Être responsable, c'est répondre de ses actes devant autrui ou devant soi ; c'est donc accepter une charge qui suppose la liberté. Le sujet demande si l'on peut dissocier les deux termes, en jouissant de l'une sans supporter l'autre.
La responsabilité est-elle une conséquence contingente de la liberté, ou en est-elle la condition même, au point qu'une liberté sans responsabilité ne serait plus une liberté ?
Le plan en trois parties
On peut imaginer une liberté sans responsabilité
- La liberté comme absence d'obstacle n'implique par elle-même aucune obligation de rendre des comptes.Hobbes, Léviathan, XXI
- Un acte accompli sans discernement est libre de toute entrave mais non imputable.Aristote, Éthique à Nicomaque, III
- Si nos actes sont déterminés, la responsabilité perd son fondement.Nietzsche, Par-delà bien et mal
Mais l'imputation est le seul signe de la liberté
- On ne tient pour responsable que celui qui pouvait agir autrement : la responsabilité révèle la liberté.Kant, Critique de la raison pratique
- Refuser de répondre de ses actes, c'est se traiter comme une chose : c'est la mauvaise foi.Sartre, L'Être et le Néant
- L'homme capable est celui qui peut dire je et s'attribuer son action.Ricœur, Soi-même comme un autre
La responsabilité élargit la liberté au lieu de la restreindre
- Répondre de soi, c'est aussi répondre des autres : ma liberté engage la leur.Beauvoir, Pour une morale de l'ambiguïté
- La liberté politique consiste à porter ensemble les conséquences d'une action commune.Arendt, Condition de l'homme moderne
- Le droit fait de l'imputabilité la condition de la personnalité juridique, donc des libertés reconnues.Locke, Second traité du gouvernement civil
Si nos actions ont des effets lointains et collectifs, la responsabilité individuelle suffit-elle encore à mesurer notre liberté ?