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1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

Le couvent est-il, dans On ne badine pas avec l’amour, le véritable adversaire de Perdican ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

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Analyse des termes

Le couvent n’est pas seulement le lieu d’où revient Camille : c’est une institution qui a formé son jugement, son langage et son rapport au corps. Demander s’il est le véritable adversaire de Perdican, c’est se demander si l’obstacle de la pièce est une doctrine extérieure ou une disposition intime des personnages.

Problématique

Contre quoi Perdican se bat-il réellement : contre une éducation religieuse, ou contre ce qu’il partage avec Camille ?

Le plan en trois parties

I

Le couvent a donné à Camille une doctrine et une langue

  1. Camille congédie l’enfance commune par une formule apprise : sa manière de refuser le passé trahit une pensée du renoncement déjà constituée.« ni assez vieille pour aimer le passé », Camille, I, 3
  2. L’apologue du curé et du verre d’eau est un raisonnement de catéchisme retourné contre la religion elle-même : Camille pense avec les outils qu’on lui a donnés.« s’il soufflait sur un verre d’eau et vous disait que c’est un verre de vin », Camille, II, 5
  3. La lettre à sœur Louise révèle que Camille agit sous la dictée d’une confidente absente : le couvent parle encore par sa bouche à distance.la lettre à sœur Louise, « ce pauvre jeune homme… », III, 2
TransitionParce que le couvent a donné à Camille une langue, Perdican croit qu’il suffira d’en démonter les arguments pour la reconquérir.
II

Perdican combat cette doctrine au nom de la nature

  1. La contre-attaque sur les nonnes vise l’institution qui enseigne à se défier de l’amour : c’est le seul moment où Perdican argumente vraiment.« Sais-tu ce que c’est que des nonnes, malheureuse fille ? », Perdican, II, 5
  2. Il oppose au sacrement un pacte sans prêtre : la main donnée doit suffire, ce qui revient à disqualifier toute médiation religieuse.« Pourquoi nous marier ? voilà ta main et voilà la mienne », Perdican, II, 1
  3. Sa revendication de franchise absolue se veut le contraire exact d’une morale de la réserve : il oppose la spontanéité à la règle.« Je t’aime Camille, voilà tout ce que je sais », III, 6
TransitionCe combat d’idées masque le vrai partage, qui n’oppose pas deux doctrines mais deux orgueils formés par la même éducation.
III

L’adversaire véritable est en deçà du couvent

  1. Perdican désigne lui-même le coupable dans la dernière scène, et ce n’est pas la religion mais l’orgueil, également partagé par les deux cousins.« Orgueil, le plus fatal des conseillers humains », III, 8
  2. Le projet du baron rappelle qu’un autre pouvoir dispose des jeunes gens : le mariage est déjà décidé et chiffré avant toute question de foi.« leur éducation me coûte six mille écus », le baron, I, 2
  3. La larme que Rosette recueille montre que Perdican est divisé bien avant tout affrontement doctrinal : son adversaire est en lui.« voilà une goutte de pluie qui me tombe sur la main », Rosette, II, 3
Ouverture

Le couvent n’est-il pas, dans le théâtre romantique, moins une institution qu’une figure commode de tout ce qui sépare les êtres d’eux-mêmes ?

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