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1ʳᵉ · Français · On ne badine pas avec l’amour, Musset

La cruauté est-elle nécessaire au jeu amoureux dans On ne badine pas avec l’amour ?

Sujet de dissertation — On ne badine pas avec l’amour, Musset, 1ère

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Analyse des termes

Le badinage suppose une part d’agression joueuse : on pique l’autre pour l’obliger à répondre, et c’est ce qui distingue le jeu de la simple déclaration. Le sujet demande si cette cruauté est un moyen accessoire ou la règle même du jeu que la pièce met en scène.

Problématique

Faut-il blesser pour aimer dans la pièce, ou la cruauté y détruit-elle ce qu’elle prétend servir ?

Le plan en trois parties

I

Une cruauté d’abord légère, mondaine

  1. Le baron parle des femmes avec une condescendance souriante : la cruauté commence comme un ton, avant d’être un acte.« je connais ces êtres charmants et indéfinissables », le baron à Bridaine, I, 2
  2. Camille congédie l’enfance de Perdican par un trait d’esprit : la pointe vise à humilier autant qu’à refuser.« ni assez vieille pour aimer le passé », Camille, I, 3
  3. Le conseil de prendre un amant pousse le procédé à son comble : l’élégance du mot dissimule à peine l’intention de faire mal.« — De prendre un amant », la stichomythie, II, 5
TransitionLa pointe mondaine se durcit en méthode dès que chacun veut obtenir de l’autre un aveu qu’il ne donnera pas.
II

La cruauté devient une stratégie

  1. Le refus du contact est une blessure calculée : Camille sait exactement ce que cette phrase retire à son cousin.« Je n’aime pas les attouchements », Camille, II, 1
  2. La scène de la fontaine est une cruauté mise en scène pour un témoin caché : Perdican fait souffrir Camille par personne interposée.la bague jetée dans l’eau, « notre image a disparu », III, 3
  3. Camille nomme la logique du jeu : atteindre l’autre à tout prix, même si le trait traverse un corps innocent.« ta flèche empoisonnée », Camille, III, 6
TransitionLa cruauté finit par trahir ceux qui l’exercent, car on ne s’acharne que sur ce qui compte.
III

La cruauté révèle ce qu’elle voulait cacher

  1. La larme surprise par Rosette prouve que le bourreau souffre : la cruauté est l’envers d’un attachement qu’on n’avoue pas.« voilà une goutte de pluie qui me tombe sur la main », Rosette, II, 3
  2. La tirade finale de l’acte II est le moment où l’agression se retourne en confession : blesser aura été une manière de dire qu’on a aimé.« Tous les hommes sont menteurs […] ; mais j’ai aimé », fin de l’acte II, sc. 5
  3. L’aveu de l’oratoire montre que la cruauté n’était qu’un détour, mais un détour dont on ne revient pas intact.« Insensés que nous sommes ! nous nous aimons », III, 8
Ouverture

Faut-il voir dans cette cruauté une invention de Musset, ou l’héritage assombri du marivaudage, où l’on faisait déjà souffrir pour faire avouer ?

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