Le roman accueille sorcières, métamorphoses et savoirs occultes sans les présenter comme des croyances. Le merveilleux y est donné comme un fait du monde, ce qui interroge le régime de vérité du récit.
Le merveilleux est-il dans le roman un ornement culturel, ou le moyen d’exprimer ce que le langage ordinaire ne parvient pas à dire ?
Le plan en trois parties
Un merveilleux donné comme une évidence
- L’apprentissage des plantes et de leurs usages se fait sans marque d’étonnement : le savoir occulte est enseigné comme une technique.Deuxième partie, les visites à Man Cia et l’apprentissage des plantes
- La vieille femme qui abandonne la forme humaine n’est ni discutée ni expliquée : le récit l’enregistre au même titre qu’un décès.Deuxième partie, la métamorphose de Man Cia
- Le pont qui donne accès au village fonctionne comme un seuil de conte : le franchir change le monde que l’on habite.Première partie, la marche vers Fond-Zombi et le franchissement du pont
Un merveilleux qui sert à dire l’Histoire
- Le récit du temps des maîtres passe par une figure sorcière : le merveilleux est ici le véhicule d’une mémoire que rien d’autre ne porte.Deuxième partie, l’évocation du temps des maîtres par Man Cia
- Les images de pluie et de vent donnent aux malheurs une dimension cosmique qui les hausse au-dessus de l’anecdote.Le titre et le réseau d’images de pluie et de vent
- L’agonie d’un homme que le village dit maudit montre combien le merveilleux organise aussi la vie sociale et ses exclusions.Deuxième partie, l’agonie de Médard et l’abandon du village
Un merveilleux qui fonde la nomination et la transmission
- Le surnom de la grand-mère, décerné après un relèvement tenu pour extraordinaire, tient du sacre autant que du sobriquet.Première partie, l’attribution du surnom de Reine Sans Nom
- Le mot de miracle accolé au nom de la narratrice transforme une endurance ordinaire en prodige reconnu par le village.Deuxième partie, le surnom donné par le village
- Transmettre à une enfant les gestes et les paroles reçus prolonge la chaîne des savoirs occultes comme une éducation banale.Deuxième partie, l’éducation de la petite Sonore
Le merveilleux est-il une croyance, ou une manière de rendre pensable ce qui a été vécu ?