06 29 33 79 32 Je réserve ici

1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

La pièce condamne-t-elle le libertinage ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

← Les 30 sujets de « On ne badine pas avec l’amour, Musset »
Analyse des termes

Le libertinage suppose la séduction méthodique, le plaisir sans engagement et la disqualification des serments ; Perdican en emprunte les gestes sans en avoir le projet. Le sujet demande si la pièce s’achève sur une leçon morale contre cette conduite ou sur autre chose.

Problématique

Musset fait-il le procès du libertin, ou celui d’un jeune homme qui joue à l’être ?

Le plan en trois parties

I

Des figures de libertins de comédie

  1. Le baron tient sur les femmes un discours de connaisseur qui parodie la science libertine : il en a le ton, non la pratique.« je connais ces êtres charmants et indéfinissables », le baron à Bridaine, I, 2
  2. Les grotesques rabattent tout désir sur l’appétit : leur sensualité comique désamorce d’avance toute élégance libertine.« un coup de vin, je veux dire un verre d’eau », Blazius, II, 4
  3. Le conseil de prendre un amant est la seule maxime proprement libertine de la pièce, et elle est prononcée par dépit.« — De prendre un amant », la stichomythie, II, 5
TransitionLe libertinage n’est d’abord qu’un rôle de comédie, avant que Perdican n’en emprunte les moyens pour se venger.
II

Perdican, libertin malgré lui

  1. Il emploie la technique du séducteur en promettant le mariage à une fille sans défense, mais son objet n’est pas le plaisir.« tu seras ma femme et nous prendrons racine », Perdican à Rosette, III, 3
  2. Camille le juge en termes de stratégie et de blessure, c’est-à-dire dans le vocabulaire même de la guerre amoureuse.« ta flèche empoisonnée », Camille, III, 6
  3. Le refus du corps opposé par Camille explique le détour : privé de toute réponse, Perdican se retourne vers une autre.« Je n’aime pas les attouchements », Camille, II, 1
TransitionLa pièce refuse pourtant la sanction morale attendue, et déplace la condamnation du désir vers l’usage des mots.
III

Une condamnation déplacée : ce n’est pas le désir qui est jugé

  1. La tirade de l’acte II défend l’amour terrestre, avec ses fautes : la pièce ne condamne pas le désir mais sa manipulation.« Tous les hommes sont menteurs […] ; mais j’ai aimé », fin de l’acte II, sc. 5
  2. La profession de foi naturaliste du premier acte n’est jamais démentie : Musset ne fait pas le procès de la nature.« ces arbres et ces prairies enseignent […] l’oubli de ce qu’on sait », Perdican, I, 4
  3. Le dénouement ne punit pas le séducteur mais tue l’innocente : la sanction ne tombe pas là où une morale l’attendrait.« Elle est morte. Adieu, Perdican ! », explicit, III, 8
Ouverture

Musset n’a-t-il pas écrit, contre le libertinage du XVIIIe siècle, une pièce où la séduction n’est même plus un plaisir ?

← Les 30 sujets de « On ne badine pas avec l’amour, Musset »
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de français à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs