Simone Schwarz-Bart, 1972 — parcours « tisser les mémoires, habiter le monde »
À propos de cette page
Ce lexique sur « Pluie et vent sur Télumée Miracle » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : L’autrice et le moment : la Guadeloupe de 1972, La genèse : d’une œuvre à quatre mains à une voix de femme, L’architecture : la lignée, puis la vie, La lignée et le village : les personnages. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.
Récit de vie
Récit rétrospectif, à la première personne, par lequel un narrateur raconte l’ensemble de son existence, en sélectionnant les épisodes qui l’ont formé.
Synonymes
autobiographie fictive — insiste sur le pacte : ici le narrateur est un personnage inventé, non l’autrice.
roman de formation — convient à la seconde partie, mais le genre allemand suppose une intégration à la société que le roman ne propose pas.
Antonymes
chronique — la chronique enregistre les faits d’une communauté sans point de vue formateur.
récit d’aventures — l’aventure vise l’exploit ; le récit de vie vise le sens d’une existence.
À ne pas confondre
témoignage — le témoignage engage la vérité d’un fait ; le récit de vie construit une figure.
mémoires — les mémoires racontent une époque à travers un individu, ici l’individu est raconté à travers une lignée.
Selon l'époque et le point de vue — La forme s’impose au XXe siècle dans les littératures postcoloniales : faute d’archives, le récit de vie devient le moyen de faire entrer dans la littérature des existences que l’Histoire n’a pas enregistrées.
Ce que le mot permet d'écrire — À employer pour justifier la construction du roman. Faute à éviter : parler d'« autobiographie » de Simone Schwarz-Bart, ce qui confond l’autrice et sa narratrice.
Narration rétrospective
Dispositif dans lequel le narrateur raconte après coup, depuis un présent d’énonciation qui connaît déjà l’issue des événements rapportés.
Synonymes
récit ultérieur — terme technique, neutre, utile pour nommer le dispositif sans l’interpréter.
Antonymes
narration simultanée — le récit au présent supprime l’écart entre celui qui vit et celui qui raconte.
À ne pas confondre
analepse — l’analepse est un retour en arrière ponctuel ; la rétrospection est le régime général du récit.
point de vue interne — la focalisation dit qui voit, la rétrospection dit quand on raconte.
Selon l'époque et le point de vue — Hérité du récit de vie classique, le procédé prend ici une valeur particulière : la voix âgée qui ouvre le livre transforme chaque malheur à venir en épreuve déjà surmontée.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer la sérénité du ton dans les pires épisodes. Faute à éviter : y voir de l’indifférence ou un défaut d’émotion.
Oralité
Ensemble des traits qui, dans un texte écrit, imitent la parole vive : adresse au destinataire, reprises, rythme du souffle, formules toutes faites, digressions.
Synonymes
style parlé — plus général, ne suppose pas de tradition orale constituée.
oraliture — terme forgé aux Antilles pour désigner une littérature orale à part entière, avec ses formes et ses auteurs.
Antonymes
style écrit soutenu — période construite, subordination, effacement de l’énonciateur.
À ne pas confondre
niveau de langue familier — l’oralité est une esthétique, le registre familier un simple degré de tenue.
discours direct — le discours direct rapporte une parole ; l’oralité affecte la narration elle-même.
Selon l'époque et le point de vue — Aux Antilles, la littérature orale (contes, veillées, chants de travail) a longtemps été le seul lieu de transmission autorisé. L’écrire, à partir des années 1970, revient à faire entrer dans le livre une culture que le livre avait exclue.
Ce que le mot permet d'écrire — À nommer dès qu’on décrit le style du roman. Faute à éviter : dire que l’autrice « écrit comme on parle », ce qui efface le travail de composition.
Proverbe
Formule brève, imagée et anonyme, qui énonce une règle de conduite ou une vérité d’expérience présentée comme partagée par toute une communauté.
Synonymes
sentence — la sentence a un auteur et une visée morale explicite.
dicton — le dicton est souvent lié au temps, aux saisons ou aux travaux.
Antonymes
réflexion personnelle — elle n’engage que celui qui la formule.
