L'École est l'institution scolaire ; l'égalité des chances est l'égalité des possibilités d'accès aux diplômes et aux positions, quelle que soit l'origine sociale ou le sexe. « Dans quelle mesure » impose d'évaluer une action réelle mais limitée, en France depuis la massification des années 1960.
L'École parvient-elle à rendre les parcours scolaires indépendants de l'origine sociale et du genre, ou reproduit-elle les inégalités qu'elle prétend corriger ?
Le plan en trois parties
L'École ouvre à tous l'accès aux savoirs et aux diplômes
- Une institution commune, gratuite et obligatoire.Lois Ferry (1881-1882), réforme Berthoin (1959), collège unique (1975), instruction dès 3 ans (2019).
- Une démocratisation quantitative.Environ 20 % de bacheliers dans une génération en 1970, environ 80 % à la fin des années 2010 (DEPP).
- Des filles désormais plus diplômées que les garçons.Environ 56 % des étudiants sont des filles (DEPP-SIES, 2023) ; Baudelot et Establet (1992).
Mais les inégalités d'origine sociale persistent
- Le capital culturel hérité est récompensé.Bourdieu et Passeron (1964, 1970) ; écart PISA 2022 d'environ 113 points en France contre 93 dans l'OCDE.
- Les stratégies des ménages diffèrent à résultats égaux.Boudon (1973) ; van Zanten (2009).
- La démocratisation est ségrégative.Merle (2000) ; environ 50 % d'enfants de cadres en CPGE contre 7 % d'enfants d'ouvriers (MESR, 2022-2023).
L'institution produit une part des inégalités, ce qui fixe ses leviers et ses limites
- Attentes des enseignants et orientation.Effet Pygmalion (Rosenthal et Jacobson, 1968).
- Ségrégation et politiques de compensation.Felouzis (2005) ; ZEP (1981), dédoublement des CP (2017).
- Les limites de l'idéal méritocratique.Inflation scolaire (Duru-Bellat, 2006) ; Dubet, L'École des chances (2004).
L'égalité des chances suffit-elle, ou faut-il aussi réduire l'écart entre les positions sociales elles-mêmes, comme le propose François Dubet ?