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1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

La pièce fait-elle le procès du savoir et de l’éducation ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

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Analyse des termes

La pièce met en scène deux jeunes gens formés à grands frais, entourés de précepteurs ridicules, et cette formation ne leur sert à rien au moment décisif. Il faut mesurer si Musset condamne le savoir lui-même, ou seulement l’usage social qu’on en fait.

Problématique

Le savoir, dans la pièce, est-il inutile par nature, ou rendu inutile par ceux qui l’enseignent et par ceux qui s’en servent ?

Le plan en trois parties

I

Une éducation dont la pièce fait la caricature

  1. Le baron réduit l’éducation des femmes à des apparences de latin : le savoir y est un ornement destiné à en imposer.« je connais ces êtres charmants et indéfinissables », le baron à Bridaine, I, 2
  2. Le précepteur, occupé de boire et d’espionner, dément par son corps la dignité de sa fonction : le comique de Blazius ruine l’autorité du maître.« un coup de vin, je veux dire un verre d’eau », Blazius, II, 4
  3. Perdican, docteur de fraîche date, congédie lui-même les sciences dès son retour : le diplômé fait l’éloge de l’oubli.« ces arbres et ces prairies enseignent […] l’oubli de ce qu’on sait », Perdican, I, 4
TransitionLe ridicule des maîtres ne serait qu’un ressort comique s’il n’avait produit des élèves incapables d’aimer.
II

Une éducation qui abîme plus qu’elle n’instruit

  1. Le refus du contact chez Camille est le produit direct d’un dressage : l’éducation a formé une répugnance là où il y avait de l’affection.« Je n’aime pas les attouchements », Camille, II, 1
  2. Le conseil cynique de Perdican montre l’autre versant de la même formation : la culture mondaine enseigne le détachement comme une élégance.« — De prendre un amant », la stichomythie, II, 5
  3. Camille reproche à Perdican d’avoir su viser juste : l’esprit cultivé sert d’abord à trouver l’endroit où l’on blesse.« ta flèche empoisonnée », Camille, III, 6
TransitionÀ l’éducation qui déforme, la pièce oppose un apprentissage qui ne s’obtient que par la perte.
III

Un autre apprentissage, par l’expérience et la perte

  1. Le geste de la bague jetée enseigne sans un mot ce qu’aucune leçon n’a transmis : l’image de soi se brouille et ne revient pas identique.la bague jetée dans l’eau, « notre image a disparu », III, 3
  2. La tirade finale de l’acte II oppose au savoir livresque une connaissance acquise par l’épreuve : avoir aimé est le seul titre que Perdican revendique.« Tous les hommes sont menteurs […] ; mais j’ai aimé », fin de l’acte II, sc. 5
  3. L’aveu de la dernière scène est une leçon payée d’un mort : la pièce ne donne le savoir qu’au moment où il ne sert plus.« Insensés que nous sommes ! nous nous aimons », III, 8
Ouverture

Le romantisme n’a-t-il pas toujours opposé au savoir des maîtres une science du cœur qu’on ne paie qu’au prix du malheur ?

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