La formule courante selon laquelle le pouvoir corrompt suppose un effet mécanique de la fonction sur la personne. Il faut distinguer la corruption morale de l'individu et la dérive institutionnelle d'un pouvoir sans contrôle.
La corruption est-elle un effet inévitable de l'exercice du pouvoir, ou le symptôme d'institutions défaillantes ?
Le plan en trois parties
L'exercice du pouvoir semble corrompre par nature
- Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser : il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites.Montesquieu, De l'esprit des lois, XI
- Le désir de puissance est un désir sans terme, que le pouvoir nourrit au lieu de l'apaiser.Hobbes, Léviathan, XI
- Gouverner oblige à des actes que la morale réprouve : la fonction déforme celui qui l'occupe.Machiavel, Le Prince
Mais la corruption vient de l'impunité, non du pouvoir lui-même
- C'est l'obéissance sans réserve des sujets qui fait le tyran, non le seul fait de commander.La Boétie, Discours de la servitude volontaire
- Un pouvoir qui doit rendre des comptes publiquement ne peut agir sur des maximes inavouables.Kant, Projet de paix perpétuelle
- Le pouvoir authentique, né de l'agir commun, se perd quand il se sépare de ceux qui le portent.Arendt, Du mensonge à la violence
Contre la corruption, on ne compte pas sur la vertu mais sur les institutions
- Il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir.Montesquieu, De l'esprit des lois, XI
- Un bon ordre politique fonctionnerait même pour un peuple de démons, pourvu qu'ils soient intelligents.Kant, Idée d'une histoire universelle
- Le contrôle constant exercé par les citoyens est le meilleur antidote à la corruption des gouvernants.Alain, Propos sur les pouvoirs
Faut-il davantage se méfier des gouvernants qui abusent du pouvoir ou des citoyens qui les laissent faire ?