Le parcours associe deux termes : un objet moral, le mensonge, et une forme, la comédie. Il faut vérifier qu’il éclaire non seulement le personnage principal mais aussi la peinture de Paris, l’intrigue amoureuse et la langue de la pièce.
Le couple « mensonge et comédie » épuise-t-il Le Menteur, ou laisse-t-il dans l’ombre une part de l'œuvre ?
Le plan en trois parties
Le parcours éclaire l’essentiel : le mensonge est partout
- La pièce se donne une poétique explicite du mensonge, ce qui justifie de l’aborder par là.« Tout le secret ne gît qu’en un peu de grimace », I, 6, v. 333
- Le décor parisien est présenté dès l’exposition comme un milieu propice à la tromperie.« Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés », I, 1, v. 72
- L’intrigue amoureuse elle-même repose sur un mensonge fondateur, le faux mariage.« Je me fais marié pour toute autre que vous », III, 5, v. 1020
Mais la pièce est aussi une comédie de mœurs et d’amour
- Elle peint une mobilité sociale réelle, celle d’un fils de robe qui veut l’épée, indépendamment de tout mensonge.« À la fin j’ai quitté la robe pour l’épée », I, 1, v. 1
- Elle analyse le paraître mondain par la bouche de Clarice, en moraliste plus qu’en comique.« Les visages souvent sont de doux imposteurs », II, 2, v. 408
- Elle pose une question de confiance amoureuse que le seul thème du mensonge ne suffit pas à couvrir.« Quand elle vous croira », V, 5, v. 1664
Mensonge et comédie s’éclairent l’un l’autre
- Le mensonge est nommé par la pièce comme une activité littéraire, ce qui lie les deux termes du parcours.« Vous seriez un grand maître à faire des romans », I, 6, v. 356
- L’hyperbole comique, comme celle des dix langues, est la forme que prend le mensonge quand il devient spectacle.« J’ai dix langues, Cliton, à mon commandement », IV, 3, v. 1200
- Les facultés du menteur sont celles de l’auteur comique : le parcours désigne donc une réflexion du théâtre sur lui-même.« Il y faut promptitude, esprit, mémoire, soins », III, 4, v. 935
Un parcours associé impose un angle : que perdrait-on, et que gagnerait-on, à lire Le Menteur sous l’angle du seul comique de mœurs ?