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1ʳᵉ · Français · Discours de la servitude volontaire

La Boétie décrit-il une servitude ou une dénaturation de l’homme ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé, en vous appuyant sur le Discours de la servitude volontaire, sur le parcours associé « Défendre » et « entretenir » la liberté et sur vos lectures personnelles.

Sujet de dissertation — Discours de la servitude volontaire, 1ère

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Analyse des termes

La servitude est un état juridique et politique, celui de qui appartient à un maître ; la dénaturation est une altération de l’essence, qui fait perdre à un être ses propriétés. Le sujet demande quel est le vrai objet du Discours, une condition ou une métamorphose.

Problématique

L’homme du Discours est-il un homme asservi qui pourrait redevenir libre, ou un homme transformé, qui aurait perdu jusqu’à la faculté de vouloir l’être ?

Le plan en trois parties

I

Une servitude décrite dans ses faits

  1. Le tableau est celui d’une condition concrète, avec son joug, sa misère et son immensité chiffrée.« voir un million de millions d’hommes servir misérablement, ayant le col sous le joug » (premier mouvement)
  2. Les antithèses décrivent un statut juridique, celui d’êtres possédés, et non une altération de leur être.« non pas obéir, mais servir ; non pas être gouvernés, mais tyrannisés » (premier mouvement)
  3. La peinture du courtisan montre une servitude de cour, avec ses règles, ses risques et ses avantages : un état social.« avoir toujours l'œil au guet, l’oreille aux écoutes », le sort des favoris (troisième mouvement)
TransitionCette description factuelle laisse pourtant intacte l’énigme du consentement, que seule l’hypothèse d’une altération peut éclairer.
II

Une dénaturation, pourtant, que le texte nomme expressément

  1. Le mot de malencontre désigne une altération de l’espèce, non un accident politique : c’est l’homme qui a changé.« quel malencontre a été cela qui a pu tant dénaturer l’homme » (deuxième mouvement)
  2. L’unité voulue par la nature mesure l’ampleur de la chute : les hommes devaient être uns, ils sont devenus étrangers les uns aux autres.« elle ne voulait pas tant nous faire tous unis que tous uns » (deuxième mouvement)
  3. Le cri prêté aux bêtes souligne l’anomalie : l’homme est le seul vivant à avoir perdu ce que tous les autres réclament.les bêtes « crient : Vive liberté ! » (deuxième mouvement)
TransitionMais l'œuvre se garde de trancher, et c’est cette hésitation même qui maintient ouverte la possibilité d’un retour.
III

Une question que l'œuvre laisse ouverte, et c’est sa force

  1. La question liminaire reste une question : La Boétie décrit un fait dont il avoue ne pas tenir l’explication dernière.« comme il se peut faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes » souffrent un seul tyran (premier mouvement)
  2. L’impossibilité de nommer le vice dit exactement cette indécision : le mal n’entre dans aucune catégorie disponible.« quel monstre de vice est ceci qui ne mérite pas encore le titre de couardise » (premier mouvement)
  3. Les vers sur le joug et la cage maintiennent les deux lectures : la plainte prouve à la fois la contrainte subie et la nature intacte.« Même les bœufs sous le poids du joug geignent, / Et les oiseaux dans la cage se plaignent » (deuxième mouvement)
Ouverture

Si la servitude avait vraiment dénaturé l’homme, resterait-il quelqu’un pour écrire et pour lire le Discours de la servitude volontaire ?

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