La conscience morale est l'instance intérieure qui juge nos actes, et « toujours » interroge son autorité absolue. Le sujet oppose la fidélité à soi, gage de droiture, au risque d'une conviction sincère mais erronée.
La conscience morale est-elle une autorité qui ne se discute pas, ou une instance faillible qu'il faut instruire ?
Le plan en trois parties
La conscience est l'ultime juge de nos actes
- Elle parle en chacun d'une voix que rien d'extérieur ne peut couvrir.Rousseau, Émile, IV
- Se déterminer par soi-même est la condition de toute moralité.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, II
- Renoncer à son propre jugement, c'est se rendre complice de ce qu'on exécute.Arendt, Responsabilité et jugement
Mais la conscience peut se tromper et même se mentir
- Elle porte la trace des interdits intériorisés dans l'enfance.Freud, Le Malaise dans la culture
- La bonne conscience peut n'être qu'une morale de troupeau devenue intérieure.Nietzsche, La Généalogie de la morale
- Nous nous cachons à nous-mêmes nos motifs pour nous croire irréprochables.Sartre, L'Être et le Néant
Obéir à sa conscience, oui, mais à une conscience éclairée
- La conviction doit s'éprouver devant ceux qu'elle engage, non se retrancher dans l'intime.Habermas, De l'éthique de la discussion
- Le jugement sage confronte le principe à la situation avant de conclure.Ricœur, Soi-même comme un autre
- L'agent responsable mesure les effets de ce que sa conviction lui commande.Weber, Le Savant et le Politique
Une conscience éclairée est-elle encore la mienne, ou déjà celle de tous ?