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1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

Dans quelle mesure les femmes de la pièce sont-elles condamnées à mentir ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

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Analyse des termes

Camille affirme que les femmes doivent jouer un rôle, ce qui présente le mensonge non comme un vice mais comme une contrainte de condition. Le sujet demande si la pièce confirme cette explication ou si elle en fait une justification commode.

Problématique

Le mensonge des femmes, dans la pièce, est-il une stratégie choisie ou la seule parole que leur situation leur laisse ?

Le plan en trois parties

I

Des femmes d’abord parlées par les autres

  1. Le chœur et les hommes décrivent le monde et distribuent les rôles : les femmes entrent dans une pièce déjà écrite sans elles.le chœur peignant messer Blazius « doucement bercé sur sa mule fringante », I, 1
  2. Rosette n’a d’abord qu’une parole d’obéissance : sa condition lui interdit même le mensonge, qui suppose une marge.« Oui, monseigneur », Rosette à Perdican, I, 4
  3. La galanterie de Perdican installe un rapport où l’on peut prendre sans demander : la femme y est un objet de discours.« l’amour peut voler un baiser », Perdican, I, 2
TransitionPrivée de tout moyen direct, Camille s’empare du seul pouvoir disponible, celui de la feinte.
II

Camille fait du mensonge une méthode

  1. Le billet inventé lui donne un moyen d’agir sans se découvrir : la feinte est sa seule forme d’initiative.« Vous écrivez un billet à un homme ? », dame Pluche, II, 1
  2. Le rendez-vous qu’elle provoque montre qu’elle prend la direction de l’intrigue sans jamais paraître la vouloir.« Trouvez-vous à midi à la petite fontaine », le billet, II, 5
  3. Le crucifix brandi lui sert d’argument et de masque : elle oppose une doctrine pour ne pas avouer un désir.« je veux aimer d’un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas », Camille, II, 5
TransitionCette explication par la condition vacille dès qu’on regarde Rosette, qui ne ment pas, et Perdican, qui ment autant.
III

Un mensonge assumé, puis retourné contre elle

  1. Camille théorise ce que la pièce a montré : jouer un rôle est la condition d’existence sociale des femmes.« il nous faut souvent jouer un rôle, souvent mentir », Camille, III, 6
  2. Rosette dément la généralité : elle, qui n’a jamais menti, meurt du mensonge des autres.Rosette à genoux, « vous ne m’avez fait la cour que… », III, 7
  3. Perdican, de son côté, se ment aussi à lui-même : la pièce refuse donc de faire du mensonge un privilège féminin.« Je voudrais bien savoir si je suis amoureux », monologue, III, 1
Ouverture

La revendication de Camille n’annonce-t-elle pas les héroïnes qui, chez les romanciers du siècle, font du mensonge la seule liberté qu’on leur laisse ?

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