À ne pas confondre
maxime — la maxime, à la La Rochefoucauld, est écrite, signée, et souvent paradoxale.
cliché — le cliché est une expression usée ; le proverbe est un savoir condensé, reconnu comme tel.
Selon l'époque et le point de vue — Le proverbe créole, souvent bâti sur une image animale ou végétale, porte une sagesse de survie née de la plantation : il enseigne l’endurance, la prudence et la méfiance.
Ce que le mot permet d'écrire — Montrer que le proverbe enchâssé fait passer une mémoire collective dans une conscience individuelle. Faute à éviter : le traiter comme une simple « couleur locale ».
Conte créole
Récit traditionnel transmis oralement lors des veillées, mettant en scène des figures rusées ou merveilleuses, et enseignant à détourner la force par l’intelligence.
Synonymes
récit de veillée — insiste sur la situation de parole, nocturne et collective.
Antonymes
récit réaliste — il refuse le merveilleux et prétend à la vraisemblance.
À ne pas confondre
mythe — le mythe fonde une origine ; le conte enseigne une tactique de survie.
légende — la légende s’attache à un lieu ou à un personnage réputé réel.
Selon l'époque et le point de vue — Sous l’esclavage, le conte était l’une des rares paroles tolérées : il a servi de conservatoire de la mémoire et d’école de la ruse. Les écrivains antillais du XXe siècle en ont fait la matrice de leurs romans.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour analyser les récits que les anciens font aux enfants. Faute à éviter : confondre le conte inséré avec un ornement narratif sans fonction.
Créolisation
Processus par lequel des langues et des cultures mises en contact par la colonisation produisent une forme nouvelle, irréductible à ses composantes.
Synonymes
métissage culturel — plus vague, il suggère un mélange proportionné, alors que la créolisation est imprévisible.
Antonymes
purisme — défense d’une langue supposée pure de tout emprunt.
assimilation — elle vise l’effacement de l’une des cultures au profit de l’autre.
À ne pas confondre
créole — le créole est une langue ; la créolisation est un processus qui dépasse la langue.
francophonie — notion institutionnelle et géographique, sans portée stylistique.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est théorisé par Édouard Glissant, puis revendiqué par les auteurs de la créolité à la fin des années 1980, qui voient dans le roman de Schwarz-Bart un précurseur.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de décrire le français du roman : une langue traversée par une autre. Faute à éviter : dire que le roman « est écrit en créole », ce qui est faux.
Lignée
Suite des générations reliant un individu à ses ascendants, envisagée comme un héritage de noms, de gestes et de conduites autant que de sang.
Synonymes
filiation — terme plus juridique, centré sur le lien parent-enfant.
généalogie — désigne la reconstitution, savante ou orale, de cette suite.
Antonymes
déracinement — état de celui qui ne peut plus se relier à une ascendance.
À ne pas confondre
famille — la famille est un groupe contemporain ; la lignée traverse le temps.
hérédité — l’hérédité est biologique et subie, la lignée se transmet par la parole.
Selon l'époque et le point de vue — L’esclavage a détruit les généalogies : noms effacés, familles séparées, paternités niées. Reconstituer une lignée est donc, dans la littérature antillaise, un acte de réparation.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à justifier la première partie du roman. Faute à éviter : réduire la lignée à un « arbre généalogique » anecdotique.
Matrifocalité
Organisation familiale dans laquelle la mère, ou la grand-mère, constitue le centre stable du foyer, les hommes y occupant une place plus mobile.
Synonymes
famille matricentrée — formulation descriptive, sans connotation militante.
Antonymes
patriarcat domestique — modèle où l’autorité et la transmission passent par le père.
À ne pas confondre
matriarcat — le matriarcat suppose un pouvoir politique des femmes, ce qui n’est pas le cas ici.
féminisme — la matrifocalité est un fait social hérité, non une revendication.
Selon l'époque et le point de vue — Les sciences sociales de la Caraïbe ont décrit cette structure comme un effet durable de la plantation, qui empêchait la constitution de familles stables et niait la paternité des hommes réduits en esclavage.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer la charpente féminine du roman. Faute à éviter : en tirer une thèse sur la supériorité morale des femmes, que le texte ne soutient pas.
Mémoire collective
Ensemble des souvenirs qu’un groupe conserve et transmet, par la parole, les gestes, les lieux et les rites, et qui fonde son identité.
