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1ʳᵉ · Français · Cahier de Douai, Rimbaud

« Quelque chose se détruit pour que quelque chose d’autre se construise », écrit un critique à propos de la poésie de Rimbaud. En quoi cette formule éclaire-t-elle votre lecture du Cahier de Douai ?

Sujet de dissertation · Bac 2025 · Amérique du nord (remplacement) — Cahier de Douai, Rimbaud, 1ère

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Analyse des termes

La formule pose une causalité : la destruction n’est pas un but mais une condition. Il faut donc identifier ce qui est détruit (un ordre social, une idole poétique, un moi hérité) et ce qui se construit à la place (une sensibilité, une figure de poète, une langue).

Problématique

En quoi la démolition des modèles reçus est-elle, dans le Cahier de Douai, le chantier même d’une poésie nouvelle ?

Le plan en trois parties

I

Ce qui se détruit : les idoles sociales, religieuses et poétiques

  1. L’idole de la beauté féminine idéale est démolie par le blason inversé.« Vénus Anadyomène », v. 14
  2. L’idole du Dieu consolateur est renvoyée à sa complaisance.« Le Mal », v. 9 : « Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées »
  3. L’idole du roi et du monarque est mise à nu par la parole ouvrière.« Le Forgeron » : « Nous sommes / Des Ouvriers, Sire ! Des Ouvriers ! »
TransitionUne fois les idoles renversées, la place reste vide ; or Rimbaud ne s’installe pas dans le vide, il y met un corps qui marche.
II

Ce qui se construit : un sujet sensible, mobile, sans domicile

  1. Le moi se définit par la marche plutôt que par l’appartenance.« Ma Bohème », v. 1 et 7-8
  2. La sensation remplace le sentiment romantique : on ne dit plus son âme, on dit sa peau.« Sensation », v. 3 : « j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds »
  3. Le désir devient une manière de connaître, et non une faute.« À la Musique », strophe finale : « je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres »
TransitionCe sujet neuf ne tiendrait pas sans une forme qui le porte, et c’est dans le vers que la démolition et la construction ont lieu en même temps.
III

La destruction et la construction sont simultanées : c’est la forme qui les tient ensemble

  1. Le sonnet est conservé comme moule et fracturé de l’intérieur : le chantier est visible dans le vers.« Le Dormeur du val », le basculement du dernier tercet
  2. Le trivial entre en poésie sans détruire le lyrisme : il le déplace.« Au Cabaret-Vert », v. 1-4
  3. Le recueil lui-même est un chantier : un manuscrit confié, jamais publié par son auteur.« Ma Bohème », v. 12-14, l’image du poète bricoleur de lyres
Ouverture

Si toute création suppose une destruction, comment expliquer que les poèmes les plus tendres du Cahier, comme « Rêvé pour l’hiver », ne détruisent rien ?

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