La postérité a retenu le Rimbaud insurgé, mais plusieurs des poèmes les plus célèbres sont des poèmes de bonheur simple. Le sujet demande lequel des deux régimes domine et comment ils se soutiennent.
La joie du Cahier de Douai est-elle un repos entre deux colères, ou la véritable conquête du recueil ?
Le plan en trois parties
Un recueil de révolte, par son objet le plus visible
- La colère politique s’exprime sans nuance.« Morts de Quatre-vingt-douze », dernier vers
- L’indignation devant la guerre commande les poèmes les plus durs.« Le Mal », v. 1-2
- Le dégoût social s’exprime dans une image physique violente, la tête qui émerge comme d’un cercueil.« Vénus Anadyomène », v. 1-4 : « Comme d’un cercueil vert en fer blanc »
Un recueil de joie, par ses réussites les plus durables
- La joie du corps en marche occupe les poèmes les plus lus.« Sensation », v. 1-4
- Le bonheur d’une halte peut remplir un sonnet entier.« Au Cabaret-Vert », v. 12-14
- La tendresse pour les objets anciens invente un espace protégé, où la parole est douce.« Le Buffet », v. 12-14 : « Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires »
Joie et révolte sont le même mouvement : dire oui à la vie, c’est dire non à ce qui l’empêche
- La satire du bourgeois et le désir des fillettes appartiennent au même poème.« À la Musique », v. 1-4 puis strophe finale
- Le rire insolent est une forme de joie autant qu’une arme.« Roman », refrain
- Le poème de la fugue mêle dénuement, misère et bonheur dans le même vers.« Ma Bohème », v. 12-14
La joie du Cahier de Douai survivra-t-elle à l’expérience de 1871, ou l’énergie de la révolte finira-t-elle par la dévorer ?