Synonymes
mémoire partagée — insiste sur la circulation des souvenirs plus que sur leur conservation.
Antonymes
oubli — peut être subi, ou organisé par le pouvoir.
amnésie officielle — effacement d’un passé par les institutions qui écrivent l’histoire.
À ne pas confondre
Histoire — l’Histoire est une discipline critique, datée et documentée ; la mémoire est vécue, affective et sélective.
tradition — la tradition transmet des pratiques, la mémoire transmet des événements.
Selon l'époque et le point de vue — La notion, venue de Maurice Halbwachs, est devenue centrale dans les littératures de l’esclavage et de la déportation, là où les archives manquent ou ont été écrites par les vainqueurs.
Ce que le mot permet d'écrire — Terme central du parcours : le pluriel « les mémoires » suppose qu’on en distingue plusieurs. Faute à éviter : employer « mémoire » et « histoire » comme synonymes.
Habitation
Aux Antilles, nom du domaine agricole esclavagiste, maison de maître et terres comprises ; par extension, la structure sociale et spatiale héritée de ce domaine.
Synonymes
plantation — terme plus courant et plus économique, moins marqué par l’usage local.
Antonymes
jardin créole — petite parcelle vivrière cultivée pour soi, contre-modèle de l’habitation.
À ne pas confondre
habitat — l’habitat désigne un mode de logement, sans histoire coloniale.
propriété — la propriété est un droit ; l’habitation est un système de domination.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est un piège pour le lecteur hexagonal : il paraît neutre alors qu’il nomme le lieu de l’esclavage. Le verbe « habiter » du parcours joue précisément sur cette mémoire du mot.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de montrer que le sol est d’abord un héritage de dépossession. Faute à éviter : lire « habiter le monde » comme un simple synonyme de « vivre quelque part ».
Marronnage
Fuite d’un esclave hors de l’habitation, et par extension toute conduite de retrait par laquelle on se soustrait à une domination sans l’affronter de face.
Synonymes
fuite — neutre, sans la dimension politique du marronnage.
dérobade — péjoratif ; le marronnage, lui, est une résistance.
Antonymes
soumission — acceptation de la place assignée.
révolte ouverte — affrontement direct, que le marronnage précisément évite.
À ne pas confondre
exil — l’exil éloigne du pays, le marron reste dans l’île, dans les hauteurs.
résignation — le marron ne renonce pas, il choisit un autre terrain.
Selon l'époque et le point de vue — Figure majeure de l’imaginaire antillais depuis les récits de la période esclavagiste, le marron est devenu au XXe siècle un modèle de résistance culturelle, notamment chez Glissant.
Ce que le mot permet d'écrire — Éclaire les retraits de Télumée : le silence et le repli sont des tactiques. Faute à éviter : appliquer le mot à toute forme de tristesse.
Béké
Aux Antilles françaises, descendant des colons blancs propriétaires, formant une caste économiquement dominante et socialement fermée.
Synonymes
planteur créole — formulation historique, centrée sur l’activité agricole.
Antonymes
travailleur des champs — l’autre pôle du rapport social hérité de la plantation.
À ne pas confondre
métropolitain — le béké est né aux Antilles ; il n’est pas un Français de passage.
colon — le colon est le premier occupant, le béké son descendant après l’abolition.
Selon l'époque et le point de vue — Après 1848, l’abolition change le droit sans redistribuer la terre : les békés conservent la propriété, les affranchis n’obtiennent qu’un salaire. Le roman montre ce que cette continuité produit dans les gestes quotidiens.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour analyser les scènes de service. Faute à éviter : parler de « maîtres » au sens de l’esclavage pour une scène postérieure à l’abolition.
Morne
Aux Antilles, colline ou petite montagne aux pentes raides, souvent couverte de végétation, où se sont installées les populations pauvres après l’abolition.
Synonymes
hauteur — neutre, sans la charge sociale du mot antillais.
Antonymes
plaine — terre riche, plantée en canne, propriété des grands domaines.
À ne pas confondre
paysage — le morne n’est pas un décor mais une position sociale : on habite en haut ce qu’on ne possède pas en bas.
montagne — le morne est modeste, habité, cultivé.
