Annales du brevet · Développement construit · Histoire · Le sujet
Correction développement construit : Les mémoires de la colonisation et de la guerre d'Algérie
Le plan
- Des mémoires multiples
- Près d'un million de pieds-noirs rapatriés en 1962
- Les harkis abandonnés ou parqués dans des camps, comme Rivesaltes
- Plus d'un million d'anciens appelés, souvent silencieux
- Un long silence officiel
- On parle d'« événements » ; amnisties dès 1962
- Tabous : la torture, la répression du 17 octobre 1961
- Des mémoires en conflit jusque sur la date à commémorer
- Le temps de la reconnaissance
- Loi de 1999 : l'expression « guerre d'Algérie » reconnue
- Controverse de la loi de 2005 sur le « rôle positif » de la colonisation
- Reconnaissance du 17 octobre 1961 (2012), loi sur les harkis (2022), rapport Stora (2021)
Le développement construit rédigé
De 1954 à 1962, la guerre d'Algérie oppose la France aux indépendantistes algériens du FLN. Elle s'achève par l'indépendance de l'Algérie, mais laisse en France des blessures profondes. Pourquoi ses mémoires sont-elles si nombreuses et si longtemps en conflit, et comment l'État tente-t-il de les apaiser ? Nous verrons d'abord la diversité de ces mémoires, puis le long silence officiel, enfin le temps de la reconnaissance.
D'abord, chaque groupe garde sa propre mémoire du conflit. Près d'un million de pieds-noirs, rapatriés en 1962, regrettent une terre perdue. Les harkis, ces Algériens qui ont combattu aux côtés de l'armée française, sont en partie abandonnés, et ceux qui gagnent la France sont parqués dans des camps, comme celui de Rivesaltes. Les anciens appelés, plus d'un million de jeunes Français, se taisent souvent.
Ensuite, l'État impose longtemps le silence. Officiellement, on parle d'« événements » et non de guerre, et des mesures d'amnistie, prises dès 1962, empêchent de juger les crimes commis pendant le conflit. La torture pratiquée par l'armée reste un sujet tabou, tout comme la répression de la manifestation d'Algériens à Paris le 17 octobre 1961, qui fait des dizaines de morts. Les mémoires s'opposent même sur la date à commémorer.
Enfin, depuis la fin des années 1990, l'État reconnaît peu à peu cette histoire. En 1999, une loi adopte officiellement l'expression « guerre d'Algérie ». Les débats restent vifs : en 2005, une loi évoquant le « rôle positif » de la colonisation provoque la colère des historiens, et ce passage est supprimé. En 2012, François Hollande reconnaît la répression du 17 octobre 1961, et en 2022 une loi prévoit de réparer le préjudice subi par les harkis.
Ainsi, la guerre d'Algérie a laissé des mémoires éclatées, longtemps étouffées puis concurrentes. Leur apaisement passe par le travail des historiens, comme le montre le rapport remis par Benjamin Stora au président de la République en 2021.
Autres sujets : La société française : immigration et mémoires
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