Mentir, c'est affirmer volontairement le contraire de ce que l'on croit vrai, dans l'intention de tromper ; « par devoir » signifie que le mensonge serait non toléré mais prescrit. Le sujet met à l'épreuve l'inconditionnalité de l'interdit moral par le cas d'un mensonge protecteur.
Un interdit moral peut-il souffrir une exception sans cesser d'obliger ?
Le plan en trois parties
Le mensonge est l'exemple même de ce qui ne peut être universalisé
- Une maxime autorisant le mensonge se détruirait elle-même en rendant toute parole vaine.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, II
- Le droit de mentir par humanité n'existe pas : la véracité est un devoir inconditionnel.Kant, Sur un prétendu droit de mentir par humanité
- Mentir, c'est aussi se dégrader soi-même comme être parlant.Kant, Doctrine de la vertu
Mais dire la vérité au meurtrier, est-ce encore agir moralement ?
- Refuser de considérer les conséquences d'une parole, c'est se rendre complice de ses effets.Weber, Le Savant et le Politique
- La souffrance évitée compte dans l'évaluation morale d'un acte de parole.Mill, L'Utilitarisme
- L'appel de celui qui est menacé oblige avant toute règle générale.Levinas, Éthique et infini
Ce n'est pas le mensonge qui devient un devoir, c'est la protection d'autrui qui l'emporte
- Le conflit n'autorise pas le mensonge en général : il hiérarchise deux obligations réelles.Ricœur, Soi-même comme un autre
- La prudence décide dans le cas singulier sans abolir la règle qu'elle aménage.Aristote, Éthique à Nicomaque, VI
- Répondre de l'être vulnérable qui dépend de nous est une obligation première.Simone Weil, L'Enracinement
Si la protection d'autrui prime, jusqu'où peut-on se taire sans déjà tromper ?