Selon l'époque et le point de vue — La géographie antillaise est lisible comme une archive : la plaine aux békés, les mornes aux affranchis. Les noms de lieux du roman, L’Abandonnée, Fond-Zombi, La Folie, prolongent cette lecture.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet de faire des lieux un argument. Faute à éviter : commenter les descriptions comme de simples paysages pittoresques.
Sobriquet
Nom donné par autrui, qui remplace ou double le nom officiel et fixe une réputation, une qualité ou une histoire.
Synonymes
surnom — plus neutre, il n’implique pas toujours le jugement d’une communauté.
Antonymes
état civil — nom imposé par l’administration, hérité pour beaucoup de la période esclavagiste.
À ne pas confondre
pseudonyme — le pseudonyme est choisi par soi ; le sobriquet est décerné par les autres.
titre — le titre relève d’une institution, le sobriquet d’une opinion collective.
Selon l'époque et le point de vue — Dans une société où les noms de famille ont été attribués par les registres après l’abolition, le surnom villageois redevient le vrai nom : il dit ce qu’une personne a traversé.
Ce que le mot permet d'écrire — Centre de l’analyse pour Reine Sans Nom et pour Télumée Miracle. Faute à éviter : traiter ces appellations comme de simples marques d’affection.
Réalisme merveilleux
Régime de récit dans lequel des faits surnaturels sont rapportés sans étonnement, comme partie intégrante de la réalité quotidienne décrite.
Synonymes
réalisme magique — terme venu de la critique latino-américaine, appliqué à Garcia Marquez notamment.
Antonymes
fantastique — le fantastique repose sur l’hésitation et l’effroi ; ici, rien n’inquiète le narrateur.
À ne pas confondre
merveilleux — le merveilleux du conte affiche sa convention ; le réalisme merveilleux se donne comme vrai.
superstition — la superstition est une croyance jugée de l’extérieur ; le texte, lui, adopte le point de vue interne.
Selon l'époque et le point de vue — Formulé par l’écrivain haïtien Jacques Stephen Alexis au milieu du XXe siècle, le terme désigne une esthétique caribéenne où le surnaturel conserve une mémoire que l’histoire officielle a effacée.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour analyser Man Cia. Faute à éviter : parler de « fantastique », ce qui est un contresens technique.
Antillanité
Revendication d’une identité proprement caribéenne, fondée sur l’histoire commune de l’archipel plutôt que sur un retour aux origines africaines.
Synonymes
créolité — mouvement plus tardif et plus militant, qui insiste sur la langue créole.
Antonymes
assimilationnisme — position qui fait de la métropole le seul modèle culturel.
À ne pas confondre
négritude — la négritude, avec Césaire, fonde l’identité sur l’Afrique et la couleur ; l’antillanité, avec Glissant, sur le lieu et la relation.
exotisme — l’exotisme est un regard extérieur porté sur les Antilles.
Selon l'époque et le point de vue — Édouard Glissant développe la notion à partir des années 1960, puis l’élargit en poétique de la Relation ; les auteurs de l’Éloge de la créolité la prolongent en 1989.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à situer le roman dans un débat, en ouverture ou en troisième partie. Faute à éviter : faire de Schwarz-Bart une militante de la négritude, ce qu’elle n’est pas.
Métaphore filée
Métaphore prolongée sur plusieurs phrases ou plusieurs pages, dont les termes se répondent et construisent un réseau d’images cohérent.
Synonymes
réseau d’images — formulation plus souple, utile quand la métaphore n’est pas continue.
isotopie — terme technique : ensemble de mots relevant d’un même champ de sens.
Antonymes
comparaison isolée — figure ponctuelle, sans prolongement.
À ne pas confondre
allégorie — l’allégorie représente une idée abstraite par une figure entière et codée.
symbole — le symbole est un objet chargé de sens, non un transfert de vocabulaire.
Selon l'époque et le point de vue — Le roman file l’image végétale d’un bout à l’autre : l’existence y est plante, arbre, feuille, racine, ce qui inscrit l’humain dans un sol et prépare la scène finale du jardin.
Ce que le mot permet d'écrire — Procédé à nommer au lieu d’écrire « c’est très imagé ». Faute à éviter : relever une image isolée et parler de métaphore filée.
