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Collège · 3ᵉ · Histoire

La société française : immigration et mémoires

Diversité, intégration et enjeux mémoriels en France

À propos de cette page
Ce cours de histoire en troisième sur « La société française : immigration et mémoires » suit le programme officiel de histoire de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Une société transformée : Trente Glorieuses, femmes, jeunesse, La France, terre d'immigration (1880-1945), L'immigration des Trente Glorieuses (1945-1974), Depuis 1974 : fermeture, regroupement familial, débats. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en histoire.
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Une société transformée : Trente Glorieuses, femmes, jeunesse

De 1945 à 1973, les Trente Glorieuses (croissance de 5 % par an, plein emploi, baby-boom) font entrer la France dans la société de consommation : automobile, réfrigérateur, télévision, grandes surfaces, vacances. La population devient urbaine ; les grands ensembles (HLM) remplacent les bidonvilles ; les paysans ne sont plus que 10 % des actifs en 1975.

Les femmes conquièrent des droits. Droit de vote (1944-1945) ; droit de travailler et d'ouvrir un compte sans l'accord du mari (1965) ; contraception autorisée (loi Neuwirth, 1967) ; autorité parentale partagée (1970) ; égalité des salaires (1972) ; légalisation de l'IVG (loi Veil, 1975) ; divorce par consentement mutuel (1975). En 1975, plus de la moitié des femmes de 25 à 55 ans travaillent.

La jeunesse du baby-boom, plus scolarisée (collège pour tous, 1975), invente sa culture (yéyés, rock) et conteste l'autorité : mai 1968 mêle révolte étudiante et plus grande grève de l'histoire de France. La société se libéralise : majorité à 18 ans (1974), abolition de la peine de mort (1981).

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La France, terre d'immigration (1880-1945)

Dès la fin du XIXe siècle, la France, où la natalité est faible, manque de bras : elle est le premier pays d'immigration d'Europe. Belges dans le Nord, Italiens à Marseille et en Lorraine (un tiers des Marseillais vers 1900 !), Espagnols dans le Sud-Ouest. Les tensions existent déjà : à Aigues-Mortes, en 1893, des ouvriers italiens sont massacrés.

Après 1918, pour remplacer les 1,4 million de morts, la France recrute massivement : Polonais dans les mines du Nord, Italiens, puis Espagnols républicains fuyant Franco (la Retirada, 1939). En 1931, la France compte 2,7 millions d'étrangers, 6,6 % de la population, un record. La crise des années 1930 provoque expulsions et xénophobie ; Vichy interne les étrangers et livre les Juifs étrangers aux nazis.

Immigré / étranger. Un immigré est né étranger à l'étranger et vit en France, qu'il ait ou non acquis la nationalité française ; un étranger n'a pas la nationalité française. Un immigré naturalisé est français ; un enfant né en France de parents étrangers peut être étranger sans être immigré.
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L'immigration des Trente Glorieuses (1945-1974)

La reconstruction puis la croissance exigent des travailleurs : l'Office national d'immigration (1945) recrute, mais la plupart des migrants arrivent seuls et sont régularisés ensuite. Les Italiens puis les Espagnols et les Portugais (750 000 en 1975, fuyant la dictature et la misère) forment la majorité ; les Algériens, citoyens français jusqu'en 1962, puis les Marocains et les Tunisiens, viennent travailler dans l'automobile, le bâtiment, les mines.

Hommes seuls pour la plupart, ils occupent les emplois les plus durs et logent dans des foyers ou des bidonvilles (Nanterre, Champigny : jusqu'à 75 000 personnes en région parisienne en 1966), résorbés dans les années 1970 au profit des cités HLM. Le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique d'Algériens à Paris est réprimée dans le sang.

Marseille. Porte de la Méditerranée, la ville accueille les vagues successives : Italiens, Arméniens rescapés du génocide (1920-1930), Espagnols, puis Algériens, Comoriens ; en 1962, 100 000 pieds-noirs rapatriés y débarquent en quelques mois.
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Depuis 1974 : fermeture, regroupement familial, débats

Le choc pétrolier de 1973 et la montée du chômage changent tout : en juillet 1974, le gouvernement Chirac suspend l'immigration de travail. Mais le regroupement familial (1976) permet aux familles de rejoindre les travailleurs : l'immigration se féminise et s'enracine ; on ne repart plus.

Les enfants d'immigrés, nés français, réclament l'égalité : Marche pour l'égalité et contre le racisme (1983, de Marseille à Paris), SOS Racisme (1984). Mais le chômage, la ségrégation des banlieues et les crimes racistes nourrissent les tensions ; le Front national fait de l'immigration son thème central à partir de 1983 ; les lois sur la nationalité et le séjour se durcissent (loi Pasqua, 1993). Depuis les années 2000, l'immigration vient aussi d'Afrique subsaharienne, d'Asie, d'Europe de l'Est ; l'asile (réfugiés) devient un enjeu majeur (2015).

