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Ces exercices corrigés sur « Patrimoine, mémoires collectives et identités nationales » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité hggsp. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Patrimoine, mémoire, histoire : trois notions distinctes, La construction historique de la notion de patrimoine, Le patrimoine, instrument de l'identité nationale, Mémoires collectives et lieux de mémoire (Pierre Nora). Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité hggsp en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Définir les notions clés
Donnez une définition précise et nuancée de chacune des notions suivantes du thème.
- Patrimoine
- Mémoire collective
- Lieu de mémoire
- Loi mémorielle
Méthode : une bonne définition donne le sens, ajoute l'auteur ou la date de référence, et précise une nuance (caractère construit, conflictuel...).
Patrimoine : ensemble des biens matériels (monuments, sites, œuvres) et immatériels (langues, savoir-faire) hérités du passé qu'une communauté choisit de conserver et de transmettre. C'est une construction sociale et politique : on décide de patrimonialiser (du latin patrimonium).
Mémoire collective : notion forgée par le sociologue Maurice Halbwachs (1925). C'est la reconstruction sélective et affective du passé par un groupe social ; on se souvient toujours au sein d'un cadre social (famille, nation, religion). Elle est plurielle et partiale.
Lieu de mémoire : notion de l'historien Pierre Nora (Les Lieux de mémoire, 1984-1992). Tout objet matériel (monument) ou symbolique (date, emblème, personnage) devenu un élément du patrimoine mémoriel d'une communauté (ex. : le Panthéon, le 14 juillet, la Marseillaise).
Loi mémorielle : loi par laquelle l'État reconnaît officiellement un événement (génocide, crime contre l'humanité) ou en réprime la négation. Exemples : loi Gayssot (1990), loi Taubira (2001). Elles sont contestées (pétition « Liberté pour l'histoire », 2005).
Exercice 2 — Replacer les repères chronologiques
Associez chaque date à l'événement mémoriel ou patrimonial correspondant et expliquez sa portée en une phrase.
- 1794
- 1972
- 1995
- 2001
Méthode : mémorisez les repères du programme et reliez chaque date à un enjeu (protection, reconnaissance, responsabilité).
1794 : l'abbé Grégoire dénonce le « vandalisme » révolutionnaire ; le patrimoine devient un bien de la Nation à protéger. Première formulation d'une politique patrimoniale publique.
1972 : Convention de l'UNESCO sur le patrimoine mondial. Naissance de la notion de patrimoine « de l'humanité », au-delà du cadre national.
1995 : discours du Vél' d'Hiv ; Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l'État français dans la déportation des Juifs, rompant avec le mythe selon lequel Vichy n'était pas la France.
2001 : loi Taubira reconnaissant la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité ; le 10 mai devient journée nationale. Exemple de loi mémorielle de reconnaissance.
Exercice 3 — Identifier les acteurs et leurs apports
Pour chaque auteur ou acteur, indiquez son domaine et l'apport précis pour lequel il est cité au programme.
- Maurice Halbwachs
- Pierre Nora
- Henry Rousso
- Robert Paxton
Méthode : au Bac, citer un auteur avec sa thèse vaut beaucoup ; reliez chaque nom à un concept ou un ouvrage.
Maurice Halbwachs : sociologue, forge la notion de mémoire collective (1925) : la mémoire est un fait social, on se souvient au sein d'un groupe.
Pierre Nora : historien, dirige Les Lieux de mémoire (1984-1992) et oppose mémoire (affective) et histoire (critique). Il analyse l'« ère de la commémoration ». Initiateur de la pétition « Liberté pour l'histoire » (2005).
Henry Rousso : historien, Le Syndrome de Vichy (1987) ; il décrit les phases de la mémoire de Vichy et invente le terme de résistancialisme (mythe d'une France massivement résistante).
Robert Paxton : historien américain, La France de Vichy (1973) ; démontre la collaboration d'État du régime de Vichy, brisant le mythe résistancialiste.
Exercice 4 — Distinguer histoire, mémoire et instrumentalisation
Répondez en quelques lignes argumentées à chacune des questions de réflexion suivantes.
- En quoi le mythe résistancialiste illustre-t-il la différence entre mémoire et histoire ?
- Pourquoi peut-on dire que patrimonialiser un monument est un acte politique ?
- Qu'est-ce qu'un « mémoricide » et en quoi vise-t-il l'identité d'un peuple ?
Méthode : annoncez la notion, illustrez par un exemple précis, concluez sur l'enjeu.
1. Le résistancialisme est une mémoire officielle (de Gaulle, PCF) affirmant une France massivement résistante : elle est affective, sélective et sert l'unité nationale d'après-guerre. L'histoire (Paxton, 1973) établit au contraire la réalité de la collaboration d'État de Vichy. On voit ici que la mémoire valorise le présent du groupe tandis que l'histoire soumet le passé à la critique des sources.
