La guerre franco-prussienne éclate en juillet 1870 et l’Empire s’effondre en septembre : plusieurs poèmes en portent la trace directe. Le sujet demande si la guerre est un thème parmi d’autres ou ce qui donne au recueil sa gravité.
La guerre est-elle dans le Cahier de Douai une circonstance historique, ou l’expérience qui fait passer l’insolence à la révolte ?
Le plan en trois parties
La guerre comme objet de satire
- La victoire officielle est tournée en dérision par la parodie d’imagerie populaire.« L’Éclatante Victoire de Sarrebruck »
- L’Empereur qui l’a déclenchée est réduit à une silhouette usée.« Rages de Césars », v. 1-2
- Le pouvoir se paie aussi de mots : les héritiers autoproclamés de la Révolution servent l’Empire.« Morts de Quatre-vingt-douze… », v. 14 : « — Messieurs de Cassagnac nous reparlent de vous ! »
La guerre comme scandale, qui impose un autre ton
- Le corps du soldat interdit la satire et impose le silence.« Le Dormeur du val », v. 13-14
- La violence est rendue par une image physique qui salit le ciel.« Le Mal », v. 1-2
- La complicité de la religion avec le massacre est nommée sans détour.« Le Mal », v. 9
La guerre est ce qui donne un contenu politique à l’émancipation du poète
- Elle fait passer la révolte du registre familial et scolaire au registre historique.« Morts de Quatre-vingt-douze », v. 1-4
- Elle donne la parole au peuple contre le roi dans le poème le plus long du cahier.« Le Forgeron »
- Elle éclaire par contraste la valeur des poèmes de la fugue et du plaisir.« Sensation », v. 1-4
Rimbaud a seize ans et n’a pas vu le front : sa poésie de guerre est-elle pour autant moins juste que celle des combattants ?