L'État se définit par la contrainte légale et le monopole de la violence légitime, ce qui semble l'opposer à la liberté. Dire qu'il en est la source, c'est soutenir qu'il ne la limite pas seulement mais la produit.
L'État est-il la limite nécessaire de la liberté, ou la condition sans laquelle il n'y aurait ni liberté réelle ni droits garantis ?
Le plan en trois parties
L'État apparaît comme la limitation de la liberté
- Toute loi est une entrave : la liberté du sujet commence là où la loi se tait.Hobbes, Léviathan, XXI
- L'État moderne peut devenir tutélaire et réduire les citoyens à une minorité confortable.Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II
- Aucun pouvoir ne peut contraindre un individu pour son propre bien : la sphère privée doit rester hors d'atteinte.Mill, De la liberté
Mais sans État, la liberté n'est qu'une puissance précaire
- Là où chacun peut tout, personne n'est assuré de rien : l'indépendance naturelle n'est pas la liberté.Hobbes, Léviathan, XIII
- La loi ne supprime pas la liberté, elle la préserve en la rendant prévisible et égale pour tous.Locke, Second traité du gouvernement civil
- La liberté politique consiste à pouvoir faire ce que les lois permettent, dans un État où les pouvoirs se limitent.Montesquieu, De l'esprit des lois, XI
L'État n'est source de liberté que s'il est notre œuvre
- N'est libre que le citoyen qui obéit à la loi qu'il s'est prescrite : l'autonomie politique fonde la légitimité.Rousseau, Du contrat social, I, 8
- La liberté politique naît de l'action commune dans un espace public, non de la seule protection.Arendt, Condition de l'homme moderne
- Un État libère à proportion des capacités réelles qu'il ouvre : instruction, santé, droits effectifs.Sen, Repenser l'inégalité
Si l'État n'est source de liberté que lorsqu'il est notre œuvre, comment une démocratie peut-elle rester libre quand les décisions les plus lourdes échappent à l'échelle nationale ?