2. Patrimonialiser, c'est choisir ce qui mérite d'être conservé et transmis : ce choix exprime des valeurs et un récit (roman national, panthéonisations). Conserver tel monument plutôt qu'un autre, c'est désigner ce qui fait identité — donc un acte de pouvoir.
3. Le mémoricide est la destruction volontaire du patrimoine d'un groupe pour effacer sa mémoire et son identité (Bâmiyân 2001, Palmyre 2015, pont de Mostar 1993). En détruisant les traces matérielles, on cherche à nier l'existence et la continuité du peuple visé.
Exercice 5 — Analyse de document — l'opposition mémoire / histoire
Lisez ce texte de Pierre Nora, puis répondez aux questions d'analyse.
- Document : Pierre Nora, « Entre Mémoire et Histoire », Les Lieux de mémoire, t. I, 1984 (extrait adapté).
« Mémoire, histoire : loin d'être synonymes, nous prenons conscience que tout les oppose. La mémoire est la vie, toujours portée par des groupes vivants ; elle est en évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir et de l'amnésie, vulnérable à toutes les utilisations et manipulations. L'histoire est la reconstruction toujours problématique et incomplète de ce qui n'est plus. La mémoire est un phénomène toujours actuel, un lien vécu au présent éternel ; l'histoire, une représentation du passé. [...] La mémoire installe le souvenir dans le sacré, l'histoire l'en débusque, elle prosaïse toujours. »
- Présentez le document (auteur, nature, date, contexte) et dégagez son idée principale.
- Relevez et expliquez deux oppositions que Nora établit entre mémoire et histoire.
- En quoi ce texte éclaire-t-il les conflits de mémoire contemporains (guerre d'Algérie, Vichy) ? Apportez vos connaissances.
Méthode (analyse de document) : présenter, expliquer, puis ouvrir avec ses connaissances ; ne jamais paraphraser.
Présentation : texte d'historien, extrait de l'introduction des Lieux de mémoire (Pierre Nora, 1984), ouvrage collectif fondateur. Contexte : « ère de la commémoration » et montée des questions mémorielles dans les années 1980. Idée principale : mémoire et histoire, loin d'être synonymes, s'opposent radicalement.
Deux oppositions : (1) la mémoire est vivante, actuelle, affective (« portée par des groupes vivants », « présent éternel ») tandis que l'histoire est une reconstruction distanciée et critique « de ce qui n'est plus » ; (2) la mémoire sacralise le souvenir alors que l'histoire le « prosaïse » (le démythifie, le soumet à la critique). On peut ajouter que la mémoire est « vulnérable aux manipulations », donc politique.
Ouverture : le texte éclaire les conflits de mémoire actuels. La guerre d'Algérie a longtemps été une mémoire vive et sacralisée par des groupes rivaux (harkis, pieds-noirs, FLN), avant d'être travaillée par l'histoire et reconnue tardivement (« guerre » votée en 1999). De même, la mémoire résistancialiste de Vichy, affective et unificatrice, a été « débusquée » par l'histoire (Paxton, Rousso) puis par la reconnaissance de Chirac (1995). Nora montre ainsi pourquoi l'État et les historiens peuvent s'opposer (pétition « Liberté pour l'histoire », 2005).
Exercice 6 — Lois mémorielles : débat de synthèse
Construisez une réponse argumentée et nuancée à la question posée, en présentant les deux thèses.
- L'État doit-il légiférer sur la mémoire ? Présentez les arguments favorables et les critiques, puis nuancez.
Méthode : thèse / antithèse / nuance, avec exemples datés.
Arguments favorables : les lois mémorielles offrent une reconnaissance symbolique aux victimes et à leurs descendants (loi Taubira 2001 sur l'esclavage), protègent contre le négationnisme (loi Gayssot 1990, qui réprime la contestation des crimes contre l'humanité) et participent à la cohésion nationale en assumant le passé (reconnaissance du Vél' d'Hiv, 1995).
Critiques : l'historien Pierre Nora et les signataires de « Liberté pour l'histoire » (2005) estiment que l'État n'a pas à fixer la vérité historique par la loi : cela menace la liberté de recherche et peut alimenter une « concurrence victimaire ». La polémique sur l'article 4 de la loi de 2005 (« rôle positif » de la colonisation), finalement abrogé, illustre les dérives possibles.
Nuance : on peut distinguer les lois de répression du négationnisme (plus légitimes car elles protègent l'ordre public et la dignité) des lois de qualification historique (plus contestables). L'enjeu est de concilier devoir de mémoire et liberté de l'histoire.