Le titre juxtapose deux intempéries et un nom propre augmenté d’un surnom, sans verbe pour les relier. Il installe d’emblée un rapport entre ce qui s’abat et ce qui tient, mais il peut aussi laisser croire à un roman du malheur subi.
Le titre est-il une clé de lecture fidèle au roman, ou une formule qui n’en éclaire qu’une part ?
Le plan en trois parties
Un titre qui annonce la poétique météorologique du récit
- Le roman file d’un bout à l’autre des images d’averses, de vents et de saisons sèches : le titre nomme le système d’images du texte.Le titre et le réseau d’images de pluie, de vent et de saisons
- L’ouverture mesure le pays à la manière de l’habiter, non à sa superficie : le titre place d’emblée le lecteur dans un monde éprouvé par le corps et le climat.Première partie, les pages liminaires sur le pays
- L’incendie qui emporte la fillette relève de la même logique qu’une intempérie : le malheur tombe, sans intention ni coupable.Première partie, l’incendie de la case et la mort de Meranée
Un titre qui risque de réduire le roman au malheur subi
- La mort d’Amboise pendant la grève n’a rien d’une intempérie : elle a des causes sociales, une usine, un conflit, des hommes en marche.Deuxième partie, la marche des grévistes et la mort d’Amboise
- L’effondrement de Télumée est un état intérieur, non un climat : réduire ses épreuves à un mauvais temps reviendrait à effacer ce que le récit en dit.Deuxième partie, l’effondrement de Télumée après la rupture
- Le désabusement qu’Amboise rapporte de la métropole est un savoir politique : il nomme des rapports de force que la métaphore du vent dissimulerait.Deuxième partie, l’arrivée d’Amboise et son récit de la France
Un titre dont le dernier mot corrige les premiers
- Le surnom que le village décerne à la narratrice affirme qu’elle a survécu et qu’elle se tient debout : le titre nomme le résultat, pas seulement l’épreuve.Deuxième partie, le surnom donné par le village
- L’installation à La Folie montre que la tenue est une construction et non un prodige : le mot de miracle doit se lire comme un hommage, non comme une explication.Deuxième partie, l’installation à La Folie
- Les dernières pages, où la narratrice envisage sa mort depuis son jardin, donnent au titre son sens complet : la pluie et le vent sont passés sur elle sans l’emporter.Deuxième partie, les dernières pages, la narratrice à son jardin
Un titre doit-il annoncer le sens d’un livre ou seulement en donner la couleur ?