentaire

  1. L’ouverture du roman est un relevé topographique : on situe le passage dans Paris, on en donne l’orientation, les dimensions, le vitrage.l’incipit et la localisation du passage, chap. I
  2. La devanture de la mercerie est décrite avec ses marchandises et sa lumière : le commerce est saisi dans son usure quotidienne.la boutique et la silhouette qu’on y aperçoit, chap. I
  3. Les pages sur la Morgue relèvent du reportage : Zola décrit une institution que les Parisiens visitaient réellement.la Morgue ouverte à tous les passants, chap. XIII
TransitionLe document ne reste jamais inerte chez Zola, il devient immédiatement cause.
II

Une description qui explique les personnages

  1. Le lieu est un milieu au sens médical : l’ombre humide et le silence de la boutique produisent l’engourdissement de Thérèse.Thérèse dans l’ombre de la mercerie, chap. III
  2. Décrire le corps de Thérèse, c’est déjà annoncer ce qui en sortira : la description contient le récit à venir.les muscles et la souplesse de Thérèse, chap. II
  3. Décrire Laurent, c’est déjà désigner l’instrument du meurtre : sa force est posée avant d’être employée.la nuque et les poings de Laurent, chap. V
TransitionLa description explicative suppose un observateur extérieur ; or le roman finit par confier le regard à des yeux malades.
III

Une description qui bascule du côté de l’hallucination

  1. Au moment du crime, le paysage cesse d’être observé pour devenir menaçant : le soir tombe comme une étoffe funèbre sur la scène.le crépuscule d’automne sur la Seine, chap. XI
  2. Après le crime, c’est le regard détraqué de Laurent qui décrit : ses toiles lui renvoient un visage qu’il n’a pas voulu peindre.les portraits qui reproduisent le noyé, chap. XXV
  3. Le décor lui-même finit par accuser : le passage n’est plus un lieu mais une menace, un guet-apens permanent.le passage devenu sinistre, chap. I
Ouverture

Si la description peut ainsi passer du document à l’hallucination, la frontière que le naturalisme trace entre observer et imaginer tient-elle encore ?

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