Le rêve est un mot fréquent chez Rimbaud, du « Rêveur » de « Sensation » au titre « Rêvé pour l’hiver ». Le sujet demande si cette activité onirique détourne du monde ou si elle le transforme.
Rêver, dans le Cahier de Douai, est-ce quitter le réel ou le rendre enfin habitable ?
Le plan en trois parties
Le rêve comme échappée
- Le poème se projette au futur, dans une promesse qui n’a pas encore eu lieu.« Sensation », v. 1-4
- La fantaisie invente un espace clos et doux, où un meuble ancien tient lieu de monde.« Le Buffet », v. 12-14
- Le rêve littéraire nourrit l’imagination amoureuse de l’adolescent.« Roman », partie III, le cœur qui voyage à travers les romans
Mais le réel fait toujours irruption et casse le rêve
- La rêverie amoureuse s’achève sur une réplique triviale qui la détruit.« Les Reparties de Nina », dernier vers
- Le rêve d’un sommeil paisible est démenti par le corps même qu’il enveloppe.« Le Dormeur du val », v. 9-11 : « Souriant comme / Sourirait un enfant malade »
- Le rêve mortel d’Ophélie coûte la vie à celle qui l’a suivi.« Ophélie », partie II
Le rêve rimbaldien est en fait une opération sur le réel, et c’est ce qui le rend créateur
- Rêver, c’est réorganiser le monde en images : le vagabond se donne un ciel pour toit.« Ma Bohème », v. 7-8
- Le rêve travaille la matière la plus concrète, jusqu’au soulier percé.« Ma Bohème », v. 12-14
- Il fait parler les objets muets et leur invente une mémoire.« Le Buffet », v. 1-2
Les Illuminations feront du rêve une réalité autonome : le Cahier tient-il encore, lui, le rêve en laisse ?