06 29 33 79 32 Je réserve ici

1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

La parole est-elle, dans On ne badine pas avec l’amour, un instrument de pouvoir ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

← Les 30 sujets de « On ne badine pas avec l’amour, Musset »
Analyse des termes

Parler, dans la pièce, c’est toujours occuper une position : nommer les autres, les convoquer, les juger, leur imposer une définition d’eux-mêmes. Le sujet engage donc une lecture sociale et non seulement sentimentale du parcours des jeux du cœur et de la parole.

Problématique

La maîtrise du langage donne-t-elle, dans la pièce, un pouvoir réel sur les autres ?

Le plan en trois parties

I

Parler, c’est classer et disposer des êtres

  1. Le chœur distribue les rôles avant que l’action commence : il désigne, caractérise et livre les personnages au rire du public.le chœur peignant messer Blazius « doucement bercé sur sa mule fringante », I, 1
  2. La réponse de Rosette mesure l’écart des conditions : celui qui appelle dispose, celle qui répond obéit.« Oui, monseigneur », Rosette à Perdican, I, 4
  3. L’exemple du curé et du verre d’eau interroge le pouvoir le mieux établi de tous : celui d’une parole qui prétend transformer les choses.« s’il soufflait sur un verre d’eau et vous disait que c’est un verre de vin », Camille, II, 5
TransitionLe pouvoir de nommer devient un pouvoir de combattre dès que deux virtuoses du langage s’affrontent.
II

Le duel verbal comme lutte pour la domination

  1. La maxime de Camille impose les règles de l’échange avant qu’il ait lieu : fixer les conditions, c’est déjà commander.« L’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre », Camille, I, 2
  2. Le réquisitoire de la monnaie place Perdican en accusé : Camille prend la position du juge et lui assigne un rôle.« Est-ce donc une monnaie que votre amour ? », Camille, II, 5
  3. Revendiquer le mensonge comme un art, c’est revendiquer une supériorité : celui qui sait jouer domine celui qui croit.« il nous faut souvent jouer un rôle, souvent mentir », Camille, III, 6
TransitionCette domination est illusoire, car la parole prononcée passe aussitôt dans des mains qui ne sont plus celles du locuteur.
III

Les paroles qui échappent à tout pouvoir

  1. La lettre, une fois interceptée, retourne le pouvoir contre son auteur : Camille est dépossédée de sa propre stratégie.la lettre à sœur Louise, « ce pauvre jeune homme… », III, 2
  2. Perdican découvre que ce n’était pas lui qui parlait, mais son orgueil : le maître du langage était l’instrument d’une passion.« Orgueil, le plus fatal des conseillers humains », III, 8
  3. La tautologie de Rosette est imprenable : celle qui n’a aucun pouvoir social énonce la seule proposition que personne ne peut retourner.« Des mots sont des mots et des baisers sont des baisers », Rosette, II, 3
Ouverture

Le théâtre ne montre-t-il pas mieux que tout autre genre que le pouvoir des mots appartient toujours à celui qui les écoute ?

← Les 30 sujets de « On ne badine pas avec l’amour, Musset »
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de français à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs