Le sujet met en rapport l'être du moi et la représentation que la conscience s'en donne. Il demande si ces deux termes coïncident, ou s'il existe un écart entre ce que je suis et ce que je crois être.
La conscience de soi est-elle le miroir fidèle de mon être, ou une construction qui le déforme autant qu'elle le révèle ?
Le plan en trois parties
Être et se savoir être semblent inséparables pour un sujet
- Le cogito identifie l'existence du sujet et la conscience qu'il en prend.Descartes, Méditations métaphysiques
- Ce qui me constitue comme personne, c'est la conscience qui relie mes états successifs.Locke, Essai sur l'entendement humain
- Rien de ce qui est mien ne peut m'être totalement étranger, puisque le Je accompagne mes représentations.Kant, Critique de la raison pure
Mais je suis aussi ce que je ne sais pas de moi
- Des motions inconscientes orientent mes conduites sans passer par le tribunal de la conscience.Freud, Métapsychologie
- Mon être social me détermine avant que j'en aie conscience : je pense depuis une place que je n'ai pas choisie.Marx, Contribution à la critique de l'économie politique
- Autrui me saisit comme un être dont je ne perçois pas le dehors : je suis aussi ce que son regard fixe en moi.Sartre, L'Être et le Néant
Je ne suis ni transparent ni étranger à moi-même : je suis à interpréter
- Le moi n'est pas une chose à observer mais un passage à décrire : Montaigne se peint en mouvement.Montaigne, Essais
- La conscience est ce par quoi le néant vient au monde : je ne suis jamais ce que je suis, mais ce que je me fais.Sartre, L'Être et le Néant
- Je me comprends en me racontant, et ce récit peut être discuté, corrigé, refait.Ricœur, Soi-même comme un autre
Si je ne suis pas ce que j'ai conscience d'être, à qui revient-il de dire ce que je suis : à moi, à autrui, ou à personne ?