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1ʳᵉ · Français · Pluie et vent sur Télumée Miracle

Le personnage de Télumée n’est-il, dans le roman de Simone Schwarz-Bart, qu’une victime ?

Sujet de dissertation — Pluie et vent sur Télumée Miracle, 1ère

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Analyse des termes

Télumée subit la domination coloniale, la misère et la violence conjugale, ce qui autorise à la lire comme une victime exemplaire. Mais le récit lui prête des refus, des choix de lieu et des décisions que nul ne lui impose.

Problématique

Le roman fait-il de Télumée le réceptacle des violences de son monde, ou le sujet qui, dans les marges laissées, décide de sa conduite ?

Le plan en trois parties

I

Tout dans le roman semble faire d’elle une victime

  1. Le discours que lui tient la maîtresse de la grande maison lui assigne une place et une valeur : elle entre dans le monde social comme objet d’un jugement.Deuxième partie, l’accueil chez les Desaragne et le discours de la maîtresse
  2. Les paroles blessantes devant témoins puis les coups l’abaissent méthodiquement : la violence conjugale prolonge en privé la domination subie ailleurs.Deuxième partie, les humiliations publiques et la rupture avec Elie
  3. L’immobilité prolongée qui suit la rupture, l’indifférence au corps et à la nourriture, donnent l’image d’une femme réduite à l’état de chose.Deuxième partie, l’effondrement de Télumée après la rupture
TransitionCette lecture victimaire néglige que le roman, à chaque épreuve, consigne aussi une réponse, verbale ou pratique.
II

Pourtant le roman lui prête des actes, non des plaintes

  1. Le refus opposé au maître de maison est un acte de sujet : elle dément par sa réponse le scénario qu’il croyait déjà écrit.Deuxième partie, le refus opposé à monsieur Desaragne
  2. L’embauche dans la canne est une décision : accepter la douleur des gestes et la paye dérisoire, c’est choisir de gagner sa vie plutôt que de la subir.Deuxième partie, les journées de coupe de la canne
  3. Se rendre auprès d’un agonisant que le village délaisse ne lui est demandé par personne : c’est une initiative morale, à contre-courant du groupe.Deuxième partie, l’agonie de Médard accompagnée par Télumée
TransitionCes actes isolés finissent par composer une position sociale, celle d’une femme que le village consulte.
III

La fin la place en position de recours pour les autres

  1. Choisir le lieu, bâtir la case et ouvrir le jardin : l’installation à La Folie est la preuve qu’elle dispose encore d’un pouvoir sur son existence.Deuxième partie, l’installation à La Folie
  2. Les malades qu’elle soigne et les femmes qui viennent lui parler inversent les rôles : la victime supposée est devenue celle vers qui l’on se tourne.Deuxième partie, la vieillesse de Télumée et les visites du village
  3. Les dernières pages, où elle envisage sa mort sans crainte depuis son jardin, closent le récit sur un bilan assumé et non sur une déploration.Deuxième partie, les dernières pages, la narratrice à son jardin
Ouverture

Faire d’un personnage dominé un sujet agissant est-il la tâche propre du roman ou celle de l’histoire ?

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