Connaître la liberté, c’est en avoir fait l’expérience ou en avoir reçu l’idée par l’éducation ; la défendre, c’est refuser ce qui la menace. Le sujet pose la condition d’une défense possible, et engage directement les deux verbes du parcours.
Peut-on défendre un bien dont on n’a ni le souvenir ni le goût, et l’entretien de la liberté n’est-il pas la condition de sa défense ?
Le plan en trois parties
On ne défend pas ce que l’on ne désire plus
- Le paradoxe du texte montre que l’accessibilité même de la liberté l’a rendue indésirable : l’ignorance de ce bien le rend indéfendable.« la seule liberté, les hommes ne la désirent point » (premier mouvement)
- La coutume a effacé jusqu’au souvenir d’un autre état : il n’y a plus de terme de comparaison pour évaluer la perte.« la première raison de la servitude volontaire, c’est la coutume » (deuxième mouvement)
- L’exemple syracusain en donne la preuve extrême : le sujet accoutumé défendrait plutôt sa servitude, qu’il croit un avantage.le sujet « a non pas perdu sa liberté, mais gagné sa servitude » (deuxième mouvement)
La liberté se connaît par l’expérience et par l’exemple
- La réponse spartiate fait du goût de la liberté une connaissance sensible, que seul possède celui qui l’a vécue.Sperthias et Boulis à Indarne : « de la liberté, quel goût elle a, combien elle est douce, tu n’en sais rien » (deuxième mouvement)
- Les guerres médiques offrent au lecteur une expérience par procuration : l’histoire donne à connaître ce qu’il n’a pas vécu.« la victoire de la liberté sur la domination » (premier mouvement)
- À l’inverse, la cour offre la contre-expérience : ceux qui ont tout sauf la liberté en révèlent le prix par leur angoisse.« avoir toujours l'œil au guet, l’oreille aux écoutes », le sort des favoris (troisième mouvement)
Cette connaissance est déjà une défense
- Que le pouvoir surveille les livres prouve que la connaissance est perçue par lui comme une arme, et non comme un luxe.« les livres et la doctrine donnent, plus que toute autre chose, aux hommes le sens […] » (deuxième mouvement)
- Connaître l’unité voulue par la nature, c’est déjà refuser la division sur laquelle repose la domination.« elle ne voulait pas tant nous faire tous unis que tous uns » (deuxième mouvement)
- Savoir que la servitude est une dénaturation, c’est cesser de la tenir pour l’ordre des choses : le diagnostic est déjà un acte.« quel malencontre a été cela qui a pu tant dénaturer l’homme » (deuxième mouvement)
Transmet-on la liberté comme un savoir, ou seulement comme une expérience que chaque génération doit refaire pour son compte ?