Être responsable, c'est répondre de ses actes, et parfois répondre d'un être confié à sa garde. Le sujet oscille entre l'imputation d'une faute et la charge d'une tutelle.
La responsabilité envers la nature est-elle la conséquence de notre puissance, ou suppose-t-elle une vocation particulière de l'homme ?
Le plan en trois parties
L'homme est responsable parce qu'il est l'auteur des dommages
- L'entreprise moderne de maîtrise a voulu cette transformation : elle en assume donc les effets.Descartes, Discours de la méthode VI
- Le travail humain est un acte prémédité : ce qui est voulu peut être imputé.Marx, Le Capital I
- N'étant rien d'autre que ce qu'il fait, l'homme ne peut se décharger sur une nature qui l'aurait contraint.Sartre, L'existentialisme est un humanisme
Mais cette responsabilité repose sur une hiérarchie contestable
- Se poser en gardien suppose de se croire hors du monde : c'est reconduire l'illusion de l'empire dans un empire.Spinoza, Éthique III, préface
- La continuité entre l'homme et les autres vivants interdit de lui attribuer une position de tuteur.Darwin, La Filiation de l'homme
- Le partage entre le sujet responsable et l'objet à protéger relève d'une ontologie particulière.Descola, Par-delà nature et culture
Une responsabilité fondée sur la vulnérabilité, non sur la supériorité
- C'est la fragilité de ce qui dépend de nous qui crée l'obligation, comme celle du nourrisson pour ses parents.Hans Jonas, Le Principe responsabilité
- Nous répondons d'un monde commun destiné à durer au-delà de nous.Arendt, Condition de l'homme moderne
- Le membre d'une communauté biotique en répond sans pour autant la dominer.Aldo Leopold, Almanach d'un comté des sables
Une responsabilité sans faute ni contrat peut-elle être inscrite dans le droit ?