Le parcours associe deux mots : émancipation, qui suppose une tutelle dont on se libère, et création, qui suppose une œuvre produite. Le sujet demande si les poèmes de 1870 réalisent vraiment cette conjonction ou seulement l’annoncent.
Le Cahier de Douai est-il l’accomplissement d’une émancipation créatrice, ou seulement le récit d’une révolte encore dépendante de ce qu’elle combat ?
Le plan en trois parties
Des émancipations multiples, et bien réelles
- Émancipation familiale et scolaire, par la fugue racontée dans les poèmes.« Ma Bohème », v. 1
- Émancipation morale et religieuse : le poème profane l’autel plutôt qu’il ne discute la foi.« Le Mal », v. 9-11
- Émancipation politique, par l’adhésion à l’héritage républicain.« Morts de Quatre-vingt-douze », dernier vers
Une émancipation encore dépendante de ses adversaires
- La satire a besoin du bourgeois pour exister.« À la Musique », v. 1-4
- La parodie suppose le modèle qu’elle détourne.« Vénus Anadyomène », v. 1-4
- Le poète reste, formellement, dans le sonnet et l’alexandrin de ses maîtres.« Le Dormeur du val », v. 1
L’adjectif « créatrices » fait la différence : ce qui libère, c’est ce qui est inventé
- Une image neuve vaut mieux qu’un manifeste : le poète s’invente un domicile cosmique.« Ma Bohème », v. 7-8
- Le poème réussit à faire coexister la lyre et le soulier percé, la tradition et la rue.« Ma Bohème », v. 12-14
- La sensation, dite au futur, ouvre un espace que nulle autorité ne peut occuper.« Sensation », v. 1-4
Si l’émancipation n’est complète que dans la création, les poèmes les plus polémiques du Cahier sont-ils les moins émancipés ?