La France aujourd'hui. Environ 7 millions d'immigrés (10 % de la population) ; un Français sur quatre a au moins un grand-parent immigré. Le Musée national de l'histoire de l'immigration (Paris, 2007) reconnaît cette histoire comme partie de l'histoire nationale.
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Intégrer : le modèle républicain et ses défis

Le modèle républicain d'intégration. La République ne reconnaît que des individus, égaux en droits, et non des communautés : l'intégration passe par l'école (laïque, gratuite, obligatoire), le travail, la langue française, le service militaire (jusqu'en 1997) et l'accès à la nationalité (droit du sol : l'enfant né en France de parents étrangers devient français à sa majorité).

Ce modèle a fonctionné pour des millions de familles italiennes, polonaises, espagnoles, portugaises, maghrébines : mariages mixtes, réussite scolaire, présence dans le sport, la culture, la politique (l'équipe de France « black-blanc-beur » de 1998). Mais il est mis à l'épreuve par le chômage de masse, la concentration des immigrés dans des quartiers relégués (émeutes de 2005), les discriminations à l'embauche et au logement, et les débats sur la laïcité (loi de 2004 sur les signes religieux à l'école).

Attention ! L'intégration ne signifie pas l'effacement des origines : on peut être français et garder une culture familiale. Le débat porte sur la place de la religion et des appartenances dans l'espace public, pas sur le droit d'être différent en privé.
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Les mémoires de la Seconde Guerre mondiale

Histoire et mémoire. L'histoire cherche à établir les faits par les sources, avec distance ; la mémoire est le souvenir, vécu et sélectif, qu'un groupe garde du passé. Les mémoires sont plurielles et parfois concurrentes ; l'État choisit ce qu'il commémore.

Après 1945, la France se raconte comme un peuple de résistants (mythe du résistancialisme gaulliste et communiste) ; Vichy est présenté comme une parenthèse. La mémoire des déportés juifs reste marginale. Le tournant vient des années 1970 : film Le Chagrin et la Pitié (1971), travaux des historiens sur Vichy, procès pour crimes contre l'humanité (Barbie 1987, Touvier 1994, Papon 1998). Le 16 juillet 1995, le président Chirac reconnaît que « la France » a commis « l'irréparable » lors de la rafle du Vél d'Hiv : la responsabilité de l'État est admise.

La loi Gayssot (1990) punit le négationnisme (négation de la Shoah) ; le Mémorial de la Shoah ouvre en 2005 ; les témoins (Simone Veil) interviennent dans les écoles ; le 27 janvier devient journée de mémoire. Les mémoires des harkis, des Tsiganes internés, des travailleurs coloniaux sont reconnues plus tardivement.

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Les mémoires de la colonisation et de la guerre d'Algérie

Longtemps, la guerre d'Algérie est une « guerre sans nom » : l'État parle d'« événements » et amnistie les crimes (1962-1968) ; chaque groupe cultive sa mémoire — pieds-noirs nostalgiques, harkis abandonnés, appelés silencieux, immigrés algériens, militants de l'Algérie française. Il faut attendre 1999 pour que le Parlement reconnaisse le mot « guerre », 2012 pour que le président Hollande reconnaisse la répression du 17 octobre 1961, 2018 pour que le président Macron reconnaisse l'usage de la torture (affaire Maurice Audin), 2021 pour une loi de reconnaissance envers les harkis.

Les lois mémorielles. Lois par lesquelles l'État reconnaît officiellement un crime ou un événement : loi Gayssot (1990), loi reconnaissant le génocide arménien (2001), loi Taubira faisant de l'esclavage un crime contre l'humanité (2001, journée du 10 mai), loi de 2005 sur les rapatriés dont l'article vantant le « rôle positif » de la colonisation, contesté par les historiens, est abrogé en 2006.

Ces lois posent une question : l'État doit-il dire l'histoire ? Les historiens défendent la liberté de la recherche ; les associations veulent la reconnaissance des victimes. La mémoire est devenue un enjeu politique et identitaire, dans une France dont l'histoire est aussi celle des colonisés et des immigrés.

En bref
  • Trente Glorieuses : société de consommation, droits des femmes (Neuwirth 1967, Veil 1975), jeunesse et mai 68.
  • La France est une terre d'immigration depuis 1880 : Belges, Italiens, Polonais, Espagnols, Portugais, puis Maghrébins ; record de 1931 (6,6 %), bidonvilles, 17 octobre 1961.
  • 1974 : fin de l'immigration de travail ; regroupement familial, Marche de 1983, débats et durcissement des lois.
  • Le modèle républicain intègre par l'école, le travail, la nationalité ; il est défié par le chômage, les discriminations, la laïcité.
  • Mémoires : du résistancialisme à la reconnaissance de Vichy (Chirac, 1995), loi Gayssot ; guerre d'Algérie reconnue tardivement (1999, 2012, 2018) ; lois mémorielles (2001).
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