Ellipse
Omission volontaire d’une portion de temps ou d’événements dans un récit, qui accélère la narration et hiérarchise les épisodes.
Synonymes
saut temporel — descriptif, sans la valeur rhétorique du terme d’analyse.
Antonymes
scène — moment où le temps du récit coïncide à peu près avec le temps raconté.
pause descriptive — le récit s’arrête pour décrire.
À ne pas confondre
sommaire — le sommaire résume en quelques lignes ; l’ellipse ne dit rien du tout.
silence du personnage — l’un est un fait de narration, l’autre un fait de dialogue.
Selon l'époque et le point de vue — Dans un récit de vie couvrant plusieurs générations, l’ellipse est la règle : elle produit l’effet d’une existence vue de loin, réduite à ce qui a fait quelqu’un.
Ce que le mot permet d'écrire — Permet d’analyser le rythme du roman. Faute à éviter : reprocher au texte de « passer trop vite » sur un épisode, au lieu d’interpréter ce choix.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Mémoire / Histoire
L’Histoire est datée, documentée, extérieure ; la mémoire est vécue, transmise, sélective, portée par des voix et des lieux.
Ce qu'il débloque — Sert à montrer que le roman ne raconte pas l’esclavage mais en conserve la trace dans les gestes, les noms et les terres.
Exemple — Sur le sujet « Ce roman est-il un roman de l’Histoire ? », il permet de refuser l’alternative et de montrer que le livre invente une autre voie d’accès au passé.
Oralité / écriture
La parole vive se transmet dans la communauté et disparaît avec ses locuteurs ; l’écrit conserve mais fige et trahit le rythme.
Ce qu'il débloque — Sert à analyser la créolisation du français comme une tentative de faire tenir l’une dans l’autre.
Exemple — Sur le sujet « Le roman fait-il entendre une voix ? », il fournit la tension centrale : une voix orale ne devient audible qu’en acceptant l’écrit.
Subir / habiter
Subir un lieu, c’est occuper la place qu’un héritage social vous assigne ; l’habiter, c’est le transformer en lieu à soi, par le travail et la parole.
Ce qu'il débloque — Cœur du second terme du parcours ; permet de construire une progression de plan sur toute la trajectoire de Télumée.
Exemple — Sur le sujet « Peut-on habiter un lieu dont on a hérité la violence ? », il donne directement l’articulation des deux premières parties.
Nommer / être nommé
Le nom officiel est reçu d’une administration ; le surnom est décerné par la communauté et enregistre ce qu’une vie a traversé.
Ce qu'il débloque — Sert à analyser Reine Sans Nom et Télumée Miracle comme des actes collectifs de reconnaissance, et non comme des ornements.
Exemple — Sur le sujet « Que vaut un nom dans ce roman ? », il permet d’éviter le catalogue et de bâtir un plan en trois temps.
Individu / lignée
Le sujet moderne se veut commencement de lui-même ; le roman montre un individu rendu possible par celles qui l’ont précédé.
Ce qu'il débloque — Justifie l’architecture en deux parties et permet de discuter l’idée d’héritage sans tomber dans le déterminisme.
Exemple — Sur le sujet « Télumée est-elle l’héroïne de son propre récit ? », il fonde une première partie et sa nuance.
Malheur / bonheur
Le roman alterne les deux sans les hiérarchiser : les années heureuses y ont autant de réalité que les catastrophes, et se succèdent par cycles.
Ce qu'il débloque — Permet de contester les lectures misérabilistes et d’analyser le titre : la pluie et le vent passent, le nom demeure.
Exemple — Sur le sujet « Ce roman est-il un roman de la souffrance ? », il fournit l’antithèse solide attendue en deuxième partie.
Enracinement / relation
S’enraciner, c’est appartenir à un sol ; entrer en relation, c’est se lier à d’autres lieux et d’autres histoires sans se dissoudre.
Ce qu'il débloque — Sert à discuter la clôture apparente du village et à introduire la question du monde dans le parcours.
Exemple — Sur le sujet « Habiter le monde, est-ce se replier sur son île ? », il ouvre la troisième partie sans plaquer Glissant.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.